CHAPITRE XV
et de l’Abissinie, où l’on trouva, dans tous les siècles, tant de vieillards macrobies, ou subsistant pendant de si longs jours. La Gaule narbonnaise doit sa réputation de salubrité à l’air serein et vif qui la balaye des exhalaisons humides ; il en est ainsi de plusieurs régions du Nouveau -Monde , tels que les plateaux de Quito au-delà de la chaîne des cordilières et des Andes. Mais si les lieux secs et venteux sont si salutaires , même sous les zones ardentes et l’équateur , dont la chaleur rend la vie plus active et plus précoce, ils le seront avec plus d’avantage encore sous des climats plus froids, puisque la froidure ellemême , contribuant à ralentir nos fonctions organiques, retarde et la puberté et la vieillesse. Ainsi tel arbre qui ne serait pas encore vieilli à l’âge de deux cents ans dans nos climats , parce qu’il se repose ou interrompt sa végétation chaque hiver, est déjà épuisé à cent cinquante ans, sous un ciel plus ardent, qui stimule sa végétation sans relâche.
Aussi les lieux montagneux du nord de l’Europe et de l’Asie, semblent être la patrie de la longévité. On remarque que presque
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tous les Islandais arrivent à une extrême vieillesse, de même que les Finlandais. Les gazettes de i8o3, de i8o5 et 1807, ont cité de nombreux exemples de vieillards , de cent vingt-cinq, de cent trente, de cent trente-cinq, de cent quarante, de cent quarante-cinq , et même de cent cinquante ans dans la Russie.
Les îles Orcades, les Hébrides, la Norvège, présentent beaucoup de ces âges extraordinaires , observés depuis long-temps par les historiens de ces contrées; les Écossais, les Anglais sont plus vivaces que les Français et les Italiens ; il en est de même de la montagneuse Bohême, à l’égard des plaines plus basses ou plus méridionales d’Allemagne. Le Caucase, l’Immaüs, le plateau du Tibet, de la grande Tartarie, nourrissent aussi des peuples durs, exercés aux fatigues et à la sobriété, vivant à l’air froid et conservant longuement leur vigueur par le régime, dont la nature leur impose la nécessité. Joseph Acerbi a vu, en Laponie, une femme de cent vingt ans.
Sur la masse du genre humain , s’il est peu d’individus qui arrivent à cent ans et plus, du moins est-il vrai que quelques-uns y parvien-