‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 127 sur 182 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ne s’empare de nous que par degrés : nous mettons d’abord dans le relâchement nos agens locomoteurs; l’odorat, le goût et le toucher sont déjà en repos, lorsque la vue, et surtout l’ouïe, nous transmettent encore de faibles impressions; bientôt les organes des sens sont entièrement inactifs, et les sens intérieurs cessent également d’agir.

Dans le somnambulisme, qui est le sommeil uni à la veille, les sens s’éveillent successivement, mais toujours partiellement et d’une manière imparfaite; ils sont, pour ainsi dire, intérieurs : l’imagination et la mémoire retracent des idées, ou créent des objets ou des souvenirs. Semblabe au pilote qui gouverne son vaisseau sur l’inspection d’une carte, l’ame dirige son corps sur l’inspection de la peinture que lui offre l’imagination. Le cerveau, duquel partent toutes les déterminations de notre volonté , est alors instinctivement évei lié ; la mémoire et l’imagination lui retracent des impressions d’où émanent telle ou telle volition, tel ou tel acte, qui ne sont pas toujours en rapport avec les objets environnants, mais bien avec ceux qu’on se représente.

2 5/j 1)ü REPOS ET DU SOMMEIL.

Les causes du somnambulisme sont encore peu connues; toutefois on sait qu’elles sont variables et relatives aux diverses circonstances de la vie; ainsi, le somnambulisme provient quelquefois d’une disposition héréditaire : Willis cite l’exemple d’une famille dont le père et les enfants furent somnambules. Horstius nous a transmis l’histoire de trois frères , tous jeunes, qui furent somnambules à la même époque.

La première enfance est souvent agitée par des rêves, dont l’influence est cependant fort peu sensible pendant les deux premières années; dans la seconde enfance, on aperçoit quelques exemples de somnambulisme. Ils sont plus nombreux dans la jeunesse, moins fréquents dans l’âge adulte, et tellement rares chez les vieillards, que cette période de la vie humaine est réputée étrangère au somnambulisme. On conçoit du reste que, suivant la précocité d’un individu, son caractère et les circonstances déterminantes , l’invasion pourra survenir plus tôt ou plus tard.

Il est d’observation que le somnambulisme est plus fréquent chez les hommes que chez

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