Op. cit., p
médiate, il y a une foule d'intermédiaires. C'est ainsi que certaines pièces semblent se souder, s'incorporer à l'organisme du sujet (par exemple, greffe de poirier sur pommier); mais au bout d'un certain temps, d'ailleurs variable, ces pièces sont résorbées, ou éliminées ou remplacées par substitution des parties voisines du sujet. L'incompatibilité peut enfin apparaître en des circonstances où elle semble, au contraire, impossible, parce qu'il s'agit de tissus de même nature appartenant à un même animal et présentant d'habitude une soudure facile. C'est ainsi qu un lombric, un planaire refusent la greffe et môme la simple cicatrisation d'une incision. Delage ' en a conclu qu' « il y a antagonisme entre la greffe et la régénération; les cellules de la plaie refusent de se souder parce qu'elles peuvent faire quelque chose de mieux : régénérer ce qui manque; par contre, la greffe est particuhèrement aisée là où l'aptitude à la régénération fait défaut. Les végétaux en sont un exemple ».
Si l'on admet que la régénération répond à des conditions d'un certain équilibre, il est possible d'interpréter la plupart des faits connus et de comprendre la signification des règles qu'ont formulées Bariurth,Rippert et Delage. Mais alors pourquoi la régénération n a-t-elle pas toujours lieu et constituet-elle en réalité une exception? Delage s'est efforcé de répondre à cette objection : « On pourrait peut-être considérer l'amplitude de la régénération, dit-il ^ comme un fait général limité seulement par l'aptitude des segments à vivre assez longtemps pour permettre la régénération et à se nourrir pour en former les matériaux « ; en d'autres termes, si la régénération ne se produit pas toujours, c'est que l'assimilation fonctionnelle ne suffit pas, limitée qu'elle est parfois par la quantité de substances Q dont elle dispose et par l'accumulation des substances l^ qui entraîne le passage de certains éléments à la condition no 2, à reformer ce qui manque. C'est pourquoi