‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 129 sur 182 · CHAPITRE XIII. 2Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. 2Ô

lisme comme une névrose , un étal morbide du cerveau, une exaltation passagère, et plus ou moins prononcée , de l’activité de cet organe.

Les phénomènes du somnambulisme sont tous apparents et faciles à observer. Il paraît que la mémoire est de toutes les fonctions de l’entendement celle qui est le plus en exercice pendant les accès du somnambulisme ; l’imagination agit beaucoup moins , et cependant elle est quelquefois susceptible d’une série d’idées bien enchaînées ; le jugement est presque nul ; la volonté, dans le somnambulisme, sert à le distinguer des rêves où cette faculté intellectuelle est tout-à- fait impuissante; et c’est cette dernière disposition cpii nous expliqne le malaise qu’on ressent dans beaucoup de rêves.

Les sens jouent un rôle dans le somnambulisme, et leur participation varie suivant les individus. Chez les somnambules , la vue ne s’exerce jamais, ou presque jamais ; c’est le sens qui paraît le plus souvent et le plus complètement endormi : si ces malades voyaient, ils se réveilleraient sans doute aussitôt , ou

plutôt ils ne seraient pas somnambules, car ce sens rectifierait l’erreur de l’imagination , de la mémoire, et des autres sens. Nous n’hésitons pas à croire que ces malades sont privés de la vue, soit que les paupières soient baissées , soit que les yeux soient ouverts. Pour preuve nous citerons 1 exemple suivant :

Un Italien, âgé de trente-huit ans , mélancolique et somnambule, fut un soir examiné dans son lit : il dormait les yeux ouverts, mais fixés et sans mouvement ; les mains froides et le pouls extrêmement lent. A minuit il tire brusquement les rideaux de son lit, s’habille, se rend à l’écurie et monte à cheval. Trouvant la porte de l’écurie fermée, il y frappe à l’aide d’un gros caillou. Bientôt il met pied à terre, vient au billard , et y simule tous les mouvements d’un joueur ; il passe ensuite dans une autre salle , promène ses doigts sur les touches d’un piano, et se jette enfin tout habillé sur son lit. Quand on faisait du bruit, il paraissait en être irrité, et pressait le pas. La lumière d’un flambeau, placée devant ses yeux, lui était insensible. On le réveillait en donnant

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