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Le Dantec, Théorie nouvelle de la vie, p

cèdent chez les êtres inférieurs, mais qui, chez les êtres supérieurs, sont séparées par les phénomènes de Tabsorplion, de la précipitation ou de la mobilisation des réserves nutritives et de la circulation.

Mais ce n'est pas tout. Les matériaux digérés et absorbés aboutissent nécessairement au milieu intérieur dont ils maintiennent la composition moyenne constante. Comme la composition des substances qui représentent les aliments naturels est très différente de celle du milieu intérieur et spécialement du sang-, il faut que ces substances, par diverses transformations, par des approximations progressives, selon l'expression de Yves Delage, tendent à se rapprocher de la composition moyenne du sang dans l'espèce considérée. De là le choix des aliments que font les animaux, choix d'ailleurs réglé par les conditions de vie auxquelles ils sont adaptés; de là les procédés mécaniques de trituration, de mastication, etc. ; de là, enfin, la différenciation de glandes qui transforment respectivement les albuminoïdes , les hydrates de carbone et les graisses en matières diffusibles et solubles. Au cours du passage de la cavité digestive dans le milieu intérieur ou aussitôt après, une nouvelle approximation a lieu, comme nous le verrons, qui transforme les peptones, par exemple, en albuminoïdes nouveaux, ou les graisses émulsionnées et peut-être dédoublées, en corps gras plus voisins de ceux qui sont spécifiques à ranimai considéré que des aliments d'où ils proviennent.

Tous ces phénomènes sont fort intéressants, mais nous ne pouvons entrer ici dans leur détail, et nous devons nous borner à ce qu'il y a de plus général, c'est-à-dire aux phénomènes par lesquels les aliments deviennent capables de s'incorporer au miUeu intérieur sans altérer sa composition moyenne, laissant de côté tout ce qui est relatif aux conditions mécaniques et nerveuses. Ces conditions,' en effet, sont secondaires et variables suivant les espèces, tandis que les processus chimiques ne changent guère du haut en bas de l'échelle biologique. Quant aux sécrétions qui jouent un rôle capital dans

la digestion, puisqu'elles fournissent les agents chimiques des transformations digestives, nous en étudierons plus loin le mécanisme.

Ces agents chimiques sont des ferments solubles ; tous hydratent, dédoublent et solubilisent les matériaux alimentaires; nous avons indiqué, au chapitre III (p. 67 et suiv.), quelles modifications interviennent ainsi. Nous nous contenterons donc ici de voir comment ces modilications se combinent pour changer peu à peu la masse alimentaire en une matière fluide de plus en plus voisine du sang dans lequel elle doit passer.

Chez beaucoup d'animaux, dans la première partie du tube digestif, dans la bouche, les aliments sont simultanément triturés, broyés, imbibés et attaqués par les liquides des glandes salivaires ou salives. Les poissons, cependant (hormis la lamproie), ne possèdent pas de glandes sahvaires; elles sont, au contraire, très développées, surtout les glandes parotides, chez les ruminants, dont la nourriture est parfois peu riche en eau. La composition des salives varie avec les glandes qui les sécrètent. Voici, d'après Hoppe-Seyler, une analyse de la salive sous-maxillaire du chien :

Eau 994,385 pour 1000.

Substances organiques 1,755 —

(dont 0,662 de mucine)

Sels solubles 3,597 —

Sels insolubles 0,263 —

C02 combiné 0,440 —

Voici une analyse de la sahve parotidienne de l'homme, d'après le même auteur :

Eau 993,16 pour 1000.

Matières organiques 3,44 —

( KS.CAz 1

Sels ] KCl,NaCl [ 3,40 —

( GaCO' 1

La salive sublinguale est visqueuse et alcaline ; sa composition n'est pas très bien connue; elle renferme, d'après

Kuhnc, jusqu'à 10 pour 100 de matières fixes, et notamment beaucoup de mucine.

Mais les aliments ne subissent qu'artificiellement l'action de ces salives isolées ; c'est l'ensemble de ces salives, ou salive mixte, qui agit normalement. La salive mixte, en général, est un liquide incolore ou faiblement opalin, à réaction alcaline, •sauf à jeun, plus ou moins filant, et dont la densité est de J,004à 1,009. Elle contient des albuminoïdes, de la mucine, un ferment soluble azoté, la ptyaline ou diastase salivaire,des traces de pepsine, d'urée, quelquefois de leucine, de graisse, de sulfocyanure de potassium ou de sodium, des chlorures de sodium et de potassium, des phosphates alcalins et terreux, du carbonate de chaux, du phosphate de fer, des azotites,des gaz, surtout de l'acide carbonique, et un peu d'azote et d'oxygène.

Les glandes salivaires de certains mollusques renferment aussi de facide sulfurique. Celles de Dolium galea en contiennent jusqu'à 3 pour 100. Murex, Cassis, Aphysia, en présentent aussi.

Voici une analyse de la salive mixte de l'homme d'après Frerichs :

Eau 99'.,10 pour lOOO.

