‹ La physiologie généraleChapitre 174 sur 218 · Laudois, op. cit., p · texte numérisé non relu

Laudois, op. cit., p

idées de Gl3y * sur le rôle des glandes, il n'y a aucun rapport entre la fonction de chacune des glandes, soit nutritive, soit défensive, et le mode d'élaboration de ses produits, de telle sorte que, dans l'étude sommaire que nous faisons ici, nous nous contenterons d'indiquer le rôle de quelques-unes des glandes à sécrétion interne, dont certains produits semblent résulter du catabolisme fonctionnel, ayant précédemment fait connaître l'action des glandes digestives et renvoyant au paragraphe suivant pour celles des glandes à sécrétion externe proprement dite (reins, glandes sudoripares, etc.).

De toutes ces glandes, la plus importante est le foie, qui, en outre des fonctions glycogénique et bihaire ci-dessus mentionnées, possède des fonctions uropoïétique, hématopoiétique et antitoxique. Cette dernière fonction consiste à accumuler les substances toxiques qui sont éliminées avec la bile ou déversées très lentement dans l'économie, de manière à en atténuer les effets, à modifier les alcaloïdes et les poisons animaux, à diminuer, parla bile, l'intensité des fermentations intestinales, et enfin à transformer les produits de ces fermentations, phénol, indol, scatol, qui sont toxiques, en sels d'acides sulfoconjugués, et les sels ammoniacaux en substances non toxiques et spéciatement en urée. Mais le pouvoir antitoxique du foie semble lié à sa richesse en glycogène, comme l'a montré Roger, puisque, quand la glande hépatique est privée de cette dernière substance, les poisons injectés dans la veine porte se retrouvent dans les veines sus-hépatiques, tandis qu'ils ne s'y montrent pas si le foie est chargé de glycogène. Cette action s'exphque par les modifications que les alcaloïdes subissent quand ils sont chauffés en vase clos en présence du glucose, modifications qui, d'après A. Gautier, diminuent très sensiblement leur t<)xicité. On se rend compte ainsi de ce fait que, la fièvre faisant disparaître le glycogène du foie, cet organe ne peut plus, dans les maladies à hyperthermie, arrêter les poisons de l'organisme ni les toxines des, microbes pathogènes.

1. Gley, Conception et Classification des glandes {Revue scientifique, 1893, deuxième semestre, p. 8 et suiv.).

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A celte fonction antitoxique du foie, qui ne se manifeste que pendant Tintégrité et les périodes d'activité de la glande, il faut joindre sa fonction uropoïétique. Nous avons indiqué Jc mécanisme de la production de Turée par dédoublement hydrolytique des albuminoïdes. Ce dédoublement se fait dans tous les tissus, mais particulièrement dans le foie. Mais, dans certains cas, l'activité propre des cellules hépatiques semble intervenir, pour transformer les sels ammoniacaux et particulièrement le carbonate d'ammoniaque — qui sont toxiques, comme l'ont montré les expériences de Eck et de Nencki — en urée ou en acide urique. C'est pourquoi, quand le tissu hépatique est profondément altéré, comme dans la cirrhose, l'excrétion de l'urée est sensiblement diminuée. Il est probable que l'intoxication qui se produit est due, comme le pensent Hahn et Nencki, au carbonate d'ammoniaque, qui se produit par dédoublement des albuminoïdes alimentaires, substance qui normalement est assimilée par la cellule hépatique, et restituée, en perdant de l'eau, sous forme d'urée.

L 'action anti toxique du sérum sanguin, récemment découverte par Behring, se juxtapose à celle du foie; cette action, qui se manifeste contre les toxines des microbes pathogènes, les venins, etc., et que la vaccination augmente et fortifie, résulte très vraisemblablement des sécrétions fonctionnelles (substances R) de tous les tissus; mais on ignore la nature exacte et le mécanisme de ces sécrétions, qui agissent comme antagonistes des poisons (antitoxines) et semblent se produire d'autant plus abondamment que la quantité des toxines est plus considérable.

Le pancréas produit, en outre des ferments digestifs, un ferment qui a la propriété de détruire le surplus du sucre produit par l'organisme qui n'est ni transformé en giycogène, ni brûlé par l'oxygène respiratoire. C'est dans le sang queLépine et Barrai ont tout d'abord trouvé le ferment glycolytique, mais ils pensent qu'il a son origine dans le pancréas, car l'ablation totale du pancréas fait immédiatement apparaître, comme l'ont montré Von Mering et Minkowsky, une glycosurie intense;

en outre, le ferment glycolytique se montre moins abondant chez les diabétiques ou les animaux rendus artificiellement glycosuriques ; enfin une faible partie du pancréas, laissée en place ou greffée sous la peau, suffit à empêcher la glycosurie et par conséquent à maintenir la destruction du sucre.

