Traité de zootechnie, 1891, p
De ces chiffres, et de ceux fournis par Voit, Falk, Schmidt, Weiske, Luciani, il résuite que la dénutrition en sels minéraux est, par kilogramme de poids vivant et par vingt-quatre heures, pour un adulte :
Soude OS, 003
Potasse 0 ,015
Acide phosphorique 0 ,060
Chaux ... 0 ,003
Chlore 0,023
Pour un homme de 60 kilogrammes, la consommation minimum quotidienne serait donc :
Soude 0?,30
Potasse 0 ,90
Acide phosphorique 3 ,60
Chaux 0 ,30
Chlore 1 ,30
Chiffres très inférieurs à ceux de la consommation réelle que nous avons donnés ci-dessus. Il y a donc, pour les aliments minéraux, comme pour les ahments organiques, et pour les animaux comme pour l'homme, une véritable alimentation de luxe.
Richet résume de la façon suivante les besoins de l'organisme en sels minéraux, par kilogramme vivant et par vingtquatre heures. Mais ces chiffres, ne l'oublions pas, sont pure-ment schématiques :
Soude QgjOlo
Potasse . 0 ,030
Acide phosphorique o ,060
Chaux 0 ^003
Chlore 0 ,025
Magnésie 0 ,003
Nous ne sommes que très mal iixés sur la ration minérale des animaux vertébrés, autres que les mammifères domestiques, dont il a été parlé précédemment. « Cependant on peut supposer, malgré le petit nombre des analyses (guano par Dehérain, urine de serpent par H. Milne Edwards, urine de
tortue par Wesley Mills, etc.), que ralimentation des oiseaux et des reptiles ressemble, au point de vue des sels minéraux, à celle des mammifères. Les uns sont carnivores, les autres herbivores, avec des proportions un peu plus fortes de soude chez les animaux carnassiers, que chez les granivores et les herbivores.
« Un point est digne de remarque : c'est la formation de chaux pour la coquille de l'œuf par les oiseaux. Une poule, qui pèse 2 kilogrammes en moyenne, peut produire un œuf par jour en certaines saisons. Le poids de la coquille est de 6 grammes environ. Si l'on admet que c'est du carbonate de chaux presque pur, cela fait une élimination quotidienne de 4?,50 environ de chaux, chiffre d'autant plus considérable que certainement les urines contiennent encore de la chaux, et que l'œuf lui-même renferme des quantités de chaux relativement très grandes. On peut dire que, dans ces conditions, l'oiseau a besoin au moins de 5 grammes de chaux par jour*dans ses aliments.
<^ Pour l'alimentation minérale des animaux invertébrés, nous avons moins de données encore. Il est certain qu'il va des sels de soude, de chaux et de potasse dans leurs tissus, et que ces sels ont été introduits par l'alimentation, mais nous ne savons dans quelles proportions. Mais ce qui frappe surtout dans l'histoire chimique des invertébrés, c'est la proportion considérable de chaux que la plupart de ces êtres vont fixer sur leur coquille à l'état de carbonate. C'est là, dans l'ensemble de la vie de ces êtres, un phénomène tout à fait remarquable. C'est même un phénomène commun à tous les animaux supérieurs ou inférieurs. La fixation de chaux à l'état de carbonate et de phosphate paraît être une des lois fondamentales de la biologie.
« Pour faire la trame solide de leur organisme, de manière à offrir un support à leurs parties molles, les êtres vivants, quels qu'ils soient, vont chercher dans leurs aliments un minéral qui donnera un sel insoluble, et par conséquent une masse dure et résistante. Le squelette, intérieur chez les vertébrés.
l'assimilation. 26o
extérieur chez les mollusques et les crustacés, a toujours une base de chaux ^ »
Telles sont les notions que nous possédons actuellement sur la nature et la quantité des diverses matières minérales et organiques qui constituent les rations alimentaires. Gomment sont utilisés ces matériaux? Quelles;modifications subissent-ils jusqu'au moment où ils sont assimilés par la cellule vivante ou brûlés dans Féconomie? C'est ce que nous allons maintenant examiner.
2° Phénomènes digestifs.
Les phénomènes digestifs sont des phénomènes préparatoires qui tendent à rendre les matériaux du milieu nutritif solubles et tels, par conséquent, comme le réclame la loi de Traube, qu'ils puissent traverser les membranes organiques et arriver au contact du complexus protoplasmique. Ce résultat est obtenu grâce à des procédés d'abord mécaniques (mastication, trituration dans le gésier, l'estomac, etc.) et ensuite chimiques. Ces derniers, dus à l'action de ferments qui dédoublent et solubilisent les matières ahmentaires, caractérisent essentiellement la digestion.
. Ces phénomènes s'accomplissent en dehors de l'organisme lui-même. Chez les vertébrés supérieurs et chez Thomme, le tube digestif est un appareil ouvert à ses deux extrémités et communiquant avec l'extérieur, mais ne communiquant point en revanche, au moins directement, avec le milieu intérieur. Tous les phénomènes qui s'accomplissent dans le tube digestif sont ainsi extérieurs aux tissus profonds; il en est de môme, avec plus d'évidence encore, chez les animaux inférieurs.
Il n'y a donc aucune différence essentielle entre les phénomènes digestifs des animaux supérieurs et ceux qui résultent de l'action du Saccharomyces cerevisiœ sur le sucre de canne ou du Tyrothrix urocephalum sur les albuminoïdes du lait. Ces