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Théorie nouvelle de la y/e, p. 233 et suivantes

milatrice est une assimilation fonctionnelle. Ce fait est cependant d'habitude, dans les traités classiques, interprété tout autrement, car on dit que le muscle s'use en fonctionnant et que la fatigue résulte de cette usure.

Pour débrouiller ce chaos, revenons encore à la levure de bière dont Tétude, facile, nous a maintes fois servi déjà à interpréter les phénomènes de la ^ie élémentaire. La levure de bière, mise dans un moût sucré, fait fermenter ce moût et en même temps, et nécessairement, elle augmente et se reproduit, bien loin de s'user et de se détruire. La fermentation et l'accroissement — conséquence de la synthèse assimilatrice — sont inséparables ; il est impossible de concevoir l'une sans l'autre ; les conditions de la vie élémentaire sont réalisées ; on dit que la levure fonctionne. Il n'en est pas autrement pour le muscle. Mais le muscle qui fonctionne (condition n» 1} maigrit^ le muscle au repos (condition n" 2) engraisse. Or, la graisse ne fait pas partie des matières plastiques *du muscle; elle dépend, nous le savons, du milieu intérieur, et disparaît dans le muscle qui fonctionne parce que son énergie d'oxydation est utilisée à la synthèse assimilatrice, comme le prouve l'hypertrophie du muscle exercé ; elle augmente dans le muscle au repos parce qu'elle résulte de la destruction par dédoublement de la matière plastique du muscle, comme le montre l'atrophie, la dégénérescence graisseuse du muscle qui ne se contracte pas.

Mais, si cela est vrai, comment interpréter la fatigue? On dit d'habitude, en partant de l'idée de la destruction fonctionnelle, que la fatigue tient à ce que les contractions musculaires usant certains principes chimiques de la substance contractile, ces principes finissent par s'épuiser. Mais c'est là une erreur. Considérons, en effet, la levure de bière dans un moût sucré. Au bout d'un certain temps, quand lalcool est arrivé à un certain degré de concentration, la vie élémentaire manifestée cesse pour reprendre aussitôt si l'on vient à placer la levure dans un moût neuf. Or, l'alcool est une des substances R de l'équation p. 314. L'accumulation des substances R jouit donc

de la propriété d'entraver la vie élémentaire manifestée des plastides; elle fatiguei^our ainsi dire les plastides ; leur élimination les défatigue et permet au fonctionnement de reprendre. De même, un muscle qui se contracte, qui fonctionne, assimile des substances Q et produit des substances R. Si la contraction n'est pas trop fréquente, ces substances R ont le temps d'être éliminées et il n'y a pas de fatigue. Si la contraction est trop fréquente, les substances H s'accumulent; le muscle se fatigue donc et il ne se défatigue que quand un temps de repos suffisant a permis l'élimination des substances R (ce qui explique l'expérience, en apparence contradictoire, de 0. Roth sur la dégénérescence des muscles excités pendant plusieurs jours). Par exemple \ le muscle qui fonctionne produit de l'acide lactique ^substance R). Si l'on injecte, dans le muscle, une certaine quantité d'acide lactique, le muscle devient fatigué (la contraction se fait difficilement ou ne se fait plus) et reste fatigué tant que l'acide lactique n'est pas éliminé. On ne peut pas, dans l'explication de cette expérience, faire intervenir l'usure par le fonctionnement, puisqu'il n'y a pas eu fonctionnement.

En résumé, dit Le Dantec, « à la condition n° 1, c'est-à-dire pendant le fonctionnement, les réactions produisent des substances plastiques de l'organe qui fonctionne et des substances R dont l'accumulation produit la fatigue » ; à la condition n"* 2, les réactions détruisent les substances plastiques de l'organe qui se repose et produisent des substances qui peuvent être des réserves nutritives^.

Ce qui précède rend nécessaire une alternative d'activité et de repos que l'on rencontre surtout chez les animaux et dans certains organes, comme le cœur, qui fonctionnent à des intervalles réguliers, mais non d'une manière continue. En dehors de la nécessité de l'élimination des substances R, cette alternative vient de ce que presque tous les éléments histolo-

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