‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 130 sur 182 · CHAPITRE XIII.. 25g · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII.. 25g

du cor à ses oreilles, ou en lui chatouillant la plante des pieds.

Parmi les somnambules on voit, les uns, guidés par leurs souvenirs , marcher hardiment au milieu de l’obscurité; les autres, dont la mémoire est moins fidèle , n’aller qu’en tâtonnant, et souvent se heurtant contre les objets environnants.

Ceux qui se précipitent par une croisée qu’ils prennent pour la porte, sont trompés par l’imagination plus que par les sens ; car, dans une nuit profonde, la vue ne peut nous conduire.

L’ouïe, le sens le plus étroitement uni au cerveau, est, pendant le somnambulisme, souvent dans une sorte d’inaction; cependant tel somnambule est réveillé par un bruit léger, tandis qu’un autre est insensible au son de la caisse.

Les aberrations du goût sont également notables dans le somnambulisme ; nous en citerons l’exemple suivant :

Un ecclésiastique somnambule se levait la nuit pour écrire ses sermons. Quand il avait composé une page, il la corrigeait sans le se-

cours des yeux. Dans ces mots : ce divin enfant, il substitua adorable à divin ; plus tard, s’apercevant de l’hiatus , il ajouta un t après ce.

Une autre fois, il se figure qu’un enfant se noie, et, pour le sauver, s’agite comme un nageur : après s’être beaucoup fatigué, il prétend qu’il est gelé, demande un verre d’eaude-vie , se fâche parce qu’on lui donne de l’eau, et boit avec plaisir un petit verre de liqueur. 11 se recouche ensuite et continue à dormir.

On pouvait lui enlever ses papiers à son insu, pourvu qu’on en substituât de même dimension ; il ne prenait jamais l’encrier pour le poudrier. 11 mangeait avec plaisir une dragée, quand il en avait fait la demande; dans le cas contraire il la rejetait.

Le toucher ou le tact est le meilleur guide des somnambules , celui des sens dont l’activité est la plus prononcée pendant leurs accès.

L’odorat au contraire paraît souvent trèsengourdi : un somnambule auquel on fit respirer de l’alcali volatil ( ammoniaque ) , se plaignit d’une odeur de soufre que , disait-il , on faisait brûler pour l’empoisonner. Mais ce fait ne tend-il pas à prouver la perception

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