‹ La physiologie généraleChapitre 171 sur 218 · Delage, op. cit., p. 151 et note · texte numérisé non relu

Delage, op. cit., p. 151 et note

réduction chromatique complète, que nous invoquons ici. L'observation de 0. Hertwig, rapportée plus haut, à propos de la prédétermination des œufs, longtemps avant l'émission de globules polaires, vient indirectement à l'appui de cette interprétation, car si, dans le même miUeu limité, certains ovules restent petits alors que d'autres grossissent et s'enrichissent en réserves nutritives, c'est manifestement que les uns et les autres n'ont pas une constitution identique. Nous ignorons en quoi cette constitution diffère, mais nous pouvons y voir l'origine de ce fait que les uns deviennent plastides incomplets par réduction chromatique, les autres non.

6'' Signification des éléments reproducteurs différenciés.

Avant de terminer ce chapitre, il importe de fixer certains points qui ont été volontairement laissés dans l'ombre, mais sur lesquels il est nécessaire de revenir, parce qu'ih montrent que les phénomènes de la génération, sous leurs formes plus ou moins compliquées et diverses, ont tous cependant la même signification essentielle.

Chez les monoplastides, la division est la conséquence de l'assimilation fonctionnelle qui tend à faire dépasser au plastide la forme d'équilibre qui répond au milieu dans lequel il évolue normalement. Il doit en être de même, non seulement chez les polyplastides inférieurs, mais aussi chez les métazoaires les plus différenciés. Seulement la nécessité mécanique qui aboutit à la génération et correspond à ce qu'on appelle l'état adulte, est masquée chez ces derniers par l'activité (condition n° 1) discontinue des plastides incomplets et par l'étroite synergie des éléments anatomiques. Il en résulte ces phénomènes préliminaires de maturation et de réduction chromatique qui rendent la fécondation nécessaire, et, chez les organismes où la différenciation a amené la séparation des sexes, c'est-à-dire des dispositions telles que tous les éléments générateurs de certains individus manqueront, par réduction ou autrement, de certaines substances plastiques qui se trou-

veront dans les éléments générateurs des autres individus et réciproquement, un ensemble de caractères synergétiques, que Ton désigne sous le nom de mâles quand l'individu ne produit que des spermatozoïdes, et de femelles, quand il ne produit que des ovules. Nous savons d'où dérivent les caractères différenciels propres de l'ovule et du spermatozoïde ; nous savons pourquoi ils s'attirent et se conjuguent; nous savons que, hormis les cas exceptionnels et assez obscurs de pœdogenêse et de 'pœdoparthéno genèse, ils apparaissent au moment où l'individu a atteint ses dimensions d'équilibre et où il est obligé, sa forme ne pouvant plus croître, d'éliminer, de rejeter en dehors* de son individualité synergétlque, le surplus qui résulte d'une assimilation fonctionnelle prédominante. Si donc les éléments générateurs représentent ce surplus (si par conséquent la fonction génératrice, quelles que soient ses formes, traduit bien toujours la tendance de l'organisme à conserver ses dimensions d'équilibre), ils doivent être indépendants de l'organisme dont ils sont issus et se comporter à son égard comme de véritables parasites.

C'est ce que l'on constate en effet. Le Dantec, qui a fourni cette interprétation du rôle des cellules génératrices, dit* à ce propos : « Qu'il soit complet (parthénogenèse, cellule mère de l'ovule ou des spermatozoïdes) ou incomplet (ovule, spermatozoïde), l'élément reproducteur, dépourvu de connexions nerveuses, est en dehors de l'indiridualité définie par la continuité du système nerveux. Il se comporte donc dans l'organisme absolument comme un parasite, dont il ne diffère que par sa communauté d'origine avec les autres éléments anatomiques. En conséquence, avant que ces éléments générateurs deviennent incomplets, ils ont dans l'organisme une vie élémentaire manifestée non discontinue, dès que leur condition no 1 se trouve réalisée dans le milieu où ils baignent... Les organes génitaux sont de véritables parasites. Le milieu intérieur de l'organisme est limité ; si des parasites d'origine

1, Op. cit., p. 301-302.

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externe s'y introduisent, ils se trouvent en concurrence vitale avec les parasites organes génitaux, qui quelquefois succombent, comme cela se voit dans la castration parasitaire. On conçoit facilement qu'un parasite d'origine externe joue un rôle comparable à celui des organes génitaux dans la détermination de l'état adulte et que la nature de cet état varie avec la nature du parasite, telles les fausses femelles déterminées chez les crabes par les sacculines. L'ablation du parasite permet à révolution de continuer... »

Cette interprétation, par le rôle qu'elle fait jouer aux organes génitaux et aux éléments reproducteurs, explique rétablissement de tous les caractères sexuels secondaires et les -phénomènes qui accompagnent l'abolition des fonctions génératrices, la castration et la ménopause. Mais elle laisse supposer que, chez les êtres unisexués surtout, Fapparition des éléments générateurs détermine l'état adulte et non l'état adulte celle des éléments générateurs. Que deviendrait dès lorl la signification de ces éléments au point de vue du maintien de la dimension d'équilibre ? Mais Tobjection n'est qu'apparente. La précocité des organes génitaux, avec leurs caractères de parasites, n'est qu'un exemple dune adaptation fixée par l'hérédité, dont les observations de Haacke sur les générations alternantes des polypes et des méduses et certains faits de pœdogenèse nous dévoilent, en partie, le mécanisme. Par suite de Tapparition précoce des organes génitaux, l'organisme n'échappe point aux nécessités mécaniques de l'équilibre, mais la constance des conditions dans lesquelles il évolue, en abrégeant et en condensant de plus en plus son ontogenèse, fait que son état adulte qui déterminait primitivement l'apparition de ses éléments reproducteurs, est aujourd'hui précédé et facilité par eux. Ni la signification de l'état adulte, ni celle des éléments générateurs n'en sont changées pour cela, et, du haut en bas de l'échelle biologique, sous la diversité des modifications introduites par l'adaptation et par l'hérédité, nous voyons la fonction génératrice traduire une même nécessité mécanique.

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