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M. Duval, Précis d'histologie, p. 921 et suiv

fums absorbent énergiquement la chaleur rayonnante, comme Va montré Tyndall, et, en second lien, que la couleur, ainsi que l'a indiqué Stark, influe sur la facilité avec laquelle les corps s'imprègnent d'odeur. Les corps noirs sont les plus facilement Imprégnables, puis viennent les bleus, les verts, les rouges, les jaunes et enfin les blancs.

En résumé, le neurone périphérique est partout en contiguïté directe avec l'élément non nerveux périphérique ; mais les dispositions de cette contiguïté diffèrent, d'une part, par la nature du prolongement nerveux qui l'établit, d'autre part, par la position du corps cellulaire de ce neurone. En effet, toutes les terminaisons musculaires, glandulaires, etc., sont réalisées par les prolongements cylindraxiles des neurones moteurs périphériques, toutes les terminaisons des éléments sensoriels par les prolongements protoplasmiques des neurones sensiti's périphériques. En outre, dans le premier cas, la place du corps cellulaire est invariablement dans la corne antérieure de la moelle, tandis que, dans le second, elle varie, étant tantôt dans les ganglions spinaux (sensibihté générale, goût), tantôt dans un plexus plus ou moins voisin de la surface impressionnable (ouïe, vue), tantôt enfin parmi les éléments mêmes de cette surface (odorat). Cette marche du neurone périphérique vers l'extérieur est accompagnée d'une marche dans le même sens du neurone central, dans l'organe olfactif et surtout dans l'organe visuel. Enfin, l'élément épithélial se modifie lui-même et, de l'état de cellule peu ou pas différenciée, il passe à l'état de rudiment, de bâtonnet ou de cil (cellules olfactives). Mais toutes ces modifications, différenciation de l'élément épithéhal, déplacement du corps cellulaire du neurone, ne sont que des faits d'adaptation à un ébranlement moléculaire défini, qui n'altèrent en rien les rapports de contiguïté directe existant entre les éléments histologiques non nerveux et le^ neurones périphériques.

B. Connexions des neurones entre eux. — Les connexions des éléments histologiques et des neurones n'établissent qu'une synergie limitée, comme on l'observe dans le fonctionnement

des cœlentérés pourvus de ces plastides épithélio-neuro-musculaires que les frères Hertwig ont signalés (p. 474). Pour que la synergie soit complète, il faut que tout neurone périphérique, innervant des éléments d'une nature déterminée, soit en relation avec un autre ou avec plusieurs autres neurones à connexions multiples, de telle sorte que Timpression venue de l'extérieur puisse retentir sur un grand nombre d'organes et en déterminer l'accord fonctionnel. Tous les actes seront ainsi coordonnés et aboutiront nécessairement au balancement organique, qui n'est que l'expression morphologique de la synergie. Grâce à la méthode de Golgi, on a pu mettre en évidence les relations des neurones entre eux et montrer qu'elles étaient analogues à celles des neurones et des éléments non nerveux, c'est-à-dire qu'elles s'établissent par contiguïté directe, avec cette disposition particulière que, les prolongements des neurones étant doués de mouvements amiboïdes, ces relations ne sont pas fixes, mais peuvent constamment se restreindre ou s'accroître.

La chaîne de neurones la plus simple est celle qui constitue y arc réflexe. Abstraction faite de l'élément sensoriel et de l'élément musculaire ou glandulaire, cet arc est, en effet, composé de deux neurones, le neurone sensitif périphérique et le neurone moteur périphérique. Le premier a son corps cellulaire dans le ganghon spinal et son prolongement cylindraxile, après avoir formé la racine postérieure, vient se terminer dans la corne postérieure de la moelle où il se met en contiguïté avec les arborisations protoplasmiques du second, qui a son corps cellulaire dans la corne antérieure de la moelle (cellule motrice de la corne antérieure) et dont le cylindraxe se trouve dans la racine antérieure. Mais cette chaîne, la plus simple possible, se complique presque toujours, attendu que le prolongement cyhndraxile du neurone sensitif périphérique n'est pas simple ; il se bifurque un grand nombre de fois (fig. 26) et donne naissance à autant de collatérales, dont les bouquets terminaux se mettent chacun en contiguïté avec un neurone moteur périphérique, de telle façon que l'influx venu par le

