CHAPITRE XVI. ÔL\'J
l’indication de la position dans laquelle il a été trouvé, de sa couleur, de sa température, de la roideur des muscles , de l’expression de la physionomie, de la disposition des sphincters, de l’état d’amaigrissement ou de bouffissure du corps; celles des contusions, des ecchymoses et de tous les genres de blessures que le cadavre peut présenter , et la description fidèle de ce qu’ont offert de particulier à l’intérieur et à l’extérieur la tête, la poitrine et l’abdomen. Il est des phénomènes qui sont absolument cavadériques; il en est d’autres qui n’ont pu être produits que par une violence extraordinaire faite pendant la vie. Or, comme le rapport de tous ces faits , s’il n’est pas exact, peut faire condamner un innocent ou sauver un coqpable, on conçoit de quelle utilité il doit être que l’examen légal d’un cadavre soit lait avec une attention particulière , lorsqu’une mort accidentelle a terminé les jours de l’individu (i).
(i) Des écrivains clignes de foi rapportent beaucoup d’histoires de personnes qui avaient la faculté de suspendre à volonté tous les mouvements de la vie, qui restaient
DE LA MORT
Aussitôt que la vie a abandonné le corps humain , soit que la mort ait été naturelle ou accidentelle , il rentre sous l’empire des lois physiques, auxquelles obéissent tous les corps non organisés. La chimie apprend que l’altérabilité des corps est en raison directe de la multiplicité de leurs éléments, et que l’existence cadavérique cl’un être organisé se pro-
pendant un certain temps, sans respiration, sans pouls, roides et refroidies , et qui pouvaient ensuite, d’elles-mêmes reprendre l’exercice de leurs sens. Saint-Augustin raconte, dans son livre de civitate Dei , qu’un prêtre appelé Restitute,de la paroisse de Calante, savait à son gré se mettre dans un état si voisin de celui de la mort, qu’il n’était sensible, ni aux piqûres, ni aux brûlures, ni à aucune des plus fortes épreuves qu’on prît faire sur son corps, et qu’il ne présentait aucun signe de respiration, aucun battement de cœur, ni pouls, en un mot, qu’il y avait chez lui suspension complète de la vie. Cette espèce de jonglerie a été commune à une époque où le fanatisme ' de la religion était porté au plus haut degré, et il arriva quelquefois que ceux qui la pratiquaient, finissaient par payer de leur vie les essais trop réitérés on trop prolongés d’un état de mort apparente, qui les faisaient regarder comme des saints par la multitude, de tout temps amie de ce qui paraît tenir du merveilleux.