‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 163 sur 182 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

obéissent qu’avec une extrême difficulté'; tous ces organes privés de plus en plus de leur chaleur , lui rendent nécessaire et chéri le feu de son foyer. Dans cet état, la vie lui est chère encore ! cependant les organes les plus essentiels à la vie, ceux qui, par leurs fonctions, sont placés au premier rang dans l’économie animale, le cerveau, le cœur, le poumon, perdent chaque jour une partie de leur énergie. Tandis que tous les sens se sont éteints successivement , tandis qu’une matière terreuse a solidifié presque toutes les parties molles, surtout les parois des artères, les poumons éprouvent progressivement plus de difficulté à recevoir et à décomposer l’air, ils cessent enfin tout-à-fait de remplir leurs fonctions, et après une forte et dernière expiration, le vieillard cesse de vivre; alors les lèvres pâlissent, la cornée transparente de l’œil devient terne , les extrémités se refroidissent , et , petit à petit, tout le corps devient froid , cependant avec lenteur, car un cadavre conserve encore de la chaleur six à sept heures après la mort.

Lorsque le corps est entièrement refroidi ,

DE LA MORT

il devient roide ; la peau commence à changer de couleur, et la dégénérescence putride s’empare du cadavre.

Les stoïciens affectaient de mépriser la mort; mais les précautions philosophiques qu’ils re- > commandaient augmentaient encore la crainte qu’elle inspire. Cette crainte est un sentiment naturel à l’homme : aux approches de sa destruction il éprouve un effroi dont le philosophe ne saurait se rendre maître, et que la religion seule sait affaiblir et vaincre. Un guerrier qui brave mille morts dans les combats, tremble dans un hôpital à l’aspect du chirurgien et de la tombe, où le conduit une maladie incurable, il n’est plus soutenu par l’amour de la gloire, et la nature reprend toute sa force. Un philosophe qui, pendant une longue vie, a médité sur la mort et appris à ne la point craindre, lorsqu’il arrive sur le bord du tombeau, ne peut se défendre du sentiment commun à tous les êtres : il voit avec effroi approcher l’heure de mourir, et il demande en vain à la philosophie cette fermeté d’ame qu’elle lui promettait.

Cependant des âmes fortes ont vu sans ter-

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