CHAPITRE X
tence que d’êtres semblables à eux. La vie naît de la vie , et la génération est la fonction qui la donne. Ils se développent par intus-susception : les matériaux de leur accroissement et de leur nutrition, pris au dehors, sont soumis aux lois de la rénovation première de la matière organisée; ce qui établit entre eux un volume déterminé, dans les limites duquel ils sont ordinairement renfermés.
La ligne courbe est le fondement de la forme de toutes leurs parties; et un certain ordre symétrique est observé dans les détails, comme dans l’ensemble de leur organisation. Des fibres parallèles ou entre-croisées , et des parenchymes de diverses sortes , forment leurs organes, qu’un tégument général isole des corps extérieurs.
Ils se composent de solides et de fluides, et ces substances sont dues à la réunion d’éléments chimiques, plus ou moins nombreux.
Les végétaux ne sont qu’ébauchés à leur naissance. Les branches, les feuilles, les parties de la fructification, encore cachées, n’existent que dans les intentions de la nature; mais elles se développent avec le temps , par
DE LA NUTRITION
les effets de la nutrition, qui n’a lieu, pour les végétaux, qu’au moyen de l'air ambiant et de l’humidité de la terre.
La nutrition des animaux est plus compliquée, en raison de la vie qui leur est propre : ainsi l’hommeest provoqué, à diverses époques de la journée, à recourir à l’alimentation, et ne pouvant la trouver dans l’air qu’il respire, il est obligé de saisir les substances nutritives qui lui sont convenables, et de les introduire dans une série d’organes intérieurs qui constituent X appareil digestif. Là, ces matériaux nutritifs, connus sous le nom àX aliments , sont élaborés et changés en une pâte chymeuse , de laquelle résulte un fluide appelé chyle , qui se joint à la lymphe, et se réunit bientôt au sang veineux. Ce dernier, après avoir traversé les poumons, où il se convertit en sang artériel , est projeté dans toutes les parties du corps. Le sang artériel ainsi dispersé dans le parenchyme de tous les organes, celui-ci réagit sur lui-mème de manière à se l’approprier , à le convertir en sa propre substance ; c’est cette action spéciale à laquelle se livre chaque parenchyme pour changer le sang en son propre