CHAPITRE XVI
de plus fréquentes que celles qui ôtent aux poumons la faculté de recevoir l’air atmosphérique. Les phénomènes de la respiration sont distingués en mécaniques et en chimiques : il est des causes qui procurent la mort en arrêtant d’abord l’un de ces deux ordres des phénomènes; mais bientôt le second est à son tour anéanti. D’autres causes les suppriment en même temps.
Lorsqu’un individu vivant a été pendu ou s’est pendu lui-même , la mort s’accompagne des phénomènes suivants : les premiers effets de la compression circulaire autour du cou sont la constriction des voies aériennes, qui ne permettent plus le passage de l’air dans l’organe pulmonaire; celle des veines du cou qui ne peuvent transmettre à la veine cave supérieure le sang dont elles sont gorgées ; enfin , l’interruption de l’influence nerveuse.
Tous les phénomènes dont cette mort est précédée peuvent être rapportés à ces trois effets de la compression ; ce sont : des mouvements convulsifs, l’anéantissement entier du mouvement et du sentiment ; le visage est gonflé , livide ; la bouche est contournée; la
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langue, suivant le lieu où a porté le lien, est enfoncée dans l’arrière bouche, serrée entre les dents, ou très-saillante en dehors; les yeux sont ouverts, saillants et rouges. Des pendus qui ont été rappelés à la vie ont dit, qu’au moment où la constriction s’exerça sur le cou, ils furent frappés de stupeur et d’insensibilité; ainsi , ce genre de mort est vraisemblablement peu douloureux.
Les pendus, dont la moelle épinière n’a pas été déchirée ou comprimée, meurent vraisemblablement par la cessation de l’influence nerveuse, cessation qui produit celle des phénomènes mécaniques et vitaux de la respiration.
La mort par suffocation, reconnaît pour cause un obstacle invincible à l’introduction de l’air atmosphérique dans l’organe pulmonaire : cet obstacle a pu être l’application soutenue, pendant un certain temps, d’un corps étranger sur les orifices extérieurs des voies aériennes, si ces orifices étaient complètement bouchés; l’introduction ou la formation d’un corps étranger dans le larynx ou la trachéeartère , lorsque leur cavité est remplie par ce même corps ; une compression violente et sou-