‹ La physiologie généraleChapitre 154 sur 218 · Landois, op. cit., p · texte numérisé non relu

Landois, op. cit., p

doit être employé à l'édification d'un autre, et des peptones alimentaires transCormées en serine. Tiegel a corroboré cette conclusion en montrant que la serine fait défaut dans le sangdes serpents soumis à l'inanition, mais reparaît si on les nourrit.

Nous ignorons totalement le processus chimique de la mobilisation des albuminoïdes musculaires et de leur transformation en serine. C'est une forme de dédoublement qui nous échappe encore. Mais ce dédoublement et la formation de la serine aux dépens des peptones alimentaires expliquent pourquoi Voit a soutenu qu'en vingt-quatre heures, 70 pour 100 de l'albumine circulante se détruisent, tandis qu'il n'y a que 1 pour 100 de l'albumine vivante à se déperdre. Les plastides animaux à la condition n° 1 ne peuvent faire la synthèse de leurs matières plastiques qu'aux dépens des albuminoïdes du milieu nutritif intérieur, c'est-à-dire de Talbumine circulante ; il est donc naturel qu'au cours du fonctionnement quotidien» cette albumine disparaisse en grande quantité. Toute la question est de savoir si cette albumine est réellement détruite en donnant de l'urée ou bien si elle est simplement agrégée en combinaisons plus complexes, sans subir aucun dédoublement. Malheureusement rien ne nous fixe positivement à cet égard, et de l'urée éliminée nous ne savons pas la part qui revient à l'albumine circulante et à l'albumine vivante, bien que, théoriquement, il soit plus logique d'admettre que l'urée provient en presque totalité de la^ destruction des matières albuminoïdes des plastides à la condition n*^ 2 (p. 82).

D. Réserves de matières minérales. — Elles sont, en général, peu importantes. Il faut cependant faire une exception pour le fer, le phosphore et la chaux.

Bûnge a constaté qu'il existe une réserve assez notable de fer dans le foie du jeune animal, réserve qu'il utilise ensuite progressivement et surtout pour la constitution de l'hémoglobine du sang. Le foie du nouveau-né contient, en effet, de quatre à neuf fois plus de fer que celui de l'adulte. Chez ce dernier, d'après Picard, on trouverait aussi une réserve de fer dans

la rate. En tout cas, Nuddendorf pense que l'hémoglobine se régénère dans la rate. On ignore comment s'établissent et se mobilisentces réserves, bien que l'on puisse prévoir que ce sont les hématies qui, en se détruisant on en se formant, leur servent de véhicules. Mais cette interprétation ne peut valoir ni pour l'embryon des placentaires, puisqu'il n'y a pas pénétration, ni pour l'embryon des ovipares, qui se développe, pour son propre compte, au détriment des réserves nutritives de l'œuf. Il faudrait, dans ce cas, faire intervenir une combinaison riche en fer (hématogène).

Chez les ruminants, comme l'a montré Dastre, les cotylédons en touffes sont indiqués par des plaques blanchâtres, qui ne sont autres que des dépôts de phosphate de chaux que l'embryon utihse, pour la constitution de son squelette, jusqu'au moment de sa naissance. D'autre part, les expériences d'ïrvine et Woodhead semblent montrer qu'il y a, chez la poule pondeuse, une certaine réserve de chaux, car cette pouie,. privée de calcaire, mais nourrie avec des ahments contenant une faible proportion de sulfate de chaux, donne des œufs dont la coquille est normale ; il faut donc qu'il y ait, d'une part, apport de calcaire, d'autre part, substitution de l'acide carbonique à l'acide sulfurique \ Cette réserve de calcaire, dont on ignore le siège, semble d'ailleurs très peu abondante, car si l'on vient à supprimer complètement la chaux, sous quelque forme que ce soit, l'œuf ne tarde pas à être pondu dépourvu de coquille résistante.

8» Nutrition générale.

