‹ La physiologie des gens du mondeChapitre 36 sur 182 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

que les odeurs; et il est d’autant plus impossible d’en donner une bonne classification, que nous manquons de termes pour exprimer toutes les variétés des impressions sapides. Cependant Boërhaave, Haller et Linnée, ont divisé les caractères généraux des saveurs , de la manière suivante: X acide, le doux , Y amer, Y âcre, le salé, Yalkalin , le vineux, le spiritueux , Yaromatique et Y acerbe.

La langue est l’organe principal du goût; mais elle n’est point le siège exclusif de ce sens; les lèvres et le palais , sont susceptibles aussi d’être excités par quelques saveurs.

C’est aux papilles nerveuses, disséminées sur sa face supérieure , que la langue doit ses facultés gustatives.

Pour qu’un corps affecte l’organe du goût, il doit être soluble à la température ordinaire de la salive. Tout corps insoluble est insipide . Les corps les plus savoureux sont ceux qui se prêtent le plus aisément aux diverses décompositions chimiques.

Lorsque, dans les affections gastriques, la langue se couvre d’un limon muqueux ou blanchâtre, nous n’avons plus qu’une fausse idée l. 5

DES SENSATIONS

des saveurs, parce que cet enduit, qui recouvre la langue , empêche le contact immédiat des particules sapides.

La gustation s’opère, lorsque les aliments, introduits dans la bouche, sont soumis à la mastication, et dissous parla salive: alors leurs molécules agissent sur les papilles nerveuses, et nous recevons l’impression du goût; cette sensation ne se développe donc que par l’application immédiate des corps sapides. L’exercice et l’habitude peuvent la perfectionner.

Le goût constate les qualités des aliments : les jouissances qui sont attachées à son exercice , se concentrent dans l’organe ; l’âme n’en retient que peu ou point du tout le souvenir. De là l’attrait toujours nouveau qu’ont pour nous les aliments: si on les recherche, c’est moins pour le plaisir qu’ils ont donné, que pour celui qu’ils promettent.

De tous nos sens, le goût est celui qui nous flatte le premier , et qui diire le dernier : nous voyons chaque jour, que l’enfance et la vieillesse ont autant de gourmandise; ce que l’on peut attribuer à la disposition de l’organe même qui n’a pas besoin de réflexion pour être exer-

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