Delage, op. cit., p
dantes. Celte conjugaison, étudiée surtout par Maupas ', se rencontre chez les noctiluques et chez beaucoup d'infusoires. Voici en quoi elle consiste essentiellement (fig. 14). Deux individus, en apparence identiques, se rapprochent, s'accolent par leurs membranes, qui se percent bientôt d'un orifice par lequel les cytoplasmas communiquent. En même temps, dans chacun de ces gamètes, le macromicleus se résorbe, tandis que le micronudeus se divise deux fois, par mi- f /' tose, en deux parties, constituant ainsi quatre petits noyaux, dont trois se résorbent. Le quatrième se divise de nouveau en deux, dont Fun persiste et demeure en place, tandis que l'autre, à travers la communication, va rejoindre la partie immobile qui résulte de la même division successive de l'autre gamète. Il y a donc, dans chaque individu, un noyau immobile qui représente, d'après Maupas, le pronucleus femelle, et un noyau mobile qui représente le pronucleus mâle. Le noyau mobile de Tun s'étant conjugué, sans se fusionner complètement, avec le noyau immobile de l'autre, l'élément qui résulte de cette union se divise de nouveau en deux, et les deux gamètes, ainsi régénérés, se séparent, redeviennent libres, au moment où le nouveau noyau de chaque individu se divise encore pour former le macronucleus et le micronudeus. Puis la scissiparité reprend et continue. Ajoutons encore que les trois petits noyaux qui se résorbent (et dont deux proviennent naturellement de la division de l'un des demi-micronucleus primitifs) sont assimilés par les auteurs aux globules polaires de l'ovule des métazoaires et spécialement des mollusques.
Quelle interprétation convient-il maintenant de donner à cette conjugaison partielle? Quelle signification précise peutelle avoir au point de vue de la physiologie générale? C'est ce qu'il importe d'examiner.
1. Ri cherches s H7^ la multiplication des infusoires ciliés {Archives de zoologie expérimentale et générale, ISS'S. p. 1G5-277).
D'après Maupas, les infusoires ciliés, au bout d'un certain nombre de bipartitions, deviennent incapables de se diviser de nouveau, bien que demeurant dans un milieu illimité qui remplit toutes les conditions nécessaires à la vie élémentaire manifestée de leur espèce. On dit alors qu'ils sont sénescents. Cet état, qui ne provient ni de la diminution des substances Q ni de l'accumulation des substances R, car le milieu est illimité, a pour conséquence de faire passer l'infusoire à la condition n° 2. Mais si, comme l'a établi Maupas, ce plastide à la condition n° 2 rencontre un autre plastide dans la même condition, il y a conjugaison partielle, rajeunissement karyogamique, pourvu que ce nouveau plastide ne provienne pas, par bipartitions successives, du même infusoire que son conjoint ou bien qu'il ait évolué dans des milieux différents.
Il suffit de raisonner sur les circonstances que nous venons d'exposer pour comprendre la signification du rajeunissement karyogamique. En effet, si tous les infusoires ciliés provenant par bipartitions d'un même infusoire cilié deviennent sénescents en même temps et dans un milieu constamment favorable aux réactions de leur vie élémentaire manifestée, c'est que, évidemment au bout de ces n bipartitions, il manque à tous ce s infusoires une des substances plastiques nécessaires aux réactions de la condition n° 1, puisque le milieu est resté, par hypothèse, invariable quant à sa composition, et cette disparition d'une des substances plastiques nécessaires n'est pas due à une division inégale, puisque tous les infusoires de la même lignée deviennent simultanément sénescents. Comment se fait donc cette disparition ? C'est à cette question que Le Dantec répond par l'hypothèse suivante * :
« Soient a,, a^', a^... «p, les substances plastiques de A au temps To, chacune avec sa quantité propre à ce moment ; la somme de ces diverses quantités représente donc le terme a de l'équation (!) :
(I) a + Q=zXrt + R.