Nous venons de voir comment le miheu intérieur se constitue à l'aide de l'apport ahmentaire transformé et immédiatement utihsé par la synthèse assimilatrice ou emmagasiné sous forme de réserves nutritives. Mais les notions ainsi acquises sur la

1. De Varigny, Revue scientifique, 1892, premier semestre, p. 251 et suivantes.

composition du milieu intérieur sont loin d'être complètes, puisque, à côté des substances Q,de toute nature, qu'il charrie, on rencontre aussi, d'une part, les ferments solubies qui proviennent soit des glandes digestives, soit des glandes vasculaires sanguines, et qui servent, les uns et les autres, à l'appix»ximation des aliments ou à la mobilisation des réserves, et d'autre part, les substances R qui résultent de l'activité fonctionnelle des cellules de réconomie, et les matières (en dehors de celles qui peuvent former des réserves) de destruction des plastides à la condition n° 2 qui sont, les unes détruites et oxydées dans le milieu intérieur lui-même, les autres éliminées à l'extérieur. C'est la circulation qui, douant le milieu intérieui; d'une mobilité régulière et continue, assure l'utilisation des substances Q, l'action des ferments, la répartition des réserves et l'élimination des matériaux de déchet.

Ces caractères du milieu intérieur sont communs à tous les organismes polyplastidaires et l'on pourrait peut-être dire monoplastidaires.sila division des fonctions physiologiques nous permettait, chez ces derniers, de déterminer la composition et de fixer le rôle des sucs intracellulaires. La seule différence que l'on doive noter, c'est que la séparation entre le miheu intérieur et le milieu extérieur n'est pas toujours aussi absolue chez les animaux inférieurs que chez les vertébrés. Ainsi, chez les éponges, le corps est percé de canaux, parcourus par un com^ant d'eau qui apporte les substances Q et entraîne à l'extérieur les produits de déchet ; la séparation entre les deux miheux est donc ici peu sensible, et cependant on retrouve, au milieu intérieur de ces êtres, tous les caractères de celui dés animaux les plus perfectionnés. Chez les polypes, un perfectionnement apparaît. L'eau entre bien librement par la bouche de chaque polype et parcourt le corps entier, grâce à un système de canaux ; mais chaque bouche digérant les ahments capturés, le liquide intérieur contient des matériaux solubilisés qui n'existent pas dans le milieu ambiant, et grâce auxquels les éléments endodermiques peuvent se nomTÎr. Chez les échinodermes, il y a une cavité générale, mais elle n'est compte-

tement séparée du milieu extérieur que chez les holothuries. Enfin, chez les mollusques, la cavité générale est close, le milieu intérieur constitué. Il en est de même chez les arthropodes et à plus forte raison, chez les vertébrés \

Ainsi, quel que soit, dans l'ordre ontogénétique comme dans l'ordre phylogénétique, le degré de différenciation du miheu intérieur, il n'en présente pas moins, partout et toujours, une constitution extrêmement complexe, qui a pour base, d'abord l'eau circulante, puis les substances Q (aliments et réserves nutritives mobilisées), et enfin les substances R et les produits de destruction de toute nature. Pour achever l'étude du miheu intérieur, il conviendrait donc d'examiner maintenant comment se forment les ferments solubles qui interyiennent dans la digestion des aliments, dans la fixation et la mobilisation des réserves et dans la destruction de certains produits inutiles ou nuisibles du milieu intérieur (ferment glycolytique, par exemple), et comment sont éliminés à l'extérieur les substances R et les matériaux de destruction déjà partiellement ou totalement dédoublés et oxydés, en un mot, quel est le mécanisme des sécrétions et des excrétions.

Mais ces phénomènes appartiennent au catabolisme ; si cela ne paraît pas douteux pour les excrétions (et la désassimilation, comme on dit), il n'en est pas de même pour les sécrétions. Nous verrons cependant que les produits des sécrétions sont des produits inutiles pour les cellules sécrétantes, et que, par conséquent, ils doivent figurer parmi les phénomènes d'ordre catabolique. Au reste, nous nous réservons de faire la démonstration de cette manière de voir, qui, a priori, peut paraître assez éloignée des idées généralement admises. Les phénomènes d'excrétion sont de même ordre, bien qu'on soit porté à faire intervenir, dans l'élimination de certains déchets, l'activité fonctionnelle des éléments histologiques. Il ne nous reste donc plus, pour terminer ce long chapitre, qu'à résumer brièvement les conditions de la nutrition des tissus, conditions

Page 1