‹ La physiologie généraleChapitre 153 sur 218 · Landois, op. cit., p · texte numérisé non relu

Landois, op. cit., p

pots adipeux sont incontestablement dus à cette cause, comme le prouve ce fait que, dans un muscle au repos, la graisse augmente et la masse musculaire diminue.

Les réserves adipeuses ont, en g-énéral, un rôle protecteur, car, étant un corps mauvais conducteur, la graisse empêche la déperdition de la chaleur de l'organisme. C'est pourquoi les animaux des pays froids et beaucoup d'animaux marins sont revêtus d'une épaisse couche de graisse. Mais, accumulée en trop grande quantité, la graisse présente, en revanche, des inconvénients graves. Elle augmente le poids du corps et tend à entraver ses mouvements, gêne le jeu des poumons et du cœur, s'accole même à leurs parois, s'infiltre dans leurs fibres, modifie leur structure et compromet leur solidité. Il faut, dans ce cas, employer tous les moyens pour hâter et faciliter la mobilisation de ces réserves adipeuses.

Gomment se fait cette mobihsation? Grâce à un ferment hydratant des graisses oulipase qu'Henriot a tout récemment découvert et qui se rencontre dans le plasma du sang et aussi dans le foie et le pancréas, où il semble cependant avoir une destination spéciale. Le rôle de ce ferment est de saponifier les réserves adipeuses et de les remettre en circulation dans !e sang où elles ne tarderont pas à être utilisées.

Une dernière question se pose. La graisse brûle-t-elle en nature ou bien se transforme-t-elle au préalable en glucose ? Quelques auteurs pensent qu'elle est dédoublée par des ferments en glycérine et acides gras; ces acides gras forment, avec les matières alcalines du sang, des savons solubles que l'oxygène brûle peu à peu. Gohnslein et Michaélis ont aussi signalé, dans les globules sanguins, l'existence d'un ferment lipolytique qui fait subir aux graisses une oxydation complète en eau et acide carbonique. Mais cette combustion est exceptionnelle. Ce qui pourrait faire admettre la transformation préalable des graisses en glucose, c'est que, dans l'inanisation et l'inanition, le foie fournit constamment du sucre. Or, la quantité totale de glycogène contenue dans l'organisme est faible comparativement à la quantité de graisse. Le sang de

l'homme, en effet, reçoit, par vingt-quatre heures, environ 700 grammes de glucose qui sont totalement comburés. La réserve moyenne de glycogène ne paraît pas s'élever au-dessus de 2 à3 kilogrammes. Au bout d'une semaine au plus, le sucre devrait donc avoir entièrement disparu. Il n'en est rien, puisqu'on en trouve encore, d'après Bidder et Schmidt, dans les veines sus-hépatiques et même dans les muscles ^. Il faut admettre, par conséquent, que la graisse doit se transformer en glucose pour être comburée.

C. Albuminogénie. — Plusieurs auteurs, Voit notamment et Bidder et Schmidt, admettent l'existence d'une certaine quantité d'albumine circulante, que les tissus peuvent utiliser suivant leurs besoins et qui représente ainsi une véritable réserve. Cette albumine circulante s'accumule peut-être dans la rate et les organes lymphoïdes, mais surtout dans le sang. Quelle est son origine ?

Elle est double. Elle provient, d'une part, des aliments, d'autre part, de la transformation des albuminoïdes plastiques. Les peptones, qui résultent de la digestion des albuminoïdes, ne se rencontrent dans le sang qu'en très petite quantité, car, ainsi que l'ont montré les expériences de Schmidt-Mûlheim et de Hofmeister, elles sont toxiques, déterminant, injectées dans le sang, une vaso-dilatation considérable accompagnée d'une diminution accusée de la pression sanguine. Au cours de la traversée de l'épithélium intestinal ou aussitôt après, ces peptones sont donc transformées en une albumine inoffensive, qui est probablement la serine (sérum-albumine). En effet, Miescher a constaté que les ovaires et les œufs de femelles de saumon, qui remontent le Rhin à l'époque du frai et ne mangent pas au cours de cette migration, se développent au détriment de la masse musculaire, et que le sang de ces animaux ne renferme plus d'albumines, mais seulement des globulines. Il résulte de là que l'albumine circulante (serine) provient et de la mobilisation des albuminoïdes musculaires, quand un organe

Page 1