HISTOIRE DE LA PHTISIOTHÉRAPIE CHEZ LES GRECS
$ 1. La phtisie pulmonaire à Athènes.
« On croyait Hippocrate créateur de la science médicale; on oubliait un principe fécond de la philosophie de l’histoire ; c'est que rien dans les sciences, pas plus que dans le reste, n’est un fruit spontané qui germe sans préparation et mürisse sans secours! ». La médecine existait en Grèce depuis longtemps, très empirique, c'est vrai; perdue à ses débuts dans la mythologie; puis peu à peu accaparée par les prêtres, les serviteurs des dieux.
N'’étaient-ce pas les dieux qui avaient créé les maladies ? N’étaient-ce pas eux aussi qui possédaient le secret de leur guérison? Des temples?, les aoxenex; ne tardèrent pas à être élevés à Apollon, le dieu du Soleil et de la Médecine, à Asclépios ou Esculape, son fils, élève du centaure Chiron, dit la légende... Ana-
! Littré, Œuvres complètes d'Hippocratle, t. I, p. 232, Paris,
? Voir Daufresne, Epidaure. Les prêtres. Les quérisons (thèse de Paris, 1909); Gauthier, Recherches historiques sur l'exércice de la médecine dans les lemples, 1844.
Ghre
logues à nos sanatoriums, ils étaient situés dans des endroits très salubres : la plupart du temps sur une colline verdoyante, au bord de la mer, à l’ombre de bois sacrés, aux senteurs de pins et d’oliviers, el toujours ils élaient environnés de sources limpides à eau minérale. Les pèlerins se rendaient en grand nombre à Cos, Titane, Cnide et surtout à Epidaure, et ne pénétraient dans le temple qu'après des jours de jeûne, de purifications. « Leur imagination ainsi exaltée par ces pratiques », ils y passaient la nuit, s’y endormaient, voyaient en songe le dieu, accompagné des déesses Hygie et Panacée, qui leur prescrivait tel ou tel remède. Ou encore c'était l’asclépiade qui interprétait le songe. Une scène très amusante du Plutus d’Aristophane nous montre le prêtre, déguisé en dieu, posant des emplâtres sur les plaies des malades, après avoir raflé toutes les offrandes données à Asclépios par les pèlerins. Le jour venu, les malades sortaient du temple, guéris, chantant les louanges du dieu et lui offrant en signe de reconnaissance des ex-voto.
Déjà, à cette époque (1143-380 av. J.-C.), les phtisiques venaient supplier la divinité de leur rendre la santé. Voici l'observation d’un de ces malheureux, trouvée sur une tablette votive découverte dans l’île
du Tibre:
Julien paraissait perdu sans ressources à la suite d'un crachement de sang. Le dieu lui ordonna de prendre sur , E 2 LE A l'autel des graines de pomme de pin, de les mêler avec du miel et de manger pendant trois jours cette préparation. 11 fut sauvé et vint remercier le dieu devant tout le peuple.
! Gruter, De incrementis artis medicæ, Lipsiæ, 1749.