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CHAPITRE VIL

LASSIMILATION.

L'ensemble des phénomènes que présente un organisme — depuis le moment où il naît d'une bipartition jusqu'au moment où il se divise lui-même, s'il s'agit d'un être monoplastidaire — depuis le moment de la fécondation de l'œuf jusqu'à celui de la mort, s'il s'agit d'un être complexe — constitue le métaboUsme. On peut distinguer deux phases principales dans le métabolisme; au cours de la première, l'organisme s'accroît et se développe, parce que l'assimilation l'emporte sur la désassimilation : c'est Y anaholisme ; au cours de la seconde, au contraire, Torganisme décroît, ses fonctions se ralentissent, parce que la désassimiîation l'emporte sur l'assimilation, et il meurt : c'est le catabolisme. Mais entre ces deux phases existe un état intermédiaire, dans lequel l'assimilation et la désassimiîation se font équilibre et qui est généralement caractérisé par l'exercice d'une fonction des plus importantes : la reproduction ; c'est rétat adulte, placé entre la jeunesse, durant laquelle prédominent les phénomènes anaboliques, et la vieillesse, durant laquelle prédominent inversement les phénomènes cataboliques.

En réalité, dans la vie des organismes, les phénomènes anaboliques et cataboliques se superposent et se succèdent constamment, et la période d'équilibre parfait n'est jamais rigoureusement atteinte, de telle sorte que l'état adulte, que signalent non seulement la maturité des produits sexuels, mais aussi rîmmutabilité des rapports réciproques des éléments ana-

lomiques, peut être représenté par une série d'oscillations, d'amplitude variable, les oscillations qui expriment la désassimilation étant plus faibles pendant la phase anabolique que celles qui expriment l'assimilation, tandis que le contraire a lieu au cours de la phase catabolique.

Les phénomènes physiologiques essentiels de ces trois phases de la vie des organismes sont : pour la phase anabolique, l'assimilation et la croissance; pour l'état adulte, la reproduction, conséquence immédiate d'une assimilation prédominante qui tend à faire dépasser à l'organisme la forme d'équilibre compatible avec les conditions dans lesquelles il vit ; et enfin, pour la phase catabolique. la désassimilation,la vieillesse et la mort. Mais il faut remarquer que l'assimilation proprement dite, la synthèse assimilatrice qui s'accomplit dans l'intimité des tissus, est précédée de phénomènes dont il importe de saisir la signification physiologique; ces phénomènes peuvent se résumer en ceci : constitution, par l'élaboration de matériaux empruntés à Textérieur, d'un milieu intérieur qui baigne toutes les cellules, leur apporte les substances Q dont elles ont besoin et emporte les substances R qui résultent de leur fonctionnement. A ces phénomènes sont liés, d'une part, l'établissement des ratio7is alimentaires qui expriment la nature et la quantité des substances Q nécessaires puisées dans le monde ambiant, et, d'autre part, la constitution des réserves nutritives.

1° Rations alimentaires.

La quantité et la nature des matériaux empruntés au milieu nutritif (substances Q) varient naturellement avec l'intensité du fonctionnement, c'est-à-dire de la synthèse assimilatrice; elles changent donc non seulement avec les espèces et les individus, mais aussi avec les périodes que cet individu traverse successivement. On appelle ration alimentaire la quantité de matériaux nécessaire au fonctionnement pour une période et dans un temps donnés. La ration alimentaire normale, dite aussi d'entretien, vise simplement à remplacer les pertes, sans

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chercher à augmenter l'activité et le poids du corps; en d'autres termes à déterminer, à la condition n*> 1 , une synthèse qui compense sensiblement les destructions résultant de la condition n° 2. Les rations de travail, d'engraissement, etc., visent, au contraire, à la production d'un certain travail ou à la constitution de réserves nutritives. Les rations de diète, enfui, ne couvrent pas les pertes et aboutissent en conséquence à l'inanisation et à la misère physiologique.

On n'a guère recherché la valeur des rations alimentaires que pour l'homme et les mammifères domestiques, puis approximativement pour certains animaux sauvages, rares et curieux, des ménageries et des jardins zoologiques. Mais les rations de ces derniers s'éloignent assez souvent de ce qu'elles sont dans la nature, tant au point de vue de la qualité qu'à celui de la quantité. Quant aux animaux inférieurs, nous dirons plus loin ce qu'on en sait, qui est fort peu de chose. Les rations ahmentaires végétales ne sont pas beaucoup mieux connues. On peut cependant déduire à cet égard des indications assez précises de ce que nous avons dit précédemment, à propos du milieu nutritif minéral.

