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LE SYSTÈMli NERVEUX. ;i59

médullaires des muscles intéressés dans l'action {ee'). » Ainsi conçue, la distribution de cette chaîne de neurones permet de comprendre les troubles divers qui résultent de toute interruption dans les connexions de cette chaîne. Si, par exemple, la lésion porte sur a ou sura', le sujet est aveugle ou sourd; si elle porte sur 6, il est atteint de cécUé verbale (forme de la cécité psychique); sur b% de surdité verbale (forme de la surdité psychique); si elle porte sure, il y a. aphasie (impossibilité de traduire la pensée par le langage articulé) ; sur c', il y a agraphie (impossibilité d'exprimer la pensée par récriture); si «lie porte sur dd', il y a paralysie d'origine corticale avec constu^vation des réflexes ; si elle porte enfin sur ee', il y a paralysie d'origine périphérique avec abolition des réflexes.

La complication du trajet que suit Finflux dans les neurones corticaux explique pourquoi les actes psychiques ne s'accomplissent qu'avec un temps perdu plus ou moins considérable, comme l'a démontré Donders. C'est le temps de réaction, variable avec la nature des impressions (1 septième de seconde pour le toucher, 1 sixième pour l'ouïe, 1 cinquième pour la vue) et avec l'individu [équation personnelle). Il faut remarquer que ce temps de réaction répond non seulement au temps que réclame l'influx pour parcourir la chaîne de neurones, supposés en contiguïté fixe, mais encore à celui que rend nécessaire rétablissement de cette contiguïté. Nous savons, en effet, d'abord que les prolongements protoplasmiques des neurones sont doués d'une certaine mobilité et sont positivement chimiotropiques pour les matières libérées par l'influx dans le neurone antécédent; et, en second lieu, que le chemin suivi par l'influx n'est pas tracé d'avance, puisque la réaction qui s'ensuit est dite volontaire précisément en raison de l'impossibilité de prévoir cette réaction, c'est-à-dire la chaîne de neurones intéressés. Le temps ainsi employé est ce qu'on appelle temps d'élaboration des actes psychiques.

Ce qui précède explique en outre que le temps de réaction puisse, par l'exercice, être réduit sans être jamais anauié, car, en vertu de l'assimilation fonctionnelle, tout chemin par-

couru par l'influx est consolidé du môme coup et si l'influx passe souvent, entraînant la condition n° 1 des neurones intéressés, le temps de réaction diminue, la contig-uïté tend à devenir permanente et l'acte, d'abord volontaire et conscient se transforme en acte machinal et instinctif. Mais ce n'est pas tout. La multiplicité des impressions entraîne ['activité d'un nombre de plus en plus grand de neurones, et bien que ces neurones cessent de bonne heure de se diviser, ils peuvent néanmoins, par l'assimilation fonctionnelle conséquente à l'excitation, développer leurs prolongements. Ils créent ainsi incessamment des combinaisons nouvelles de neurones, des chemins nouveaux à l'influx, dont quelques-uns, sans se fixer définitivement, sont néanmoins suivis de préférence par répétition d'impressions analogues (aptitudes). De là découle la faculté d'apprendre, V intelligence, c'est-à-dire « la possibilité de tracer, dans le système nerveux, un chemin no^iveau à un réflexe nouveau, par assimilation fonctionnelle ^

En résumé, les hémisphères cérébraux sont le siège de phénomènes d'une comphcation particulière, d'actions psychiques, dites volontaires, conscientes. Ces actions ne diffèrent des autres qu'en ce que la multiplicité des connexions que peuvent établir les neurones corticaux rend impossible à prévoir celles qui seront réalisées et par conséquent la réaction qui suivra, tandis que les actions réflexes, la chaîne des neurones qui les constituent étant fixe, ont toujours les mêmes réactions. Les actions psychiques sont donc des actions réflexes dont le trajet est infiniment varié et c'est dans le cerveau, par suite de sa constitution même, que le trajet nerveux revêt cette forme indéterminée pour nous en apparence. Il s'ensuit qu'en enlevant les hémisphères cérébraux, on supprime les actions psychiques sans supprimer les réflexes ni altérer les fonctions organiques qui en dépendent exclusivement. C'est ce qu'ont, en effet, démontré les expériences de Goltz. Les chiens auxquels cet auteur avait réussi à enlever presque

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