Ptyaline 1,42 —

Mucine 2,13 —

KS.CAz 0,10 —

Sels 2,19 —

La ptyaline ou diastase salivaire est le principe chimiquement actif de la saUve ; c'est une matière azotée non albuminoïde qui se comporte comme un ferment soluble, c'est-à-dire que la présence d'une quantité minime de ptyaline suffit à transformer, suivant Sullivan, Musculus et Von Méring, en maltose et en dextrine, comme nous le savons (p. Tl), des masses d'amidon, avec fixation d'eau et dégagement de chaleur. Son maximum d'action est de -f- 35 à4- 39° G. ; au delà, elle se ralentit, puis s'arrête à + 70° G., différant en cela de l'amylase, dont le pouvoir saccharifiant maximum se manifeste surtout vers 6d" G. Pour A. Gautier, la ptyahne et, en

général, les ferments solubles se rattachent aux toxalbumines, comme, du reste, tend à le prouver ce fait, que la salive détermine, en injection sous-cutanée, des accidents toxiques. Ajoutons que la salive ne peut pas transformer le maltose en dextrose, mais cette transformation se produit peut-être par l'effet des microorganismes que contient l'intestin. D'ailleurs, suivant Dastre et Bourquelot, ce maltose est directement absorbé. Pendant le processus de la sacchariflcation, la ptyaline ne subit pas de changement; toutefois, Paschutin a montré que, lorsqu'elle a déjà servi, son action devient beaucoup plus faible.

L'action de la salive est surtout énergique dans un milieu exactement neutre, mais elle se produit également dans un milieu alcalin et même dans un milieu acide. Cependant, dans le suc gastrique acide de l'homme, la ptyaline ne semble produire du sucre que lorsque l'acidité est due à des acides organiques, tels que l'acide lactique, l'acide butyrique, etc.; d'après Van de Velde, elle n'en produit pas, au contraire, quand l'acidité est causée par l'acide chlorhydrique libre. La ptyaline est détruite par l'acide chlorhydrique ou digérée par la pepsine. Néanmoins, au dire d'Ellenberger et d'Hofmeister, la présence de la pepsine paraît indispeîisable à la production du sucre ; d'autre part, cette production est entravée par une formation abondante d'acide butyrique ou d'acide lactique, mais, comme l'a montré Cl. Bernard, le processus se rétablit quand la proportion de ces acides diminue.

Le chlorure de sodium, l'ammoniaque, le sulfate de soude (à 4 pour 100), augmentent, d'après 0. Nasse, le pouvoir saccharifiant de la ptyaline ; il en est de même de l'acide carbonique et aussi de l'acétate de quinine, de la strychnine, de la morphine, du curare et de l'acide sulfurique à 0,623 pour 100. Au contraire, de fortes proportions d'alcool et de potasse détruisent la ptyaline. Le séjour prolongé à l'air affaibUt son action, de même que le carbonate de soude et le sulfate de magnésie, d'après Pfeffer. L'acide salicylique et l'atropine empêchent la production du sucre.

L'action de la ptyaline sur l'amidon cru est faible et lente ;

elle ne se produit qu'au bout de deux ou trois heures, parce que le ferment doit traverser, au préalable, la membrane de cellulose. Au contraire, sur l'amidon cuit ou empois, cette action est rapide. On peut dire, d'une manière générale, que la rapidité de la transformation des différentes espèces d'amidon en sucre dépend de la proportion de cellulose qu'elles renferment. L'amidon de pommes de terre crues exige deux ou trois heures; l'amidon de maïs cru deux à trois minutes (Hammarsten). La transformation de l'amidon de blé est plus rapide que celle de l'amidon de riz. Quand l'amidon est broyé ou cuit, la saccharification se fait, pour toutes les espèces d'amidon, à peu près dans le même temps.

Enfin, d'après Jakubowitsch, le mélange des salives de toutes les glandes (salive mixte) est plus actif que la salive de Tune quelconque des glandes salivaires. Quant au mucus, il n'a pas d'action digestive, mais il contribue, en même temps que la salive, à dissoudre les parties solubles et à imbiber les substances alimentaires.

Hûfner, I. Munk, Kûhne, ont constaté la présence, dans la salive, d'une petite quantité de ferments peptonisants, mais ces ferments n'ont pas encore été suffisamment étudiés. Rappelons enfin, que, suivant Rossbach, la ptyaline serait apportée au liquide buccal par les leucocytes qui émigrent dans la bouche ^

Aux phénomènes de la digestion salivaire succèdent les phénomènes de la digestion gastrique qui ont pour résultat de transformer la masse alimentaire en chyme. Mais, au point de vue général auquel nous nous plaçons, ces deiLx digestions sont accessoires, puisque certains animaux ne possèdent pas de glandes sahvaires, et que, d'autre part, Czerny et Pachon ont montré que des vertébrés supérieurs, et notamment le chien, peuvent se passer d'estomac, et, par conséquent, de la digestion gastrique.

Cette digestion se fait sous l'influence du suc gastrique, 11-

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