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Gautier, Chimie de la cellule vivante, p

2. Cf. Y. Delage, la structure du Protoplasma, et les théories sur VHérédité et les grands Problèmes de la biologie générale, p. 22 et suiv,, 1895.

il est composé, la pîastine ^ semble seule caractéristique du protoplasma. C'est une substance qui précipite dans Tacide acétique dilué et qui se colore mieux par les couleurs d'aniline acides que par les basiques. Le noyau est encore plus compliqué. On y distingue en effet la nucléine ou chromatine, ainsi nommée à cause de sa facile coloration. Suivant H. Fol, cette chromatine se comporte en général comme un corps faiblement cristallin vis-à-vis des matières tinctoriales qu'elle fixe. On la considère aujourd'hui comme formée, au point de vue chimique, de nucléine, d'un peu de lécithine et de cholestérine, unies à un complexus riche en phosphore auquel Miescher a donné le nom d'acide nucléique (G'^H^^Az^P^O^^). Cet acide nucléique est probablement combiné aux divers albuminoïdes du cytoplasma. La paranucléine ou pyrénine est également une matière protéique qui constitue les nucléoles vrais; elle résiste mieux que la chromatine aux réactifs et ne se colore qu'avec les solutions tinctoriales ammoniacales. La liiiine (Schwartz) constitue les filaments et la charpente nucléaires; elle se rapproche beaucoup de la pîastine, et se distingue par ses réactions de la nucléine qui se trouve accolée contre son réseau sous forme de granulations. Vamphipyrénine de Zacharias forme la membrane nucléaire ; sa consistance, notamment dans les cellules germinatives des amphibiens, est assez considérable ; elle est sans doute analogue à la membrane du cytoplasma. Enfin le suc nucléaire, plus ou moins abondant, joue dans le noyau le même rôle que le suc cellulaire dans le protoplasma. Il paraît contenir diverses substances en solution, notamment un albuminate auquel Zacharias a donné le nom de paralinlne.

Ces diverses appellations : linine, pyrénine ou achromatine, etc., n'ont pour le moment, sauf peut-être la chromatine et la pîastine, aucune signification chimique précise. Elles expriment seulement que telle substance, désignée de tel nom,

1. Zacharias, Ueber Eiweiss, Nuclein und Plaslin. {Bot. Zeitung, 1883.)

est reconnaissable à tel aspect microscopique, à telle manière de se comporter en présence de tel réactif ou de telle et telle matière tinctoriale. Il faut bien avouer cependant que c'est là seulement la conclusion de l'heure présente, car si ces différentes substances se comportent diversement en présence du même réactif, c'est qu'il y a entre elles quelque différence chimique qui nous échappe encore dans sa véritable signification. Ces matières représentent donc sans doute plus que des individualités morphologiques, des individuahtés chimiques dont nous avons été jusqu'ici impuissants à relever les faibles différences.

Néanmoins, grâce à des actions destructives ménagées, il est possible d'isoler les principales unités chimiques qui entrent dans le complexus moléculaire du protoplasma, unités douées d'ailleurs elles-mêmes d'une grande complexité et qui vraisemblablement, dans ]a matière vivante, sont liées les unes aux autres pour ne former qu'un tout solidaire. Voici les principales unités chimiques : *

1° Les nucléo-albumines, solubles dans le suc gastrique qui les dédoublent en peptones et en acide nucléique qui se précipite ; elles forment les fibrilles, les réseaux et les granulations, et ne se rencontrent qu'en petite quantité. Nous verrons plus loin, en parlant des éléments des corps vivants, leur constitution chimique, ainsi que celle des autres substances que nous énumérons ici.

2° Les globuhnes, matières protéiques non phosphorées, insolubles dans feau pure, mais solubles dans les solutions salines à 5 ou 10 pour 100. Elles se montrent en quantité plus considérable que les précédentes et forment surtout le cytoplasma.

3" La kératine, matière albumoïde sulfurée mais non phosphorée, formant la membrane vitelline de certains œufs. Les autres membranes cellulaires sont constituées par une matière analogue chez les animaux et par la cellulose chez les végétaux {substances R, p. 14j.

4'' La lécithine, graisse riche en phosphore.

5° La cholestérine, alcool monoatomique.

6° Des chlorures et des phosphates de potassium, de sodium, de magnésium et de calcium.

7° Du fer en combinaison organique probablement avec les nucléo-albumines.

8° Enfin de Teau (70 à 75 pour 100 environ).

Quelque confuse que soit en apparence cette constitution, elle se simplifie cependant beaucoup si l'on adopte la manière de voir que Kossel surtout^, puis Zacharias, Altmann et d'autres ont cherché à faire prévaloir. D'après ces auteurs, la matière fondamentale réellement vivante du proto plasma et du noyau ne serait qu'une combinaison variable des diverses substances albuminoïdes — non phosphorées — avec l'acide nucléique. Cet acide nucléique est surtout abondant dans la tête des spermatozoïdes et dans les nucléines et chromatines qui ne sont qu'une combinaison de cet acide avec des matières protéiques; il est moins abondant dans la plastine, la linine, la pyrénine, surtout dans les nucléo-albumines, et manque enfin dans les globulines. Si l'on rapproche cette composition du rôle que jouent, dans la vie cellulaire, ces différentes substances, on s'aperçoit que leur importance biologique croît avec leur richesse en phosphore. Mais, comme l'a fait remarquer A. Danilewsky*, il ne faut pas confondre ce phosphore vivant avec le phosphore des lécithines, cholestérines, sels minéraux, que l'on rencontre dans le protoplasma et le noyau. Ce dernier est en effet purement additionnel et ne saurait être considéré comme faisant partie intégrante de la molécule vivante.

D'après Kossel, le phosphore de l'acide nucléique se trouve à l'état d'acide phosphorique ; il s'ensuit que la présence de l'acide nucléique confère aux matières avec lesquelles il est uni une réaction acide. C'est ainsi que, dans sa totalité, le noyau

1 . Kossel, Zur Chemie der Zellkerns. {Hopp. SeyWs Zeit. f. Physiol. Chemie, 1882.)

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