CHAPITRE IV
puisse distinguer le jour à travers, lorsque les yeux sont fermés; c’est pour cela que le retour de la lumière doit être compté parmi les causes déterminantes du réveil , et que l’on doit laisser dans une obscurité profonde les malades qui ont besoin de dormir.
Les paupières sont bordées de petits poils appelés cils , qui servent à empêcher que les insectes, ou autres corps légers, voltigeant dans l’air , ne s’insinuent entre le globe de l’œil et les parties qui le recouvrent.
L’usage des paupières est de reposer l’œil, en le soustrayant à la lumière, et d’étendre également, sur sa surface, les larmes qui servent à l’entretenir continuellement mouillé.
Les larmes sont produites par une petite glande dite lacrymale , et qui est située dans une fossette à la partie antérieure et externe de la voûte osseuse de l’orbite.
Toutes les causes irritantes qui agissent sur l'œil, soit physiquement comme l’inflammation, le vinaigre, etc., soit moralement, telles que la joie, le chagrin, etc., déterminent une surabondance dans la sécrétion des larmes , qui alors coulent sur les joues, et nous pleurons.
40 DES SENSATIONS
Les larmes sont une liqueur mucoso-séreusej un peu plus pesante que l’eau distillée , inodore, salée, et contenant de la soude, du muriate et du carbonate de soude, et très-peu de phosphates de soude et de chaux.
La chassie , humeur grasse et huileuse, séparée par les glandes de Meïbomius, enduit les bords libres des paupières, prévient la chute des larmes sur la joue , et remplit le même usage que les corps gras dont on frotte les bords d’un vase, rempli au-dessus de son niveau, d’un liquide dont on empêche ainsi l’épanchement.
Arrivées à l’angle interne des paupières, les larmes s’amassent dans le sac lacrymal , petit espace résultant de l’écartement des bords par la caroncule lacrymale ; ce dernier corps, longtemps regardé par les anciens comme l’organe sécréteur des larmes, n’est qu’un amas de cryptes muqueux, de même nature que les glandes de Meïbomius, et sécrétant, comme elles, une humeur suifeuse qui enduit le bord libre des paupières, dans leurs portions voisines de la commissure interne.
Vers l’union interne des bords supérieur