CHAPITRE VIII
sont lires des substances vénéneuses; X émétique, le sublimé corrosif , X opium, si efficaces dans les mains d’un habile médecin , deviennent des poisons violents lorsqu’ils sont donnés à trop forte dose, ou à contre-temps; ils résistent aux forces digestives, ne leur fournissent rien d’altérable, tandis que les médicaments doux cèdent à ces forces, et rentrent dans la classe des aliments. C’est ainsi que les tisanes d’eau de poulet ou de veau, et autres, employées dans les maladies, ne servent qu’à tromper la faim et la soif du malade , pour empêcher qu’il n’introduise dans son estomac des substances dont la digestion laborieuse et l’agitation qui en serait le résultat, troubleraient la marche que doit suivre la nature , pour amener la guérison.
Les aliments tirés des végétaux nourrissent moins bien que ceux tirés du règne animal, parce que, sous le même volume, ils contiennent moins de molécules assimilables à notre propre substance. De toutes les parties des végétaux, la fécule est la plus nutritive; mais elle ">e prête d’autant mieux à l’action des organes digestifs, qu’elle a déjà éprouvé un commen-
DE LA. DIGESTION
cernent de fermentation; c’est pour cette raison que le pain levé est le meilleur de tous les aliments végétaux.
Les chairs des jeunes animaux nourrissent moins bien que celles des animaux faits.
Quelle que soit la nature des aliments que nous prenons, l’action de nos organes en sépare toujours les mêmes principes nutritifs; en effet, que nous nous nourrissions entièrement d’animaux ou de végétaux, la composition intime de nos organes ne change point; c’est ce qui a fait dire à Hippocrate : il existe plusieurs espèces d aliments , mais iln y a qu’un seul aliment.
Quoique l’homme, appelé à vivre sous toutes les latitudes, puisse user de toutes sortes d’aliments, on observe que les habitants des pays chauds préfèrent un régime végétal. Les Brachmanes dans l’Inde, les peuples des Canaries et du Brésil , qui vivent presqu’uniquement d’herbages, de graines et de racines, habitent sous un. climat contre les ardeurs duquel ils sont obligés de se défendre ; or, la digestion des végétaux est accompagnée de moins d’irritation et de chaleur. Les peuples