‹ La Phtisiothérapie dans l'Antiquité: Orientaux - Grecs - ArabesChapitre 20 sur 30 · MOUR · texte numérisé non relu

MOUR

lents pour nettoyer les vieux ulcères, l'apobalsamum ou baume de la Mecque, dont on utilisait le bois (æylo-

balsamum) ou le fruit (carpobalsamunm.

Les Plantes pectorales. La malière médicale antique abonde de ces sortes de plantes, qui incisent et détergent les humeurs crasses, lentes et pituiteuses, ouvrent obstruction, facilitent le crachat, comme le lierre terrestre, l’hysope, le capillaire, la violette, la mauve, le pouliot, le tussilage, la réglisse, le fenugrec, l'iris, le marrube, les jujubes, les figues, les dattes, les raisins secs. On les prescrivait soit en décoclions, qui malheureusement se conservaient mal, soit sous forme de robs, juleps, sirops, fort plaisants au malade, ou encore en éclegmes « dont l’usage était le jour et la nuit, loin du repas, en le laissant glisser bellement et ne l’avaler soudainement, afin que la plus grande partie tombe en la poitrine! ». Voici quelques préparations :

Julep de Galien : Prenez jujubes xx, figues douces xv, réglisse drach. j, têtes de pavot drach. v, capillaire, anis, semences d'ache 4À drach. 1j, hysope ou suc de rose drach. iij, semences de fenugrec drach. ij ; y ajouter du sucre et en faire un julep que l'on donnera pendant huit jours.

Sirop de réglisse (Mésuë) : Prenez réglisse en poudre unc. ij, capillaire, hyssope unc.]; faites cuire pendant vingt-quatre heures dans eau de pluie ou de fontaine hb, iv ; clarifiez la colature avec le meilleur miel, le sucre le plus blanc. Ajoutez-y sur la fin eau de rose une. vi et faites-en un sirop.

Les vins, aromatisés aux plantes, furent en grande

! Bauderon, Pharmacopée, Lyon, 1588,

rs FO Ut faveur, tel le vin au pouliot de Columelle appelé gléchonite : faites infuser pouliot sec lib. ii] dans un conge de moût ; quand la liqueur est refroidie, versezla dans une urne de vin doux, après avoir retiré le pouliot.

L'Opium. Très employé dans la phtisie, c'était le suc de pavot noir ou blanc, appelé méconium, qui entrait, paraît-1l, dans la composition du népenthès, cette poudre « qui dissipe les chagrins, apaise la colère et fait oublier tous les maux », et qu'Hélène, femme de Ménélas, versa dans la coupe de Télémaque à Lacédémone. (Homère, Odyssée.)

Uni au miel, 1l formait le diacode, dont l'inventeur est Thémison. Scribonius Sargus nous a laissé un catapote à base d’opium, excellent pour procurer le sommeil :

Prenez myrrhe, encens, opium, mandragore, semence de jusquiame blanche, opoponax, dictame de Crète, marrube, 4à drach. iv. En donner 3 oboles dans 3 cyathes d’eau miellée.

Le pavot entrait dans la composition d’électuaires fameux, le mithridate, la thériaque'. Enfin les Arabes, qui en firent grand usage dans la toux, l’'employaient surtout sous forme de sirop, ainsi composé :

Prenez têtes de pavot blanc et noir âà drach. L, semences de laitue drach. x, capillaire drach. xv, jujubes drach. xxx,

{ 4 grammes de la thériaque d'Andromaque renfermaient 10 centigrammes d'opium brut.

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