CHAPITRE XIII
La mollesse oppressée ,
Dans sa bouche, à ce mot, sent sa langue glacée. Et, lasse de parler, succombant sans efforts, Soupire, étend les bras, ferme l’œil et s’endort.
(Boileau, le Lutrin.')
Toute la vie est partagée par des intermittences de repos et d’actions. L’exercice fatigue les organes, le repos les délasse, le sommeil répare leurs forces.
Le repos est un des besoins les plus impérieux commandés par la nature, et l’un des plaisirs les plus doux auxquels l’homme puisse s’abandonner. Soit que nous ayons porté les exercices du corps jusqu’à la fatigue, soit que nous ayons poussé les contentions de l’esprit
jusqu’aux plus sublimes ou aux plus agréables conceptions, soit que nous ayons livré nos sens aux charmes du plaisir, le moment du repos devient à son tour l’objet de nos délices.
Avec quel charme les poètes ont chanté les douceurs du repos! avec quel empressement chacun aspire aux jouissances dont il est accompagné! Le laboureur regagne avec joie la chaumière dont le modeste abri le reposera des fatigues du jour. Le savant erre dans les jardins, où la promenade offre à son esprit fatigué les charmes d’une agréable distraction et le calme d’un repos salutaire. Aux orages des passions , aux tourments de l’ambition , aux fatigues des affaires, aux troubles des révolutions, succède le repos, objet des vœux formés par le sage.
Les muscles locomoteurs, fatigués par une longue marche, ou par des efforts pénibles, deviennent inhabiles à de nouveaux travaux si les fibres dont ils sont composés ne peuvent se détendre dans un doux repos, et réparer les pertes que des contractions trop répétées leur ont fait éprouver. L’œil ne peut suivre •les dessins du plus joli tableau, ne peut se