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D’après Suidas!, Esculape ordonna à un philosophe syrien, juif, appelé Domninus, qui crachait le sang, de manger de la chair de porc. « Ce dernier ne cessa pas, nonobstant les lois de sa nation, de manger du porc et il s’en trouva si bien qu’il en mangea depuis, tant qu'il vécut. Il arrivait même que lorsqu'il s’en abstenait un Jour entier, 1l se trouvait plus mal » (Leclerc, Histoire de la médecine). — Elien? rapporte également une ordonnance d'Esculape relative à deux
phüsiques :
Un nommé Chrysermos, crachant le sang et étant phtisique, but du sang de taureau sur l'ordonnance du dieu et fut guéri.
Bathylès, Crétois, fut aussi guéri de la même maladie en mangeant de la chair d'âne, par ordre du dieu.
Enfin, parmi les inscriptions mentionnées sur les deux stèles trouvées par Cawadias® en 1883 dans le temple d'Esculape à Epidaure*, nous remarquons celle-ci, bien endommagée et presque incompréhen-
sible :
Thersandre d’'Haliké, phtisique : Cet homme s’endormit et eut un songe... Il parut bon à la ville d'envoyer consulter l’oracle de Delphes. le dieu rendit l’oracle. l’enceinte sacrée d'Esculape... Elle (?) construisit un temple à Escu-
1 D, Leclerc, Histoire de la médecine, Amsterdam, 1702.
? Elien, De natura animalium, lib. XI, cap. XXXV.
3 S, Reinach, La seconde stèle des guérisons miraculeuses d'Epidaure (Revue archéologique, 1885).
4 Daufresne, Epidaure. Les prêtres. Les quérisons (thèse de Paris, 1409).
+ ÿÉ = lape. Elle (?) accomplit ce qui était ordonné. (Probablement deux observations.)
Mais la médecine, de religieuse qu'elle était, ne tärda pas à devenir laïque. Elle sortit des temples, et at vie siècle avant notre ère, nous la trouvons entre les mains des philosophes ioniens : Anaximandre de Milét, Pythagoré de Samos, Empédocle d'Agrigente... (655-504 av. J.-C.) qui substituèrent le raisonnement à l’émpirisme : on peut les regarder comme les promoteurs de ces doctrines, qui deviendront célèbres avec Hippocrate et Asclépiade de Bithynie, l'humorisme et le solidisme. Mais chez eux peu de pratique et aucune relation de la phtisie.
Cependant des Ecoles de médecine se fondaient à Crotone, à Rhodes, à Cÿrène, à Cnide et à Cos.
Cnide, la rivale de Cos ! dont le chef le plus fameux fut Euryphon, auteur des Sentences cnidiennes et très probablement d’un grand nombre d’ouvrages, dont cerlains sont contenus dans la Collection hippocratique : la Dièlé salubre, les Affections internes, le Deuxième Livre des maladies. I prescrivait le lait aux phtisiques, recommandant aux malades de téter l’ânesse ou la femme. Il faisait aussi usage des cautères, « en couvrait en quelque sorte le corps dé ses malades et ne comptait sur les avantages de ces suppurations qu'autant qu’elles étaient considérables et multiphiées lys
Signalons encore comme traitément véritablément cnidien l'infusion dans le poumon.
1 Bäumès, Traité de la phlisie pulmonaire, Paris, an 111
? Galien, De la meilleure Secte, $ 10, rapporté pat lättré.
Les médecins cnidiens, dit Galien?, s’efforçaient de guérir ceux qui avaient du pus dans le poumon par un procédé semblable à celui qu'emploie la nature. Comme tout ce qui est dans le poumon est expulsé par la toux, ils üraient la langue du patient et infusaient dans la trachée, artère quelque liquide qui provoquait une forte toux, afin que le pus fut évacué par l’imitation du symptôme.
Les hippocratiques emploieront aussi ce moyen de guérison, mais dans un autre but, afin d'agir directement sur le poumon, espérant hâter par là la maturation de l’ulcère. Ils infusaient du vin coupé, saupoudré de plantes, ou un mélange de grenades âcres, de cyclamen, de lait de chèvre... Heureusement que toutes ces substances passaient par l’œsophage, sans quoi le malade eût étouffé. Vous voyez, toutefois, que l'injection intra-trachéale remonte à la plus haute antiquité.
Telle est la thérapeutique des Cnidiens à l'égard de la phtisie. Voyons maintenant celle de l’école rivale, celle de Cos, célèbre par son chef, Hippocrate', « le père de la médecine scientifique », suivant Littré.
Méyuotoy À rai yalemmratoy, ral mhcistous Exreve T0 obivodes.
De toutes les maladies, la plus grande, la plus difficile et celle qui emporta le plus de monde, fut la phtisie (Hipp., Epidémie, liv. II, $ 13).
Hippocrate ! la Collection hippocratique, devrionsnous dire. Car les critiques savantes de Littré, Daremberg et de bien d’autres encore, nous ont montré
{ Littré, Œuvres complètes d'Hippocrate, 10 vol. in-8, Paris, 1839-1801.