CHAPITRE VIH
est encore provoquée par les boissons spiritueuses et les aliments de haut goût, lors meme que l’estomac est déjà rempli outre mesure.
Selon l’âge , la faim offre des différences : ainsi, elle est plus pressante dans l’enfance, régulière dans l’âge adulte , et languissante chez les vieillards; selon le sexe : elle est généralement plus forte chez l’homme que chez la femme; selon l’espèce d’animal : elle se renouvelle plus souvent et avec plus d’énergie chez ceux à sang chaud que chez ceux à sang froid ; elle varie encore selon la nature des aliments dont on fait usage ; enfin l’état de maladie influe d’une manière remarquable sur la faim, et la déprave ou l’abolit entièrement.
Chez les sujets faibles et les vieillards, la faim a besoin d’ètre satisfaite souvent par de petits repas. En général , il convient de laisser entre chaque repas un intervalle de trois à quatre heures; ce temps est nécessaire pour que la digestion se fasse , et que l’estomac puisse se reposer.
La soif est d’abord bornée à la bouche , où elle produit un sentiment de chaleur et de sécheresse. Si elle n’est point satisfaite, il en
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résulte bientôt l’inflammation de la gorge , et < du désordre dans toutes les fonctions. La soif est encore plus impérieuse que la faim, et fait souffrir davantage ceux qui sont forcés de l’endurer.
L’usage de l’eau n’est pas le plus sûr moyen d’apaiser la soif; il convient, pour rendre cette boisson plus stimulante des glandes muqueuses et salivaires, d’y mêler quelque spiritueux, ou des acides en petite quantité. Ce moyen est avantageux aux voyageurs qui sont exposés l’été à la chaleur bridante du soleil.
Il n’y a pas encore cinquante ans que beaucoup de médecins, conduits par un faux svstème, traitaient leurs malades en les gorgeant de liquides. Nous avons entre nos mains la lettre qu’une dame écrivait, à cette époque, à son médecin , le docteur Pomme , et dans laquelle elle lui reproche que depuis quatre ans qu’il la traite , elle a pris, d’après l etat exact qu’elle en a tenu, quinze mille pintes de tisane , tant eau de veau que de poulet ; quatorze cent pintes de petit-lait ; douze mille lavements , et plus de trois cents bains , sans que tout cela ait pu la guérir.