‹ La physiologie généraleChapitre 161 sur 218 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

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tion II'' 1, sont successifs, ces\.-k-dlvr que les substances Q agissent d'abord sur le c\ toplasma qu'elles modifient, que ce cytoplasma modifié agit sur le noyau, lequel réagit à son tour sur le cytoplasma, qui enfin modifie le milieu en lui restituant des substances R (p. 326 et suiv.). Il convient de remarquer que c'est la différenciation des organites de la cellule qui a rendu cette succession nécessaire, car les organites différenciés sont devenus non miscibles, dans les conditions normales, au cytoplasma, de même que ce cytoplasma est non miscible au liquide dans lequel il baigne. Les conditions mécaniques, qui font que le plastide doit se diviser quand il a atteint certaines dimensions-limites, agissent donc également sur les organites différenciés par rapport au cytoplasma, car les conditions d'équilibre de ces organites dans le protoplasma sont de même ordre que celles du cytoplasma dans le liquide ambiant. Ceci explique pourquoi des divisions nucléaires peuvent ne pas être suivies de division du corps cellulaire et que Demoor ait pu anesthésier le cytoplasma des cellules dés poils staminaux de Tradescancia sans empêcher la division nucléaire.

Si la division des organites différenciés de la cellule (et cette division a été constatée pour tous) est subordonnée à des conditions d'un certain équilibre au sein de ce protoplasma, la signification de la karyokinèse tout entière s'éclaire. On comprend spécialement pourquoi la division des organites est si exacte. Ces organites baignent, en effet, dans un liquide d'une composition fixe et sensiblement invariable, comme la leur du reste. Quand les conditions sont telles, par suite de la croissance, qu'ils doivent se diviser, ils ne le peuvent faire qu'en donnant naissance à deux masses égales et de même constitution, puisque, s'il en était autrement, c'est que la nature du liquide émulsif (cytoplasma) ne serait pas partout la même, ou bien que la composition des organites varierait, ce qui est contraire à ce que nous savons. Il en résulte que la mitose n'est qu'une forme, compliquée parla différenciation des organites cellulaires, de la division directe. Delage, tout en méconnaissant la cause essentielle de toute division, n'en a pas

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moins saisi le sens. « Ce qu'il y a d'essentiel dans la division indirecte, dit-iP, c'est la division directe » qu'il retrouve dans la division du centrosome, des chromosomes, etc. Mais il ne faut pas oublier que les conditions qui déterminent l'égalité de la bipartition des organites différenciés peuvent ne pas exister pour le corps cellulaire, par exemple, quand le cytoplasma renferme des matières lécithiques inégalement distribuées. Dans ce cas, il y a segmentation inégale, parce que, dans un liquide émulsif donné, les dimensions des gouttelettes émulsionnées sont subordonnées à la nature de ces gouttelettes, et comme cette nature n'est pas partout la même, à cause de la présence du lécithe, il est naturel que ces gouttelettes n'aient pas la même dimension. Cette différence n'agit, d'ailleurs, en rien sur la division du noyau qui, lui, baigne toujours dans le cytoplasma pur. Comme les réactions sont successives, que le milieu (substances Q et réserves) agit d'abord sur le cytoplasma qu'il modifie, le cytoplasma modifié sur le noyau qii'il modifie à son tour, « il résuite de l'inégalité de la division cytoplasmique, dit avec raison Delage^, que la différenciation cellulaire qui accompagne la division est d'origine cytoplasmique et non nucléaire. C'est par leur cytoplasma que deux cellules filles, issues d'une même cellule mère, différent d'abord, et s'il s'établit des différences dans leurs noyaux, ce ne pourra être que consécutivement aux différences cytoplasmiques et comme un effet de celles-ci. »

Cette interprétation de la karyokinèse n'explique que les faits généraux; elle laisse de côté certains phénomènes, comme la formation des asters et du fuseau, la marche des anses chromatiques, etc., pour lesquels il faut faire intervenir d'autres causes et notamment des actions osmotiques et chimiotactiques. Ces actions jouent certainement un grand rôle, mais nous ne pouvons y insister ici, nous contentant d'indiquer, dans ses grandes lignes, le sens qu'il convient d'attribuer à la division cellulaire.

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