De même, en effet, que dans la ration alimentaire de l'homme, par exemple, on peut négliger l'oxygène et l'eau, parce que ces substances se rencontrent partout en quantités généralement suffisantes, ainsi dans la ration végétale on peut faire abstraction des matériaux que la plante trouve dans tous les sols, matériaux dont nous avons fait déjà l'énumération. Par conséquent, on limite sa ration ahmentaire, au point de vue pratique, aux seuls matériaux qu'elle ne rencontre pas toujours en proportions suffisantes dans le milieu nutritif. Assurément, il serait beaucoup plus intéressant, au point de vue de la physiologie générale, de connaître exactement les quantités d'azote, de carbone, de phosphore, de potasse, etc.^ que réclame une plante dans un temps donné. Malheureusement, des recherches à cet égard n'ont pas été faites d'une manière assez rigoureuse pour que l'on puisse en tirer des conclusions précises,

L'aliment fondamental des plantes de culture est le fumier de ferme. Voici, d'après E. Roux, la composition centésimale élémentaire de ce fumier :

Eau 80,00

Carbone \

Hydrogène > 13,29

Oxygène. )

Silice 4,42

Chlore 0,04

Soufre 0,13

Fer 0,40

Soude Traces.

Magnésie 0,24

Manganèse Traces.

Azote 0,41

Acide pliosphorique 0/18

Potasse 0,49

Chaux 0,56

Il faut noter que les quatre premiers éléments viennent de Tair et de la pluie et ne manquent pas aux végétaux, et que tous les autres, à l'exception de l'azote, de l'acide phosphorique, de la potasse et de la chaux, se rencontrent en abondance dans tous les terrains. L'azote, l'acide phosphorique, la potasse, au contraire, qui sont indispensables au développement des plantes, ne se trouvent qu'en proportions minimes dans le sol, auquel il faut par coi^séquent nécessairement les rendre, si Ton ne veut pas que la terre devienne improductive. C'est pourquoi Grandeau demande qu'on donne, à 1 hectare de culture de céréales, 60 000 kilogrammes de fumier de ferme, ce qui représente :

Azote 246 kilogrammes.

Acide phosphorique ^ 08 —

Potasse 294 —

Chaux 336 —

Soit, en tout, 984 kilogrammes ; il y a donc environ 59 000 kilogrammes de fumier qui n'ont d'autre utilité immédiate que d'alléger le sol, le rendre plus poreux et perméable — ce qui a son avantage — mais qui ne servent pas directement à la nu-

trition de la plante. C'est là ce qui a fait substituer les engrais chimiques au fumier de ferme, engrais chimiques dont la composition déterminée par l'expérience va nous fixer, au moins approximativement, sur les rations alimentaires des végétaux cultivés.

Le point de départ de rétablissement des formules d'engrais est toujours la quantité de matériaux fixés par la plante et perdus par le sol. Ainsi une bonne récolte d'avoine, de oO hectolitres à l'hectare, contient d'après E. Roux ^ :

Azote 71 kilogrammes.

Acide phosphorique 90 —

Potasse 30 —

Remarquons que, dans cette récolte, le grain seul est exporté, la paille restant sur le domaine. La restitution devra donc porter seulement sur les matériaux contenus dans la graine ; -on a alors :

Azote 41 kilogrammes.

Acide phosphorique 17 —

Potasse 12 —

Grandeau, se basant sur la fumure parfaite que donnent 60000 kilogrammes de fumier à l'hectare, et tenant compte de l'abondance fréquente de la potasse, propose de les remplacer par :

Nitrate de soude 200 kilogrammes.

Phosphate minéral 800 —

C'est sur ces données très générales que sont établies les diverses formules d'engrais qui suivent, et qui représentent les rations alimentaires annuelles et par hectare de diverses cultures.

Pour les céréales, G. Ville indique l'engrais suivant :

Superphosphate de chaux.... 400 kilogrammes.

Chlorure de potassium 200 —

Sulfate d'ammoniaque 390 —

Sulfate de chaux 210 --

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