Langlois et de VîArigny, op. ci7., p
les accidents urémiques, car d'ailleurs les oiseaux, qui n'ont pas d\irée, peuvent devenir urémiques. Comme Turémie est la rétention non seulement de l'urée, mais de l'urine tout entière, Frerichs et Stannius attribuent les accidents urémiques à Vammo7iiémie, c'est-à-dire à la présence dans le sang de carbonate d'ammoniaque. Les sels d'ammoniaque sont en effet très toxiques, et les symptômes urémiques offrent une grande analogie avec ceux de l'empoisonnementparl'ammoniaque.Lauder Bruton attribue cependant l'urémie à l'accumulation d'un corps voisin de l'acide oxalique, VoxaUthylène. Il semble, en définitive, que l'intoxication urinaire soit due surtout aux toxines diverses qu'elle contient, peut-être aux poisons musculaires, comme nous le verrons plus loin, et non à l'urée qui paraît inoffensive.
L'acide urique n'existe guère, dans l'urine de l'homme et des carnivores, que sous forme d'm^ates. Mais chez d'autres animaux, les oiseaux, les reptiles, les myriapodes, les insectes et certains gastéropodes pulmonés, d'après Marchai, il joue un rôle très important, car il remplace l'urée. Enfin il n'existe pas chez les herbivores, où l'acide hippurique se substitue à lui. Il ne semble pas y avoir de parallélisme entre la production de l'urée et celle de l'acide urique. La production de ce dernier paraît liée surtout à l'activité de la peau et à l'intégrité de ses fonctions. C'est surtout quand la peau fonctionne peu ou mal qu'il se produit en abondance, comme chez les oiseaux et certains reptiles d'une part, les rhumatisants et goutteux d'autre part. Chez les oiseaux, où l'activité respiratoire est intense, il ne se produit que de l'acide urique et l'urée qu'on leur injecte est transformée en acide urique. Il y a là sans doute intervention d'un .processus spécial et encore obscur, qui doit en outre expliquer la tendance à l'accumulation de l'acide urique dans le sang et les tissus chez les rhumatisants, goutteux, arthritiques, etc. Suivant Liebig, l'urine du chien renferme, en outre de l'acide urique, l'acide cynurénique (G^^H^^Az^O* + H^ 0).
L'acide hippurique est très abondan^chez les herbivores, où il représente le principal produit de désassimilation des ma-
tières azotées. Il paraît dériver de leur alimentation végétale, qui fournit l'acide benzoïque, lequel, en s'unissant au glycocolle, donne de l'acide hippurique. Cette combinaison semble se faire surtout dans le rein, d'après Bunge et Schmiedeberg. Cependant la grenouille et le lapin fabriquent encore de l'acide hippurique, malgré l'extirpation des reins. D'autre part, le rein frais, broyé avec de la glycérine, donne par extraction un ferment soluble qui jouit de la propriété de dédoubler l'acide hippurique en ses deux éléments constitutifs.
Nous ne dirons rien de particulier des autres éléments de l'urine, xanthine, hypoxanthine, guanine, acide phénol-sulfurique, acide succinique, acide oxalurique, acide salicylurique, acide oxalique, pyrocatéchine, scatol, indol, etc., ni des pigments urinaires, urochrome qui dérive de la bihrubine et par conséquent de l'hémoglobine, et indican ou acide indoxylsulfurique, etc., et, pour terminer ce qui a trait à l'élimination urinaire, nous nous contenterons de dire quelques mots de la toxicité de l'urine.
Cette toxicité se traduit par les accidents urémiques, rétrécissement de la pupille, puis désordres nerveux, coma ou attaques convulsives. Cette toxicité varie avec les espèces et augmente dans la maladie; elle varie aussi avec le moment, car les urines de la nuit sont convulsivantes, celles du jour, narcotiques. D'après Féré, l'urine convulsivante des épileptiques est treize fois plus toxique avant l'accès qu'après. Bouchard appelle urotoxie la quantité d'urine injectée qui tue 1 kilogramme de corps vivant, et coefficient urotoxique la quantité d'urotoxies donnée par l'unité de poids, dans l'unité de temps. Par kilogramme, l'homme élimine, en vingt-quatre heures, une quantité de poison urinaire capable de tuer 465 grammes de matière vivante.
Les matières qui déterminent la toxicité de l'urine ne sont pas encore bien connues, puisque l'urée paraît inoffensive. Charrin et Roger attribuent cette toxicité aux sels de potasse; cependant l'urine décolorée, contenant presque tous les sels de potasse, est moins toxique. C'est pourquoi Bosc et Mairet
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rejettent la toxicité sur les matières colorantes. Mais il est probable qu'il faut surtout faire intervenir, comme le pensent Bouchard et A. Gautier, des bases azotées comme celles que Griffiths a trouvées dans l'urine des épileptiques, et Aducco dans Turine normale. Dès 1880, du reste, G. Pouchet avait signalé, dans l'urine, l'existence d'un curarisant toxique, voisin du venin de Copra capello. La toxicité de l'urine explique, sans qu'il soit besoin d'y insister, la nécessité de son élimination rapide et par conséquecit la différenciation de la fonction urinaire.
L'excrétion sudorale n'existe que chez un petit nombre d'animaux; certains mammifères, comme le chien, en sont dépourvus ; mais là où elle existe, elle semble avoir un rôle compensateur important.