Quelle est Forigine de ce ferment, qui n'a d'ailleurs pas pu encore être isolé du pancréas ? Nous l'ignorons. S'il est réellement le produit de la sécrétion interne de cette glande, on peut admettre qu'il représente une sécrétion fonctionnelle, c'est-à-dire une substance R, résultant de l'activité des cellules pancréatiques. En effet, l'expérience clinique apprend que, dans le diabète maigre, avec lésions du pancréas, l'énorme glycosurie n'apparaît que progressivement et au fur et à mesure que la glande s'altère davantage. D'autre part, les animaux chez lesquels on provoque une dégénérescence du pancréas, ne présentent pas tout de suite de glycosurie, sans doute parce qu'à la première période, les cellule^ intactes peuvent encore produire un ferment, qui cesse de paraître aussitôt que la dégénérescence atteint ces cellules.

Les fonctions de la rate semblent multiples, mais sont encore mal connues. Sans parler ici de son rôle dans la circulation abdominale, dans la formation des leucocytes, dans la destruction et la formation des globules rouges, dans la production, soutenue par Schiff et par Herzen, des tryptogènes, et dans celle de l'urée, admise par Horbaczewski, nous ferons seulement remarquer que son ablation, d'une part, comme Ta montré Stinstra, permet aux animaux de mieux supporter l'inanition, car il y a destruction moins active des hématies, et, d'autre part, paraît diminuer les qualités bactéricides du sérum sanguin, puisque le vaccin du tétanos notamment reste inefficace chez les animaux dératés.

Les sécrétions du corps thyroïde paraissent aussi antitoxiques, car l'ablation totale de cette glande détermine la maladie décrite par Ord sous le nom de myxœdème, maladie qui résulte bien des sécrétions que cette glande verse dans le sang. Gley, en effet, en injectant à des animaux sains le sérum d'animaux

hyroïdectomisés, a déterminé les accidents du myxœdèmo (lassitude, gonflement des membres, etc.), tandis que Tinjection du liquide thyroïdien a fait cesser, comme l'a montré Gharrin, chez des animaux atteints de myxœdème par thyroïdectomie, les symptômes d'intoxication. Il semble résulter de ces expériences que la glande thyroïde sécrète, à l'état d'activité, des substances R capables de détruire les poisons produits par l'organisme lui-même et de rendre les éléments nerveux réfractaires à l'action de ces poisons.

Les capsules surrénales jouent probablement un rôle analogue à celui du corps thyroïde, car les expériences de Brown-Sequart ont montré que l'ablation de ces capsules entraîne la mort rapide et une augmentation du pigment dans le sang (maladie bronzée ou d'Addison). Or, Abelous et Langlois ont vu que le sang d'animaux privés de capsules détermine, en injection, des accidents curariformes. Ils en ont conclu que les capsules surrénales sécrètent des substances qui modifient ou détruisent les poisons musculaires (substances R des muscles). Tant que ces glandes existent, les accidents toxiques ne peuvent se produire. Si elles sont détruites, l'accumulation de ces substances R empoisonne les muscles. Il est probable que la perturbation de la distribution du pigment, qui accompagne les lésions des capsules surrénales, est un effet des poisons musculaires accumulés dans l'organisme.

Il ne s'ensuit pas né.cessairement que, comme on l'a dit, les capsules surrénales, en détruisant les toxines musculaires, préparent un champ d'évolution favorable aux bactéries pathogènes, bien que leur ablation semble permettre une plus longue résistance au virus pyocyanique, car la survie des animaux décapsulés tend à indiquer que des capsules accessoires (que l'on a trouvées quelquefois) peuvent suppléer aux fonctions des vraies capsules absentes.

En résumé, presque toutes les glandes à sécrétion interne et à rôle défensif semblent donner leurs produits spécifiques sous l'influence de la vie élémentaire m.anifestée de leurs éléments, c'est-à-dire que ces produits sont des substances R. Il

ne paraît pas en être de même, au moins d'après ce que nous savons actuellement, des produits des glandes à sécrétion externe, que ces produits aient un rôle défensif et protecteur (glandes sébacées, glandes à venin) ou nutritif (glandes digestives). Les substances élaborées résultent, en effet, comme nous l'avons montré pour les glandes sous-maxillaires, de la condition n*^ 2, c'est-à-dire de la destruction partielle ou totale des matières plastiques de l'élément glandulaire. Cette destruction, au reste, n'a rien d'absolu; elle dérive uniquement de l'observation microscopique, qui nous montre, dans les périodes de repos, le protoplasma des cellules des glandes à sécrétion externe se désorganisant en donnant naissance à des matières d'excrétion tout à fait comparables aux produits de dégénérescence des mérozoïtes sans noyau, tandis qu'on ne signalejusqu'à présent rien de semblable dans les éléments des glandes à sécrétion interne, qui ne donnent pas lieu, au moment de l'excitation, quand ces éléments sont directement innervés, à une décharge excrétrice. Il est donc impossible d'admettre l'interprétation de Van Gehuchten, qui veut que la période de repos pendant laquelle l'élément glandulaire accumule les matériaux d'élimination corresponde à sa période de nutrition ou d'assimilation, puisque les phénomènes physiques (production de chaleur, d'électricité) et chimiques (consommation d'oxygène), qui accompagnent nécessairement l'assimilation et les réactions qui la constituent, font défaut pendant le repos et l'accumulation des produits d'excrétion, tandis qu'ils se produisent au moment du passage de l'influx nerveux. Manifestement, dans ce cas, et contrairement à l'opinion généralement admise, les sécrétions sont des produits de destruction et non de l'activité fonctionnelle.

