‹ La physiologie généraleChapitre 169 sur 218 · Delage, op. cit., p. 138, note · texte numérisé non relu

Delage, op. cit., p. 138, note

n'avons donc pas à revenir sur ce qui a été dit précédemment. Il resterait à parler des faits de polyspermie, de fécondation partielle ou retardante et de pseudogamie. Mais ces faits, quelque intéressants qu'ils soient pour la biologie générale et pour l'interprétation de certains phénomènes physiologiques, ne sont encore ni assez nombreux, ni assez étudiés, ni assez certains (surtout en ce qui regarde la pseudogamie], pour que nous puissions les exposer et les discuter, au point de vue de leur signification, dans un livre comme celui-ci. Nous nous contentons donc d'y faire allusion, en remarquant que les faits de fécondation anormale, mieux connus, nous fourniront certainement des indications précieuses pour l'explication des phénomènes les plus, obscurs de la fécondation normale.

5» Parthénogenèse.

Il y a parthénogenèse quand un œuf non fécondé, même pondu par des femelles vierges, se développe normalement en donnant naissance à l'individu complet. Geddes et Thompson en distinguent plusieurs sortes: la parthénogenèse exclusive, dans laquelle la race se perpétue sans mâles, par femelles exclusivement parthénogénétïques, comme chez quelques rotifères et ostracodes et une algue, la Chara nitida ; la parthénogenèse facultative, qui se produit à la volonté de la mère pondeuse, non vierge ; c'est ce qui se passe, par exemple, chez les abeilles. La reine, en effet, n'est fécondée qu'une fois dans le vol nuptial et reçoit alors, dans sa poche copulatrice, une provision de ' sperme qui lui sert pendant les quatre ou cinq ans de son règne. A volonté, au moment du passage des œufs, elle ouvre sa poche copulatrice et en expulse une petite goutte de sperme et produit des œufs fécondés, qui donnent ultérieurement, suivant la nourriture des larves, des neutres ou une reine, ou la maintient fermée et produit alors des œufs non fécondés qui donnent exclusivement des mâles ^ ; la parthénogenèse alter-

\. Delage, op. cit., p. 149, note.

native pu saisonnière, qui semble se produire sous Tinfluence des conditions ambiantes et saisonnières. Chez les pucerons et aussi chez les daphnies et autres crustacés yoisins, les g-énérations exclusivement parthénogénétiques coïncident avec une nourriture abondante et une température élevée ; mais, quand les conditions deviennent défavorables (froid, aUments rares, dessèchement des mares pour les daphnies, etc.), ces mêmes femelles vierges pondent des œufs d'où sortent des mâles qui les fécondent. Les œufs parthénogénétiques diffèrent, d'ailleurs, des œufs fécondés en ce que les premiers sont nombreux, petits, pauvres en matières lécithiques, et ont un développement immédiat (œufs d'été), tandis que les derniers sont peu nombreux, gros, riches en protolécithes, et n'ont qu'un développement tardif (œufs d'hiver). Le cycle des générations parthénogénétiques et amphimixiques suit le cours des saisons et alterne assez régulièrement. Chez le phylloxéra, il y a sept à huit générations parthénogénétiques pour une génération amphimixique. Enfin, la parthénogenèse accidentelle apparaît soit à la suite de dispositions expérimentales(vers à soie, gTenouilles), soit spontanément chez des êtres (vers à soie, étoiles de mer) où la parthénogenèse n'existe pas. Cette parthénogenèse peut être complète, comme chez le ver à soie, où l'embryon partliénogénétique produit des chenilles normales ; ou incomplète, comme chez la grenouille, les oiseaux, où l'embryon parthénogénétique s'arrête de bonne heure dans son développement'.

Quelle est la signification de la parthénogenèse ? Weismann crut l'avoir trouvée quand il découvrit que les œufs parthénogénétiques ont un seul globule polaire au lieu de deux et n'ont pas, par conséquent, de réduction chromatique, ce qui veut dire, nous le savons, qu'ils restent plastides complets. Brauer sembla confirmer cette manière de voir quand il montra que, chez un petit crustacé, VArtemia salina, qui se reproduit sans fécondation, le deuxième globule polaire se forme, se détache presque du cytoplasma, puis, au lieu d'achever de s'en séparer, entre

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