Le Dautec, op. cit., p
■2. Op. cil... p. S8-89.
En résumé, les deux conditions essentielles de l'assimilation sont, d'une part, identité (addition directe), ou solubilité et miscibilité (addition indirecte) des matières assimilables; d'autre part, présence du noyau dans les plastides nucléés. L'ensemble des phénomènes nutritifs préparatoires (respiration, digestion, absorption, circulation, etc.), tend à réaliser, comme nous l'avons vu, la première condition ; l'intégrité morphologique de la cellule, comme la mérotomie nous l'a montré, à réaliser la seconde. Comment, sous l'influence du noyau, les matières rendues solubles et miscibles du protoplasma vontelles se transformer en ce protoplasma lui-même, dont elles augmenteront la masse sans changer les propriétés ? Quel est, en un mot, le mécanisme de la synthèse assimilatrice ?
B. Théories de Delage et de Haacke. — Pour comprendre ce qui suit, il serait nécessaire de donner une description aussi complète que possible de la constitution morphologique et des propriétés histo,chimiques de la cellule vivante. Mais cette description nous entraînerait beaucoup trop loin, et nous sommes obhgé de renvoyer aux ouvrages spéciaux de cytologie ^ Au reste, ce que nous avons indiqué de cette constitution (p. 4 et suiv.) suppléera, avec les figures schématiques ci-contre (fig. 7 et 8), aux détails que nous ne pouvons fournir ici.
Ajoutons cependant que, au point de vue physiologique, un rôle particulier semble dévolu à chacune des parties du cytoplasma. D'après Strassburger, la partie fibrillaire ou filaire, le Jtinoplasma, a un rôle formatif, la partie hyaline et amorphe, ou hyaloplasma, un rôle nutritif. Flemming admet aussi que la partie fibrillaire est contractile et vivante, tandis que la partie hyaline est inerte. Brass, enfin, croit que, dans les cellules ovulaires particulièrement, la partie périphérique, dépourvue de granulations, plus dense et hyaline, celle qui, dans la cellule végétale, est accolée à la façon d'un tapis contre la paroi cuticulaire cellulosique (fig. 7), est le plasma contraclile; la
1. Consulter : Henneguy, Leçons sur la cellule; 0. Hertwig, la Cellule et les tissus; Y, Delage, Hérédité, première partie, ei Zoologie, t. ler; M, Duval, Précis d'histologie, etc.
partie médiane est le plasma respiratoire, et la partie qui entoure immédiatement le noyau, est proprement ]e plasma nutritif. Ces spécialisations fonctionnelles sont, il faut bien le dire, purement théoriques.
Tout le cytoplasma a une réaction légèrement alcaline; mais cette réaction tient surtout à la prédominance, au point de vue de la masse, de l'hyaloplasma formé de globulines, lesquelles
Suc cellulaire Membrane protoplasmique i Cuticule
ChromaXlne du peloton
Cordon pelotonné
Nya.
r/lembr<ir!.
nucléaire
Certrosomes et sphères attraetiifes.
Vacuole
Suc nuoleaine
Fig. 7. — Constitution de la celluie.
sont des albuminoïdes dépourvus de phosphore. Les parties figurées contiennent, au contraire, des nucléo-albumines, substances phosphorées. Ces nucléo-albumines donnent donc une réaction acide, mais cette réaction histochimique est masquée par celle, plus franche, des globulines. Le suc cellulaire qui s'accumule dans les lacunes et les vacuoles du cytoplasma, a, au contraire, une réaction franchement acide.
Le noyau, qui, suivant 0. Hertwig, occupe le centre de gravité de la cellule, présente des réactions acides, surtout la
chromatine des nucléomicrosomes et la pyrénine des nucléoles (fig. 8). Il en est de même de la matière des centrosomes. Cette réaction ne semble, cependant, pas celle du suc nucléaire, liquide aqueux tenant en dissolution des albuminoïdes précipitables par les acides, et qui paraît avoir une réaction basique. Au point de vue physiologique, presque tous les auteurs s'accordent à attribuer à la chromatine et à la paranucléine le rôle essentiel dans les fonctions du noyau. Brass, toutefois, considère le nucléoplasma achromatique (linine) comme la subs-
Membrane nucléaire.
, Cfiromatine
Nucléole .
'•:: ^J^^ç^^ttuunt.
6uc. nucléaire
Fig. 8. — Gonstitation du noyau au début de la prophasc.
lance active. Quant à la chromatine, elle serait une simple réserve nutritive. Il a vu, en effet, la chromatine se résorber peu à peu dans les cellules en état d'inanition, et se reformer dès que l'alimentation reprend son cours normal '. Mais il est facile de comprendre que cette interprétation du rôle de la chromatine est erronée. En effet, les cellules inanisées sont à la condition n° 2 ; elles se détruisent, et, par conséquent, leurs matières plastiques disparaissent peu à peu ; mais quand on fournit à ces cellules la condition n° 1, la chromatine, si elle ]i*a pas entièrement disparu, se reforme nécessairement par synthèse assimilatrice.