Les glandes qui produisent la sueur sont constituées, dans la partie pelotonnée, par un épithélium à cellules cylindriques nucléées, entouré d'un réseau capillaire, comparable, comme l'a montré Brûcke, à celui du glomérule de Malpighi, pourvu de lymphatiques, très abondants dans le tissu cellulaire souscutané, et innervé par des nerfs excito-sécréteurs, indépendants des vaso-dilatateurs, comme le montre le phénomène des sueurs froides, coïncidant avec la pâleur de la peau (peur, agonie). D'après Ranvier, les glandes sudoripares sont mérocrines et ne subissent, en conséquence, que la fonte partielle; la production de sueur ne serait ainsi qu'une simple filtration ; mais cette dernière manière de voir n'est guère acceptable, et il est probable qu'il faut faire intervenir des phénomènes analogues à ceux qui aboutissent aux sécrétions muqueuses et sous -maxillaires.
La production de sueur est constante {sdiuî anhydr ose), mais elle donne heu tantôt à une transpiration insensible, tantôt à une vraie sudation. A cet égard, l'état hygrométrique de l'air joue un rôle, car cet état favorise ou empêche l'évaporation, et dans ce dernier cas diminue la réfrigération conséquente. D'ailleurs, l'excrétion sudorale augmente avec la température et l'évaporation avec la rapidité du renouvellement de. l'air.
Mais le travail musculaire, rexhaiation pulmonaire, l'hydratation du sang- et la sécrétion urinaire agissent aussi. C'est pourquoi on urine moins en été qu'en hiver, car la sueur, tendant surtout à la régulation de la température par évaporation, emploie nécessairement plus d'eau quand la chaleur est forte que quand elle est faible. L'exhalation pulmonaire agit dans le même sens chez les animaux dépourvus de glandes sudoripares. C'est ainsi que le chien se refroidit par l'accélération de la respiration, par polypnée (Ch. Richet), qui favorise l'élimination de la vapeur d'eau par les poumons. La suppléance de la fonction urinaire par la fonction sudorale a des avantages sérieux, si l'on remarque que certains produits excrémentitiels, comme l'urée et les uréides, peuvent s'éliminer par la peau dans une proportion notable. Enfin, il y a encore un certain balancement entre la sécrétion sudorale et l'éUmination par l'intestin. La constipation est assez fréquente quand la sudation est forte, et la suppression des sueurs des tuberculeux paraît amener un accroissement de l'excrétion fécale. D'après Trumpy et Luchsinger, la sueur a une réaction alcaline, mais elle est souvent acide par suite de la décomposition de la matière sébacée ; elle est incolore, légèrement trouble et a une saveur salée; son odeur est due à des acides gras volatils, variables avec les espèces, les individus et les régions de la peau, variables aussi avec les maladies, l'emploi de certains aliments ou de certains médicaments. Elle renferme, en moyenne, 98,8 pour 100 d'eau, 0,9 de matières organiques et 0,3 de matières minérales. Parmi les matières organiques, il faut mentionner les graisses neutres (palmitine, stéarine) en petite quantité (sueur de la paume de la main), la cholestérine, des acides gras volatils (acides acétique, lactique, butyrique, propionique, caproïque, formique), des traces d'albumine (caséine), de l'urée (0,1 pour 100, d'après Picard), des traces d'acides sulfoconjugués et d'oxacides, d'après Kast, d'acide urique, d'après Tischborne. Quand il y a anurie, comme dans le choléra, accompagnée de sueurs morbides, l'urée apparaît en si grande abondance qu'elle cristallise à la surface de la
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peau, comme Ta constaté Schottin. Parmi les substances minérales, il faut citer le chlorure de sodium (0,2 pour 100), le chlorure de potassium (0,02 pour 100), les sulfates (0,01 pour 100), des traces de phosphates terreux et de phosphate de sodium. La sueur renferme aussi de l'acide carbonique et une petite quantité d'azote ^
Diverses substances organiques et minérales sont éliminées parla sueur: l'arsenic, le mercure, les acides benzoïque,cinnamique, tartrique, succinique, la quinine, l'ipéca, les éthers,etc. D'autres, les sudorifiques^ déterminent la production de la sueur par excitation des nerfs excito-sudoraux, comme la pilocarpine (qui ne passe cependant pas dans la sueur), la strychnine, la nicotine. L'atropine et la morphine à hautes doses produisent l'effet contraire.
La sueur est-elle toxique ? Les expériences de Rohrig et de Cl. Bernard semblent le prouver, de même que les accidents provoqués par le vernissage des animaux. Mais à quelle cause est due cette toxicité, que n'explique pas suffisamment — sauf dans certaines sueurs morbides — sa composition chimique? Cl. Bernard l'attribue à un commencement de décomposition. Bouley reporte les accidents du vernissage à un défaut d'élimination de CO^, et Franck au retentissement qu'il a sur les centres nerveux. Ce qu'il y a de certain, c'est que le vernissage provoque des lésions médullaires. lesquelles déterminent une moindre production de chaleur, d'où l'hypothermie considérable notée par les observateurs^.
Les glandes sébacées se rencontrent sur toute la surface de la peau, à l'exception de la paume des mains et de la plante des pieds; elles sont, la plupart du temps, en relation avec le follicule pileux. Le cérumen du conduit auditif externe, le smegma préputial, le vernix caseosa du fœtus, sont des substances sébacées; les glandes à musc, à castoreum, les glandes du croupion des oiseaux, etc., sont aussi des glandes sébacées diffé-