Le P)-otoplasma, l'Hérédité, etc., p
nerfs, leur derme, mais aussi avec leur disposition, leur forme et leurs relations réciproques, de telle sorte que la régénération du tissu osseux, dans le bras coupé du triton, par exemple, donne lieu, non pas à un simple bourrelet osseux plus ou moins long- et volumineux, mais bien aux os de l'avant-bras, du carpe, des métacarpes et des doigts, dans toutes leurs relations normales. Dans ce cas, évidemment, des facteurs différents de ceux qui agissent pour la simple régénération d'un tissu entrent enjeu. Il faut donc distinguer la simple régénération homogène d'un tissu, de la régénération hétérogène des groupes de tissus ou d'organes, car la première n'est en somme qu'une reprotluction, que cette régénération soit normale ou pathologique (c'est-à-dire accidentellement ou artificiellement provoquée). Bien qu'intéressant surtout la morphologie, les faits de régénération hétérogène sont néanmoins curieux pour la physiologie générale. Nous nous contenterons cependant, ne pouvant entrer dans le détail, d'indiquer les principes qui semblent régler cette régénération.
Fraisse admet que la régénération se fait au moyen d'éléments histologiques ayant conservé un caractère embryonnaire, mais ce caractère est relatif et paraît quelquefois manquer. Aussi Barfurth a-t-il été plus heureux en exprimant la même règle d'une façon plus souple. Pour lui, la régénération est d'autant plus facile que l'individu est plus prêt de l'état unicellulaire, soit phylogénétiquement (c'est-à-dire plus inférieur et voisin des protozoaires), soit ontogénétiquement (c'està-dire plus prêt de l'état d'œuf).
D'autre part, (c Ribbert a trouvé que la faculté régénératrice est inversement proportionnelle à celle d'hypertrophie compensatrice. Gela veut dire que lorsqu'on enlève un organe qui n'est pas seul de son espèce, il a d'autant moins de tendance à se régénérer que les organes similaires restants ont plus de pouvoir pour rétablir la fonction. Ainsi, quand on enlève un testicule ou un rein, l'organe symétrique s'hypertrophie facilement; aussi la régénération est-elle nulle. Si l'on n'enlève qu'une partie d'un rein, il se régénère quelques tubes seule-
ment. Au contraire, quand on enlève une portion d'une glande salivaire, l'hypertrophie compensatrice est nulle, mais la régénération est très active ^ »
Enfin Y. Delage a constaté que la régénération est inversement proportionnelle à la greffe, à la faculté de se greffer. Mais ceci demande quelques explications, que nous lui empruntons ^.
La greffe n'est, comme la cicatrisation, qu'une régénération circonscrite, mais elle s'en distingue cependant en ce que la partie greffée ne se nourrit pas jusqu'à la reprise et que les tissus en contact ne sont souvent ni de même nature histologique, ni de même espèce taxinomique. Pour que la greffe réussisse, il faut donc que la partie à greffer puisse rester vivante jusqu'à la reprise et que les tissus mis en présence soient de nature compatible.
Rien ne nous fixe a priori — quand les cellules n'appartiennent pas au même tissu d'un même individu — sur tes causes qui font que les cellules sont compatibles ou incompatibles, prennent ou ne prennent pas. On constate simplement que les cellules compatibles s'attirent, s'aplatissent l'une contre l'autre et deviennent adhérentes par leur paroi, tandis que les cellules incompatibles restent convexes au point de tangence et semblent se repousser. Peut-être ne faut-il voir là qu'un résultat d'actions chimiolactiques encore inconnues.
A ces deux conditions essentielles (nutrition du greffon et compatibilité de ses cellules avec celles du sujet), il faut en ajouter une autre : Corientalion. Il semble résulter, en effet, des expériences de Vôchting, que les cellules ne peuvent se souder que suivant un certain sens. Si l'on change ce sens, la greffe n'a plus lieu. Toutefois, cette orientation ne semble valable que chez les plantes ; chez les animaux, d'après P. Bert, elle paraît beaucoup plus douteuse.
Du reste, entre l'incompatibilité complète et la soudure im"