CHAPITRE Xlil
les femmes. Cependant on cite plusieurs jeunes filles qui avaient cette affection , sans compter l’anecdote qui s’est embellie sous la plume ingénieuse des spirituels auteurs du charmant vaudeville de la Somnambule. Quel que soit l’empire accordé à la timidité, à la pudeur, il faut , sans doute , admettre la plus grande surveillance des parens comme une sorte de barrière opposée à la fréquence de cette névrose parmi les jeunes personnes.
Les saisons influent peu sur le somnambulisme; toutefois, le printemps et l’automne seraient peut-être plus favorables à la production de cette maladie.
Si les prédominances organiques contribuent à son développement, on doit placer en première ligne celles désignées ordinairement sous le nom de tempérament nerveux, mélancolique, bilieux ou sanguin. Un local trop resserré, un air trop échauffé, l’abus des liqueurs alcooliques, un excès de fatigue, une nourriture très-succulente, très-stimulante, des aliments trop copieux, surtout le soir, peuvent produire le somnambulisme.
Un jeune militaire, d’un caractère très-gai,.
u56 DU REPOS ET DU SOMMEIL.
s’amuse tout un soir avec ses camarades du simulacre d’un combat, puis soupe copieusement et va se coucher ; après un premier somme, il se lève, encore tout endormi, simule avec ses bras une défense vigoureuse, et franchit une porte sans se réveiller; ses yeux étaient ouverts, mais il ne voyait pas; le lendemain, il ne conservait aucun souvenir de son accès. Une autre fois, encore après avoir beaucoup soupé, il se lève pendant son sommeil, prend la fenêtre pour la porte, et se précipite dans la rue.
Dans les temps d’ignorance , on appelait les somnambules des mal baptisés ; on supposait que l’omission de quelques paroles sacramentelles dans la cérémonie du baptême déterminait leur maladie. A une autre époque on les a désignés sous le nom de lunatiques , et c’est alors qu’ils étaient mal baptisés, car il est peu rationnel de croire que l’influence de la lune puisse occasionner un pareil désordre. De ce que les accès se manifestaient la nuit, on a conclu trop légèrement qu’ils étaient produits ou modifiés par cet astre.
On doit plutôt considérer le somnambu