L(3 Dantec, le Dêtermi7iisme biologique, p. 6a
LE SYSTEME iNERVEUX. 561
complètement les hémisphères étaient des machines réflexes, accomplissant toutes les fonctions de la vie organique, mais les réactions n'étaient pas toujours appropriées au but et les sens étaient émoussés, ce qui se conçoit, puisque l'appropriation résulte de l'entrée en jeu des centres psycho-sensitifs et psycho-moteurs, logés dans l'écorce cérébrale.
Au schéma que nous venons de tracer des actions nerveuses, en partant de la physiologie des neurones et des associations qu'ils forment entre eux et avec les autres éléments histologiques, il convient d'ajouter les quelques notions que nous possédons actuellement sur les épiphénomènes de conscience et rétabhssement de la personnalité psychique. Ces notions, bien que spéciales, sont trop importantes pour être passées sous silence dans un livre comme celui-ci, qui cherche à donner des phénomènes de la vie une interprétation aussi claire et aussi complète que possible. C'est d'ailleurs par là que nous terminerons l'exposé de ces phénomènes.
30 Psychogenèse.
Nous avons établi précédemment (p. 462 et suiv.) que les plastides isolés ne jouissent d'aucune spontanéité et qu'il en est ainsi pour les plastides associés, même quand ces plastides sont des plastides incomplets, synergétiquement liés les uns aux autres. Tous les. phénomènes vitaux, y compris ceux que manifestent les êtres les plus élevés en organisation, [sont donc provoqués par des impressions venues de l'extérieur; mais la réaction qui suit l'excitation peut être, surtout quand la synergie est très développée, sans rapport visible direct avec l'excitation qui la détermine et plus ou moins éloignée dans le temps, suivant le trajet suivi par l'influx.
A l'égard de ces réactions, nous savons également qu'on peut distinguer deux cas : celui où les réactions à une même excitation sont toujours les mêmes, dans des conditions déterminées, pour un individu donné (réflexes) et celui où ces réactions varient (actes volontaires^*. Cette différence dans la ré-
ponse de l'organisme s'interprète par la nature du chemin que suit, dans le dernier cas, l'influx nerveux, car ce chemin n'est pas, comme dans le premier cas (réflexes), fixe ; il dépend des connexions qui se sont établies antérieurement, de l'état successif des neurones (mobilité des prolongements) et de toutes les circonstances concomitantes. 11 est donc impossible à l'observateur de prévoir quelle réponse donnera l'organisme en observation, et c'est pourquoi nous disons que ces actes sont volontaires. Les vitalistes entendaient par là des actes non déterminés, produits par un principe intérieur d'action, quelque chose d'immatériel, d'extraordinaire, hors des lois physico-chimiques. Pour nous, au contraire, cette expression signifie simplement que, les conditions déterminantes de ces actes étant trop complexes, nous sommes incapables, avec nos connaissances actuelles, de les prévoir; mais ces actes n'en sont pas moins rigoureusement déterminés, comme .€st déterminée la distribution d'un courant électrique dans un réseau métallique dont chaque maille porte un appareil chimique et dont chaque fil peut à chaque instant recevoir un courant, bien que nous soyions parfaitement impuissants à prévoir cette distribution ^ La volonté est donc une illusion, et l'organisme seul, s'il est conscient (voir ci-après), connaîtra les causes qui le déterminent et pourra prévoir lui-même ce qu'il fera.
Ce qui précède définit Vlnstinct et V intelligence. D'après Romanes ^ « l'instinct est une opération mentale ayant pour but un mouvement adapté, antérieur à l'expérience individuelle, à laquelle la connaissance du rapport entre les moyens et la fin n'est pas nécessaire et qui s'accomplit d'une manière uniforme, dans les mêmes circonstances, chez tous les individus de l'espèce... L'intelligence est la faculté qui préside à l'adaptation intentionnelle des moyens au but. Par conséquent, elle implique la connaissance consciente du rapport entre les