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grains de mauve et de coing âà drach. vJ, réglisse v. Faites cuire dans 4 litres d'eau, clarifiez la colature avec pénides! et sucres à unc. vi] ; faites-en un sirop.
Les Plantes astringentes. Nos pères prescrivirent, sans s’en douter, une substance très en vogue aujourd'hui dans la phtisie, le tannin, lorsqu'ils conseillaient les astringents suivants « qui appaisent les fluxions qui cheent de la tête sur la poitrine, conviennent à ceux qui crachent le sang et cicatrisent les ulcères » : la rose, chère aux Arabes, avec laquelle ils obtinrent des guérisons merveilleuses, l'écorce de chêne, la pelure du gland, la noix de galle, le plantain, la ronce, le grenadier, la grande consoude, la bistorte, la nèfle, la pomme, le coing, qui formait la base du mélinon d’Aétius ou emplâtre au coing.
Les Plantes purgatives. D'un emploi fréquent furent les plantes purgatives, propres, suivant les Anciens, à évacuer l'humeur mauvaise qui corrompt le poumon, et dont Rhazès nous donne une préparation célèbre, sous le nom de pilules « cocciæ » : prenez hierapicra? drach. x, turbith, stechas 4à drach. v, colocynthe drach. üj, scammonée drach. ij.
Signalons enfin une plante diurétique, que nous voyons à chaque instant prescrite dans la phtisie, la scille, aux vertus de laquelle les Anciens croyaient beaucoup. « Aux environs de Péluse, on éleva un temple à l'oignon marin et les Grecs Anciens le plan-
! Sucre tors ou sucre d'orge.
Préparation (hiera, sacré ; picra, amer) de Galien à base d’aloës.
taient près du foyer domestique, pour en éloigner les maléfices. » Suivant Pythagore, l’oxymel scillitique « élait propre à reculer le terme de l'existence ».
$ 2. Règne minéral.
L’arsenic a élé connu dès la plus haute antiquité (Chinois), mais n'a été considéré comme médicament qu'à parbr d'Hippocrate, qui le prescrivait en fumigation dans les catarrhes chroniques. Il était employé à l’état de sulfures : le sulfure jaune ou orpiment, le sulfure rouge, ou réalgar, ou sandaraque. Tous deux étaient ordonnés, soit sous forme de bol, soit en fumigalion, soit en cataplasme.
On ordonne la sandaraque, dit Dioscoride, avecque vin miellé à ceux qui crachent pourry. On reçoit son parfum avecque de résine, par un tuyau contre des toux invétérées. Prinse à dose d’électuaire avecque miel, elle éclaircit la voix. Incorporée avecque résine et prinse à mode de pilules, elle est fort bonne à ceux qui ont courte haleine .
Pour Pline, l’orpiment est plus efficace.
Il est fort propre à mundifier le gosier, le prenant avec miel, rendant par ce moyen la voix claire et bien tonnante. Prins en bolus avec tourmentine?, il sert en médecine fort alègre à la toux, età ceux qui ont courte haleine : mesmes on tient que son parfum faict avec de cèdre est bon à ce que dessus...
! Dioscoride, (Œuvres, trad. Matthée, Tyon, 1559. ? Térébenthine.
% Pline, Œuvres, trad. Antoine du Pinet, Paris, 1622,
haie Galien fit également grand usage de l’arsenic, conseillant au malade d’en respirer les fumées : voici une préparation qu'il vantait beaucoup : Prenez styrax, mastiche, poivre, persil à drach. J, san-
daraque drach. vj ; placer sur charbons ardents et aspirer la fumée à l’aide d’un tuyau.
Enfin, parmi les Arabes, certains l’employèrent en pilules avec du miel, d’autres comme Sérapion, le firent entrer dans leurs emplâtres, la plupart l’ordonnèrent en fumigation : Aaron et Avicenne nous ont laissé les
recettes suivantes :
Prenez une partie d’arsenic rouge et broyez-la avec du beurre fondu ; avec cette mixture, vous enduirez des feuilles de cèdre, vous les laisserez sécher et vous en ferez une fumigation avec deux ou trois d’entre elles. Ou encore, employez le mélange suivant : feuilles d’olivier, bouse de vache, graisse de bouc, arsenic, excrément de lièvre, parties égales,
Quant au soufre, « c'est à peine si dans les livres hippocratiques il en est fait mention. Dioscoride, Pline scnt les premiers qui aient spécifié quelques-unes de ses applications thérapeutiques, le conseillant intérieurement et extérieurement dans les maladies de la poitrine. » Aétius, Zopyre, le mettent au nombre des médicaments qui chassent les humeurs du poumon, et le prescrivent en fumigation. Galien envoyait ses phüsiques respirer l’air sulfureux de Tabie, recommandait les préparations de soufre et de myrrhe ; Marcellus Empiricus, les pilules de graisse de porc et de soufre ; Ysaac, l’eau de soufre agua sulfuris, qui fait expectorer. Citons aussi cet électuaire dont il fait la base :
Prenez soufre jaune, semences de jusquiame blanche, Styrax, myrrhe âà drach. vu], rue, costus 4 drach. x, opium, safran àà drach. ij, casse lignée drach. xij, poivre blanc drach. xx.
Il nous faut parler maintenant de certains produits d’origine minérale, que nous avons souvent rencontrés, sans en donner l'explication : ce sont les terres sigillées de Lemnos, de Samos ou bol d'Arménie, qui avaient la propriété d'arrêter le crachement de sang et de cicatriser les ulcères et qui offraient la même composition : silice, alumine, magnésie, chaux, fer et eau. La terre sigillée de Lemnos était ainsi appelée, parce que « les prêtres de Diane, qui la vendaïent, en faisaient de petits gâteaux ou pastilles, sur lesquels ils appliquaient l'empreinte d'une biche, symbole de Diane ».
Signalons enfin, l’asphalle où bilume, qui, uni à l’encens et au styrax, fut souvent prescrit en fumigalion dans la phtisie. Voici l’histoire intéressante de cette substance, telle que nous l'avons trouvée résumée
dans le Janus de 1906":
Appelée mûmjäj ou momie, dans Abou Mansour Mouwafak, « elle se trouvait anciennement dans une caverne près d'Erragjân en Perse. Une seule fois par an, on y recueillait pour le roi cette rare et précieuse matière, Cependant les Arabes découvrirent un autre moyen de se la procurer. Fouillant, à la recherche de trésors, les anciennes sépultures de la vallée du Nil, ils y trouvèrent les cadavres des Egyptiens des époques passées, embaumés au moyen de l'asphalte, et celui-ci, pensèrent-ils, devait avoir
1 Wiedemann, Mumie als Heilmittel, in Janus, p. 278, 1906.