neurone sensitif (S, fig*. 26} peut se communiquer à un grand nombre de cellules motrices de la corne antérieure et mettre, par conséquent, en activité tout un groupe de muscles. Ce n'est pas tout. Le cylindraxe du neurone sensitif périphérique, qui envoie toutes ces collatérales, peut continuer k monter dans les cordons blancs postérieurs de la moelle et ne se terminer que dans les noyaux de Goll (substance grise du bulbe). Là, il s'articule, par contiguïté, avec les arborisations protoplasmiques des noyaux de Goll (fig. 27, f , qui sont les corps cellulaires des neurones sensitifs centraux. Ces noyaux émettent, à leur tour, un cylindraxe, g, qui, après avoir pénétré dans la partie blanche du bulbe, passe dans la moitié opposée et atteint Técorce grise de Thémisphère cérébral, où il se résout en fibrilles terminales.

Ces fibrilles s'articulent avec les arborisations protoplasmiques de grosses cellules, dites cellules pyramidales (A, fig. 27), qui sont les corps cellulaires des neurones moteurs centraux. La cellule pjTamidale émet, à sa base, un long cylindraxe, a, qui descend dans le bulbe et s'y croise et, par les cordons blancs de la moelle, gagne la corne grise antérieure, où, à un niveau variable, il se résout en fibrilles terminales qui s'articulent enfin avec les arborisations protoplasmiques d'une cellule motrice de la corne antérieure. L'arc, que nous venons de décrire, a même point de départ et même point d'arrivée que l'arc réflexe médullaire, mais il est beaucoup plus complexe ; il comprend, en eff'et, quatre neurones, au heu de deux, et, dans chacun des neurones sensitifs périphérique et central et moteur central, on retrouve les connexions multiples, par collatérales, que nous avons signa-

Fig. 26.

lées dans la moelle à propos des terminaisons du neurone scnsitif périphérique. De ces connexions multiples, intéressant nécessairement de nombreux organes, la figure ci-contrc (fig. 27), empruntée à Cajal, ne donne qu'une idée grossière et incomplète, mais pourtant suffisante pour faire comprendre le mécanisme des actions synergétiques.

Ces deux formes de chaînes de neurones se retrouvent dans le sympathique. Les corps cellulaires des neurones de ce système sont, comme Font montré Cajal et Kôlliker, dans les ganglions du sympathique ; ils émettent, d'une part, des ai^ borisations protoplasmiques, d'autre part, un cylindraxe, qui devient fibres de Remak, et se termine dans un autre ganglion où il s'articule avec les arborisations protoplasmiques d'un autre neurone sympathique. Ces arborisations protoplasmiques peuvent également entrer en contiguïté avec les terminaisons cylindraxiles d'une fibre venue de la moelle (rami communicantes] ou du système nerveux central'.

Si comphquées que semblent ces chaînes de neurones, elles le sont, en réalité, beaucoup plus encore, attendu qu'il existe, dans chaque région du névraxe, des neurones d'associct^ tion qui mettent en connexion, comme leur nom l'indique, les divers neurones d'une même région. Nous n'examinerons ici que les principaux de ces neurones d'association.

Nous avons vu que, dans Tare réflexe, les prolongements cylindraxiles du neurone sensitif périphérique sont en connexion avec les arborisations protoplasmiques du neurone moteur périphérique. Mais cette connexion n'est pas directe. Il existe, en efîet, dans la substance grise de la moelle, d'autres neurones qui s'articulent, d'une part, par leurs arborisations, avec les neurones sensitifs, d'autre part, parleurs terminaisons (et collatérales), avec les neurones moteurs, de telle sorte que l'arc réflexe médullaire ne comprend plus deux, mais bien trois neurones. Ces troisièmes neurones, intermédiaires, sont les neurones d'association médullaires, lis présentent trois dis-

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