CHAPITRE XVI
évidemment par l’anéantissement subit de l’influence nerveuse. On ne trouve point en général de déchirement dans l’intérieur du crâne des individus qui ont péri par ce genre de mort.
L’apoplexie foudroyante donne la mort après avoir produit des symptômes très-analogues à ceux de la compression du cerveau : le malade est plongé dans un sommeil profond, on ne peut le réveiller; il ne répond pas aux questions qui lui sont adressées; sa respiration est difficile et stertoreuse; il y a suppression complète des sens, des facultés intellectuelles et de la locomotion; ses paupières sont tantôt fermées, tantôt entrouvertes; la pupille est dilatée, l’œil est immobile, la bouche est contournée, déformée, et la face, quelquefois dans son état naturelle, est ordinairement tuméfiée et colorée d’un rouge livide : souvent avant la mort, les battements du cœur sont très-forts; le pouls est dur, plein, accéléré; à l’ouverture de la tête, on trouve dans le crâne un épanchement séreux ou sanguin.
Les plaies du cerveau sont extrêmement dangereuses, mais ne sont pas toujours mor-
IJE LA MORT.
telles ; plusieurs fois des blessés ont survécu à la perte d’une partie assez considérable du cerveau.
Des causes très-communes de mort sont les maladies organiques du cœur , la dégénérescence de son tissu, sa rupture, la dilatation anévrysmatique de ses parois ou des gros vaisseaux; une plaie, même peu considérable, qui altère ses fibres. Tous les obstacles mécaniques à la circulation du sang peuvent causer la mort du cœur, et consécutivement celle de tous les autres organes. Des affections vives de l’ame peuvent tuer soudainement en supprimant, en éteignant tout-à-coup l’influence nerveuse sur le cœur. Diagoras, Sophocle, Léon X, moururent de joie; un rire excessif fit périr Zeuxis et le philosophe Chrysippe. C’est également en suspendant l’action du cœur qu’un excès violent de colère, et plus souvent encore une terreur subite et forte, peuvent frapper de mort les individus qui les éprouvent.
De toutes les fonctions vitales qui s’exécutent dans l’économie animale, il n’en est pas de plus importantes que la respiration ; de toutes les causes de mort, il n’en est donc pas