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Hédon, Précis de physiologie, p

la richesse de leurs arborisations (panaches). Bien qu'ayant la signification de neurones moteurs centraux, ces cellules se montrent, en tous les points de l'écorce cérébrale, mêlées aux neurones d'association cérébraux. Or, cette écorce possède des centres que l'on peut considérer comme fonctionnellement différenciés et qu'il est possible de grouper d'une manière très schématique en trois zones : la zone occipitale, qui renferme les centres de sensibilité ; la zone rolandique (sillon de Rolando), les centres moteurs, et la zone frontale, les centres psychiques. Mais il faut se hâter d'ajouter que cette division est approximative, que les localisations, sauf quelques-unes, sont loin d'être rigoureuses (Tamburini pense que les centres corticaux moteurs et sensoriels se pénètrent réciproquement) et que l'existence définie de centres spécialement psychiques n'est pas admise par tous les physiologistes.

Les centres moteurs (zone rolandique) paraissent les mieux établis, grâce aux recherches de Fritsch et Hitzig, puis de Terrier, par la méthode des excitations, et à celles de Broca, de Gharcot et de Pitres, par la méthode anatomique et chnique. On a ainsi pu localiser le centre moteur du membre inférieur à la partie supérieure du sillon de Rolando; celui du membre supérieur, à la partie moyenne ; celui de la face, à la partie inférieure ; celui des paupières, à la partie moyenne antérieure (extrémité de la scissure de Sylvius) des circonvolutions pariétales; celui de la nuque et du cou, à la partie postéro-supérieure de la première circonvolution frontale. Quant aux centres de Vaphasie et de Vagraphie, ils paraissent respectivement localisés en avant des centres moteurs du membre supérieur et de la face.

Ces centres, toutefois, ne peuvent être assimilés à des centres moteurs ordinaires, comme l'indique du reste ce fait, signalé jjar Fr. Franck et Pitres, que le temps perdu est beaucoup plus, considérable (3 à 10 centièmes de seconde) après l'excitation (le l'écorce qu'après celle des fibres blanches sous-jacentes. Aussi certains auteurs les considèrent-ils comme des surfaces sensibles influençant les vrais centres moteurs placés plus bas.

LE SYSTÈME NERVEUX. ;io7

Mais cette dernière interprétation ne paraît guère admissible, puisque la destruction de la zone motrice entraîne la paralysie motrice. Ces centres moteurs diffèrent surtout des autres en ce qu'ils sont en rapport avec la production des mouvements dits volontaires, mouvements caractérisés, comme nous le verrons plus loin, par ceci : que la multiplicité des combinaisons possibles des chaînes de neurones ne permet pas de les prévoir, tandis que les mouvements réflexes sont toujours les mêmes pour une impression donnée dans des conditions déterminées. Ce sont donc des centres psycho-moteurs, dont le temps de réaction est, en conséquence, plus long et accompagné d'épiphénomènes de conscience.

Certains centres corticaux de la sensibilité sont également assez bien délimités. Le èentre visuel est placé, d'après Munk, dans l'écorce du lobe occipital, ce qui était à prévoir, puisque les radiations optiques, issues des tubercules quadrijumeaux et de la couche optique, viennent, après avoir passé dans la partie postérieure de la capsule interne, s'épanouir dans l'écorce de ce lobe. D'après Déjerine, le centre visuel, dont la lésion détermine Vhémiopie (comme la section d'une bandelette optique ou l'ablation d'un tubercule antérieur), serait localisé dans la région du cuncus, c'est-à-dire à la face interne du lobe occipital. La cécité est la conséquence de la destruction des lobes occipitaux; mais quand cette destruction n'est pas complète, il paraît se produire, chez le chien au moins, ce que Munk a appelé la cécité psychique, c'est-à-dire que l'animal ne reconnaît plus les objets qu'il voit, et, par conséquent, n'en comprend plus la signification ; mais il peut, à la longue, réapprendre à reconnaître les objets. Des phénomènes de mémoire, sur lesquels nous reviendrons, interviennent donc ici. Les centres auditifs corticaux sont localisés dans les lobes temporaux, comme l'ont montré les expériences de Munk ; c'est là d'ailleurs que viennent s'épanouir, après avoir passé par la partie postérieure de la capsule interne, des libres issues des noyaux gris du bulbe, eux-mêmes en connexion avec les terminaisons du nerf auditif. Munk a signalé, chez le chien, une surdité psy-

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chique, analogue à la cécité psychique. De plus, d'après Ferrier, Texcitatioii du centre auditif, comme celle du centre visuel (surface du pli courbe), provoque des réactions motrices qui répondent peut-être à des sensations acoustiques ou optiques subjectives. Enfin, suivant Ferrier, les centreis olfactif et gustatif et ceux de la sensibilité tactile seraient placés dans la région de l'hippocampe, les premiers plus spécialement à l'extrémité antérieure de la circonvolution.

Les centres particulièrement intellectuels ont leur siège, comme tendent à le prouver les expériences de Ferrier sur les singes, dans l^s lobes frontaux. Mais cette localisation est encore des plus douteuses et s'il est certain que, par les neurones d'association cérébraux, les impressions transmises aux centres psycho-sensibles puissent passer dans les neurones corticaux du lobe frontal avant de se communiquer aux centres psycho-moteurs, il paraît bien que l'intervention des divers centres est nécessaire aux manifestations purement intellectuelles. Il n'y aurait donc pas, à proprement parler, de centres intellectuels, mais seulement des neurones d'association des images motrices (Broca). C'est du moins ce qui paraît résulter de l'étude de certains troubles, comme l'aphasie. Considérons, en effet, le mécanisme mis enjeu dans la répétition par la parole ou l'écriture d'un mot lu ou entendu. On peut résumer, avec Hédon ^ ce mécanisme de la manière suivante : u Les centres nerveux, auxquels aboutissent les fibres des nerfs optiques {a) et auditifs (a'), recevront l'impression venue de la périphérie et la transmettront aux centres corticaux psycho-optiques (6) et psycho-auditifs (6') ; ces derniers la communiqueront aux centres d'association des mouvements de la parole (c) et de l'écriture (c'y; ceux-ci agiront à leur tour sur les centres moteurs corticaux voisins (dd') qui sont en rapport avec les mouvements de la langue, des lèvres, du larynx ou de la main ; ces centres moteurs corticaux commanderont enfin aux centres moleurs proprement dits bulbaires ou

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