‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 123 sur 182 · CHAPITRE XJIf · texte numérisé non relu

CHAPITRE XJIf

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l’enfance, ne vit qu’imparfaitement; plusieurs de ses facultés s’endorment successivement pour ne plus se réveiller, et sa vie n’est, en quelque sorte, qu’un sommeil continuel.

Les femmes ont, en général, plus de propension au sommeil que les hommes.

On a remarqué que les individus dont la tête est très-grosse dorment long-temps, et se réveillent difficilement. La même remarque a été faite sur ceux dont l’embonpoint est considérable, et qui ont un gros ventre.

L’habitude influe beaucoup sur la durée du sommeil ; certains hommes ne lui donnent que deux à trois heures, et cependant leur santé n’est point altérée par la longueur des veilles. On cite plusieurs exemples d’hommes de lettres, qui ont conquis sur le sommeil une partie considérable de leur vie.

Ordinairement, le besoin de dormir revient chaque jour, à-peu-près à la même heure, et le sommeil dure chaque fois le même espace de temps. Sa durée naturelle est celle du tiers, ou du quart de la journée, c’est-à-dire de six à huit heures.

On peut laisser dormir les enfants quelques

i.[\n. DU REPOS ET DU SOMMEIL.

heures de plus ; s’ils se livrent souvent et pour long-temps au sommeil, c’est qu’à leur âge les organes de la vie nutritive jouissent d’une activité extraordinaire.

Il faut que la longueur de la veille soit, chez un adulte, au moins de seize à dix-sept heures.

Dans les climats chauds, on dort davantage que dans les pays froids.

Certaines circonstances influent beaucoup sur la durée du sommeil : on a vu des hommes extrêmement fatigués dormir sans interruption pendant vingt-quatre, trente-six, et même quarante - huit heures. Félix Plater raconte qu’un homme dormit de suite pendant trois jours et trois nuits, et Salmuth, qu’une jeune fille, qui avait dansé pendant deux jours, dormit quatre jours et quatre nuits. CJn homme d’un tempérament mélancolique dormit pendant huit jours d’un sommeil très-profond, et sa santé ne fut point altérée; Klein atteste ce fait.

Un sommeil tranquille et dont la durée est renfermée dans des bornes modérées, est avantageux dans l’état de santé, et fort utile dans le cours de la plupart des maladies; mais son

CHAPITKE XIII.

excès est dangereux. Le sommeil excessif en santé, particulièrement celui que l’on fait dans le jour, et qui est connu sous le nom de méridienne en France , et de siesta en Espagne où il est en très-grand usage , rend le corps lourd, et l’esprit lent et paresseux; toutes les parties tombent dans une espèce d’inertie.

Ce phénomène a été indiqué par la plupart des physiologistes: celui qui a dormi plusieurs heures au-delà de l’espace de temps qu’il accorde ordinairement au sommeil, le reste du jour éprouve un véritable malaise; son jugement a perdu de sa netteté, ses sens sont émoussés , son état est une véritable somnolence.

Boeerhaave raconte qu’un jeune médecin qui trouvait un merveilleux plaisir à dormir, se retirait dans des lieux silencieux et obscurs, et y dormait d’un sommeil presque continuel. Cette habitude pernicieuse rétrécit bientôt son intelligence , et il tomba dans un état voisin de l’idiotisme.

Un sommeil profond et trop prolongé renouvelle les hémorragies, et favorise les congestions sanguines.

244 DU repos et du sommeil.

On ne peut pas expliquer le besoin du sommeil par la lassitude des organes des mouvements volontaires, des sens et de l’intelligence; car il existe quelquefois à un très-haut degré lorsque ces organes n’ont été que peu de temps en action; cependant il faut avouer qu’il est, en général, d’autant plus impérieux que la veille a été plus longue, et la fatigue du corps plus grande. Des physiologistes assurent que son intensité est en raison de l’irritabilité des individus. La vie, chez l’enfant, a une grande énergie; il est tout en sensation, aussi il dort beaucoup et souvent, tandis que le vieillard, dont les organes des sensations sont affaiblies , dort d’un sommeil court et léger.

Certains animaux ne dorment point d’un sommeil profond, le moindre bruit les réveille: le chat est de ce nombre; son sommeil est ordinairement si léger que quelques naturalistes ont écrit qu’il n’était jamais complet : telle a été pendant quelque temps l’opinion de Buffon , qui fut bientôt désabusé par des observations plus exactes.

En général, les animaux carnivores ont un sommeil qui est facilement interrompu. Des

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