CHAPITRE V
était bon ou méchant , malgré sa volonté ; mais un semblable système , qui excuse le crime , n’étant pas démontré par des faits certains, doit être rejeté comme une erreur de l’esprit.
L’homme sera toujours vertueux, tant que par l’éducation, et l’exemple, on lui donnera la crainte de Dieu, et les sentiments de l’honneur.
O11 a donné le nom de caractère au penchant qu’ont les hommes à suivre le plus ordinairement, dans les opérations de leur esprit , certaines directions. Ainsi, quelques hommes sont enclins à la douceur, d’autres à la férocité; quelques-uns se plaisent à pardonner des injures, d’autres sont vindicatifs. Ce sont ces directions qui , imprimant à l’esprit un mode , sinon constant, au moins habituel, constituent le caractère. Il y a donc des caractères doux , emportés , gais , chagrins , etc. Il y a des hommes, au contraire, qui, n’ayant aucune disposition constante, tergiversent sans cesse, et sont, dans leurs pensées comme dans leurs actions , incertains, inconséquents, et toujours prêts à recevoir toutes les directions qu’on leur veut imprimer : ce sont les hommes sans caractère.
72 ÜKS FONCTIONS OU CERVF.AU .
Le bonheur de la vie dépend souvent du caractère. Les plaisirs que l’on peut goûter dans les relations sociales sont sous la meme influence; ainsi le médisant, le satirique, le suffisant, etc., ne sont aimés de personne, et chacun les fuit, parce que leur caractère les rend partout insupportables, ou leur fait des ennemis dans toutes les sociétés où ils se présentent.
La douceur dans le caractère est la première vertu des femmes, et celle qui leur assure le plus constamment une vie heureuse. Auprès d’un mari, c’est par la douceur qu’on se l’attache, et par la douceur qu’on le ramène; avec des enfants, par la douceur on en obtient plus d’obéissance quepar la sévérité et les châtiments.
Un caractère enjoué plaît à tout le monde; un caractère triste produit l’effet contraire; et comme on a remarqué que, chez les peuples d’un caractère habituellement triste, tels que les Anglais, le suicide était plus fréquent que chez les nations d’un climat plus gai ; pour éclairer nos lecteurs sur ce sujet, nous allons terminer ce chapitre par quelques détails sur le suicide et ses causes.