CHAPITRE X
DE LA NUTRITION
Tout ce qui vit dans Ja nature Augmente, croît et se nourrit; Mais, par une sage mesure.
Incessamment tout se détruit.
La. nutrition est la fin commune et le complément de toutes les autres fonctions assimilatrices, qui nous ont déjà occupés.
L 'aliment, altéré par une série de décompositions, animalisé et rendu semblable à la substance de l’être qu’il va nourrir, s’applique aux organes dont il doit réparer les pertes, et c’est dans cette identification de la matière nutritive à nos organes, qui s’en emparent et se l’approprient, que consiste la nutrition; par elle s’accomplit une véritable transsub-
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stantiation de l’aliment en notre propre substance.
Le mot nutrition est pris dans deux acceptions différentes : d’abord , employé dans un sens général , il exprime le mode de conservation propre aux corps organisés, et comprend toute la série d’actions par lesquelles ces corps accomplissent les deux mouvements opposés de composition et de décomposition auxquels ils sont sans cesse en proie : ensuite, pris dans un sens plus restreint, il n’exprime que l’action occulte qui se passe dans chaque partie d’un corps vivant, par laquelle cette partie s’approprie et assimile à sa nature une partie du sang qui la pénètre.
Tons les corps de la nature se livrent à des actions au moyen desquelles ils tendent à se conserver ce qu’ils sont. Mais il y a une extrême différence entre la manière dont se conservent les corps inorganiques, et celle dont s’entretiennent les corps vivants.
Les corps inorganiques sont formés par Y attraction, aidée du temps et de l’espace. Ces corps ont une origine fortuite. Leur existence, réduite à l’instinct, n’est sujette à