‹ La physiologie généraleChapitre 21 sur 218 · Cf. loc. cit., p · texte numérisé non relu

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toplasma, et cette division du travail est évidemment la conséquence de Taccroissement des fonctions moléculaires. Il y a donc eu aussi accommodation aux conditions extérieures, accommodation qui se traduit par l'entrée en combinaison, dans le complexus, d'un groupe atomique nouveau dont les fonctions font équilibre aux tensions extérieures. C'est ainsi que le groupe aromatique, par exemple, est entré dans le complexus albumoïde qu'il a transformé en complexus albuminoïde. Telle est donc l'origine des phénomènes adaptatifs que manifeste le protoplasma des êtres vivants. Mais il faut bien remarquer qu'il y a là un pur phénomène chimique, sans aucune spontanéité, puisque la molécule ne choisit pas d'elle-même dans le miheu ambiant, ni n'y rejette le groupe atomique dont il s'agit. C'est une question d'équilibre chimique, et nous y trouvons une nouvelle preuve de ce principe que l'activité vitale est toujours provoquée, jamais spontanée.

De cette théorie de l'adaptation chimique, Danilewsky tire d'importantes conséquences pour l'explication des phénomènes héréditaires. Il faut d'abord remarquer que toutes les fractions du complexus ne s'adaptent pas également aux variations ambiantes, en raison du degré plus ou moins avancé de leur complexité, et, par conséquent, de leur facilité à réagir. C'est ainsi que les albumines et les globuhnes se montrent toujours plus riches en groupes variables que les nucléo-albumines et les nucléines; on peut donc supposer que les premières s'adaptent plus aisément que les autres. Par ce que nous avons vu précédemment, à propos des théories de Kossel, de Zacharias et d'Altmann, les nucléines sont, en effet, moins complexes que les albumines; ces nucléines subissent donc moins vite l'action du milieu, réagissent plus lentement que les albumines ; il en est naturellement de même pour le phénomène inverse, pour ce qu'on pourrait appeler la désadaptation, mot qui, après ce que nous venons de dire, aun sens précis, puisqu'il signifie que le complexus perd le groupe atomique qu'il avait acquis sous l'influence des actions extérieures. Or, la nucléine constitue la partie essentielle du noyau et spécialement de celui

des spermatozoïdes. Nous verrons plus loin, en parlant des théories de Thérédité, que chacune des cellules qui constituent le jeune être contient une parcelle de ce noyau, et, par conséquent, une parcelle de la nucléine ancestrale et palernclle. Chaque masse protoplasmique aura donc dans son complexus une molécule qui s'est adaptée à certaines conditions, et, comme toute la masse protoplasmique jouit, ainsi que nous l'avons dit, d'une individualité chimique véritable, cette masse tout entière réagira conformément au mode vibratoire de la molécule ancestrale, autrement dit en subira l'influence et la manifestera d'une façon plus ou moins sensible. Telle serait l'origine des variations transmises par l'hérédité.

La question si importante de l'immunité acquise et héréditaire reçoit, des considérations précédentes, quelques précieux éclaircissements. En effet, l'évolution progressive que la molécule albuminoïde manifeste des bactéries à l'homme peut nous laisser supposer que cette molécule est encore apte à recevoir de nouveaux groupes atomiques qui lui conféreront de nouvelles propriétés. Danilewsky considère , en conséquence, comme probable, l'hypothèse que raccommodalion aux poisons, aux virus, aux toxines des microbes pathogènes, etc., consiste dans l'admission de la matière toxique dans le protoplasma d'abord, puis dans la molécule albuminoïde fondamentale. « Ces derniers (protoplasma et albumine) ne peuvent se comporter indifféremment vis-à-vis des groupes atomiques toxiques que lorsque le même groupe fait partie organique intégrante du complexus. Dans ce cas, les fonctions moléculaires des complexus protoplasmique et albumineux deviennent isoto?iiques avec celles de la substance toxique, et cette dernière ne peut pas plus provoquer de perturbations dans ledit complexus que dans les molécules de sa propre substance K »

Telle est, dans ses traits essentiels, la théorie de Danilewsky. Par elle, nous entrevoyons le mécanisme des fonctions chimiques multiples que la substance fondamentale du proto-

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