3<} Excrétions.

De même que l'élément anatomique élimine les substances R qui résultent de son fonctionnement et les produits de destruction partielle qui résultent de son état de repos, ainsi le

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corps des êtres complexes rejette au dehors ses déchets, ses excréments, c'est-à-dire, et les substances R, et les produits de destruction, transformés ou non. Mais dans cette élimination, comme dans la sécrétion glandulaire, il convient, en dehors de toute interprétation, de distinguer deux temps : le temps de la sécrétion, qui correspond à la période au cours de laquelle le produit spécifique s'élabore (mucine, venin, urine, sueur, etc.), et le temps de l'excrétion, qui correspond à la période où les matières élaborées sont rejetées dans le milieu ambiant (interne pour les éléments anatomiques, externe pour les organismes). On désigne d'habitude sous le nom d'excrétions les phénomènes qui aboutissent, chez les êtres complexes, à cette éhmination au dehors, et l'on appelle excréta les matériaux ainsi éliminés.

La nature et la quantité de ces excréta, à propos desquels nous avons déjà fourni quelques notions (p. 232 et Rations alimentaires, passim), ne donnent que des indications fort incertaines sur le fonctionnement des organismes complexes, et pour deux raisons : d'abord, nous ignorons encore quelles transformations successives subissent les substances R des divers plastides actifs et les produits de destruction des plastides au repos; en second lieu, toutes les substances R ne sont pas, comme nous le savons, éliminables, non plus probablement que certains matériaux de destruction qui ont une tendance à se fixer {tophi, par exemple). Chez les plantes mêmes, la plupart des matières d'excrétion restent incluses dans les tissus qu'elles mortifient plus ou moins.

Toutefois la comparaison, chez les vertébrés supérieurs, des excréta aux différents âges et à l'état normal et pathologique, montre que les matériaux de déchet varient plus avec l'ampleur du fonctionnement ou ses altérations qu'avec son ralentissement, car, dans le repos, les plastides qui dégénèrent forment des réserves dont l'utilisation n'est pas immédiate et dont les déchets, en conséquence, ne figurent pas dans les excréta. Il faudrait donc, pour tirer des ihdications précises des excrétions, connaître aussi la masse morte de l'individu.

c'est-à-dire la nature et le poids des substances R non éliminables et des produits de destruction (masse adipeuse, par exemple) qu'il renferme, et en suivre le rapport avec les matières plastiques aux différents âg"es et aux diverses conditions de la vie. Mais ce calcul est impossible à faire sur le vivant, et tout ce qu'on peut obtenir, c'est le poids moyen, pour un adulte, des différents excréta par kilogramme du corps.

Le rapport ainsi établi varie d'ailleurs avec Tâge ; car, pendant la jeunesse ou période de croissance, l'assimilation l'emporte nécessairement sur la désassimilation ; pendant la maturité ou période d'équilibre, elles se compensent sensiblement, tandis que pendant la vieillesse la désassimilation devient prédominante, surtout si l'on fait entrer en compte les substances R non éliminables. Ce rapport varie encore non seulement au cours du développement de certains animaux (métamorphoses) dans lequel des phénomènes histolytiques interviennent, suivis, il est vrai, d'histogenèse, mais aussi dans la maladie franche (que compense, en cas de guérison, Is, convalescence et son activité fonctionnelle) et dans la misère physiologique, l'inanisation, les alimentations exclusives et l'inanition.

Relativement aux causes de variations physiologiques des excrétions, les recherches sur l'inanition ont fourni des notions précieuses. Le diagramme ci-contre (fig. 18), établi d'après les chiffres de Bidder et Schmidt, donne la progression journahère de la perte de poids total et de la perte d'urée d'un chat inanisé. De ce diagramme et des chiffres qui y correspondent *, on peut tirer les indications suivantes : d'abord l'excrétion de l'urée diminue beaucoup plus que celle de l'acide carbonique, d'où l'on peut naturellement induire que la destruction de la graisse est plus considérable que celle des albuminoïdes. La quantité de graisse détruite journellement est relativement constante, tandis que la proportion de matières albuminoïdes détruites diminue de plus en plus ; elle semble, du reste, accélérée par l'ingestion d'eau. Des recherches, faites parZuntz

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