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CHAPITRE IV

La surface externe du derme présente une multitude d’aspérités séparées à la paume des mains et à la plante des pieds par des sillons peu profonds et à directions variées. Ces saillies sont regardées comme des papilles nerveuses que l’on a désignées sous le nom de corps pa-

La peau du fœtus n’est, dans les premiers temps, qu’une couche muqueuse et transparente; mais, au dernier mois de la grossesse, les fibres du derme s’y dessinent, et, plus tard, elle prend une couleur rouge foncée, due au grand nombre de vaisseaux capillaires dont elle est parsemée. En contact avec les eaux de l’amnios, elle est garantie de leur action irritante, par l’enduit onctueux dont elle se recouvre , et qu’au moment de la naissance on est obligé d’enlever , en frottant l’enfant avec du beurre, ou un corps gras quelconque.

Le toucher n’est autre chose que le tact perfectionné. Tout organe très-sensible, et qui, par sa conformation, peut embrasser les corps par le plus grand nombre de points possibles, est nécessairement un organe du toucher : telles sont, par exemple, les lèvres, où il est très-

DES SENSATIONS

développé, et le pli des articulations, où il est plus faible en raison du manque d’exercice. Mais, de toutes les parties de notre corps qui peuvent être le siège du toucher, c’est la main qui réunit au plus haut degré les conditions nécessaires à cette fonction: en effet, la peau de cette partie est en général souple et délicate ; des vaisseaux nombreux et des nerfs s’y distribuent: de plus, l’articulation des os, qui oppose le pouce aux autres doigts , en permettant à la main de varier sa forme à volonté, lui donne le moyen de mieux saisir les corps, et d’apprécier avec plus de délicatesse et de précision les différentes nuances qui existent dans leurs qualités tactiles.

Quoique la main paraisse spécialement destinée au toucher, on a vu des individus, privés des bras , exercer leurs pieds et parvenir à s’en servir comme on se sert des mains (i). Si ces faits sont rares, ils n’en prouvent pas moins que les ressources de la nature sont infinies.

Le toucher et la vue s’aident mutuellement dans leurs actions : on touche ce qu’on ne peut

(i) Voyez Mouvements partiels , page i3.

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