TRAITEMENT MÉDICAMENTEUX
S1 la thérapeutique médicamenteuse des Anciens a été très simple dans le but qu’elle poursuivait : déterger et cicatriser l’ulcère, cause de la phtisie, calmer la toux, s'opposer au crachement de sang, elle fut par contre très compliquée dans sa malière, Innombrables sont les variétés de préparations qu’elle nous offre, depuis les formules les plus simples jusqu'aux électuaires les plus extraordinaires, comme la fameuse thériaque « qu'on peut considérer comme une boutique entière d'apothicaire, contenue dans un pot de faïence ! », Certes, 1l serait curieux de voir rassemblées toutes les drogues qui ont été employées dans la phtisie ; on y verrait bien des remèdes étranges: aux plantes pectorales, douces aux poumons, aux plantes astringentes, efficaces contre l'hémoptysie, viendrait s'ajouter la foule de recettes bizarres, assurant la guérison de l’ulcère, depuis les amulettes des Hindous ou les ronds de papier des Chinois, jusqu'aux compositions répugnantes, dont les livres de Pline, de Marcellus Empiricus abondent : les mille-pieds pris en breuvage,
! Dictionnaire des Se, méd,, article Prarmacir,
er un lézard vert cuit dans du vin, la célèbre chair de vipère, ete..…., et bien d’autres produits repoussants, tirés de l’homme ou des animaux. La rose mêlerait son doux parfum à l'odeur infecte d’une « réglisse ammoniacale » ou d’excréments de lièvre... Mais que le lecteur se rassure, nous lui ferons grâce de tous ces remèdes de sorciers, nous contentant de passer en revue les médicaments les plus intéressants, tirés des
règnes végélal, minéral et animal.
S 4. Règne végétal.
Les Balsamiques. Les Anciens firent souvent usage, dans la phtisie, des balsamiques, aux âcres senteurs.
Rappelons la phrase de Pline :
Les forêts composées uniquement d'arbres qu’on exploite pour la poix et la résine, sont très avantageuses pour les poitrinaires.
ou celle de Marcellus Empiricus :
Les phtisiques doivent demeurer là où l'on fabrique la poix.
La pomme de pin, qu Esculape déjà prescrivit à un malade atteint d'hémoptysie, fut très employée par les Grecs et les Arabes : elle faisait la base d'un looch célèbre de Mésuë :
Prenez chair de dattes drach. xxxv, pignons drach. xxx, amandes douces décortiquées, avellanes rôties, gomme adragante, réglisse, amidon, capillaire, racine d'iris âà unc. 1/2, miel, beurre récent, sucre blanc ä4 drach. iv amandes amères drach. n].
Que de fois avons-nous rencontré la férébenthine de Chio, calmant la toux, purgeant les maux de poitrine, suivant Dioscoride : éussti ac {abi conveniunt resinæ terebenthinæ ; per se aut in eclegmate ex melle, vilia pectoris expurgant. Nous ne pouvons passer sous silence le bol d’'Arétée, contenant : miel 15 grammes, térébenthine 8 grammes, galbanum 3o grammes ; mélanger et donner matin et soir gros comme une noiselte; ou l’hypoglotte suivant de Galien : térébenthine, gomme, miel âà drach. j; donner gros comme une ohveet tenir dans la bouche. Mentionnons aussi la poir « puissante aux venins, aux phthisiques, aux crachements de sang caillés et pourris, à la toux, à la difficulté d’haleine, et à lous les humeurs gluans et visqueux de la poitrine, qui malaisément se crachent, en la leschant avec du miel à la mesure d’un gobelet ou au poids de 2 onces ». Elle servait à préparer le fameux vin empoisé, fait de moust et de poix liquide, qu'on préférait au vin à la résine de pin, à la résine de lentisque. L'ambre jaune eut aussi beaucoup de succès, surtout dans le crachement de sang, donné sous forme de trochisques dont voici un exemple tiré de Mésuë :
Prenez ambre ou karabé unc. ], corne de cerf brûlée, gomme arabique, tragacanthe, acacia, hypocistis, balaustes, mastic, corail rouge, iaque, semences de pavot noir àà scrup. viiij, encens, safran, opium àà drach. ij. Malaxez le tout avec du mucilage de plantain et faites-en des trochisques du poids d'une drachme.
Citons enfin, surtout employés à l’époque arabe, le styrax, l’oliban ou encens, la myrrhe, le mastic, excel-