L'Intelligence des animaux, p. \\-\"u
moyens et la fin et peut fonctionner dans des circonstances aussi nouvelles pour l'individu que pour l'espèce. » Ces définitions, comme dit Le Dantec, se ramènent à celle-ci : « L'intelligence se distingue de finstinct par l'intervention d'une volonté donnant une impulsion dans des directions choisies avec discernements » Or, nous savons que la volonté n'existe pas, en tant que principe intérieur d'action. Nous sommes donc amenés à considérer qu'il y a une différence de môme ordre entre l'acte instinctif et facte intelligent qu'entre l'acte réflexe et l'acte volontaire.
En effet, dans le réflexe, le chemin que suit l'influx est fixe, immuable; il dépend d'une particularité fondamentale de structure; il en est de même dans l'acte instinctif et c'est pourquoi cet acte est antérieur à l'expérience individuelle et s'accomplit d'une manière uniforme dans la même espèce. Dans l'acte volontaire, le chemin du réflexe est variable, au contraire; il est modifiable suivant les connexions des neurones étabhes par l'assimilation fonctionnelle et dépend, par conséquent, non seulement des circonstances présentes, mais encore de toutes les circonstances antérieures. C'est pourquoi l'acte intelligent semble tirer parti de l'expérience, comme dit Romanes; c'est pourquoi l'intelligence se perfectionne et se développe par la possibilité d'augmenter le nombre des chemins de l'influx.
On voit qu'en définitive, l'acte réflexe ou instinctif dépend du fonctionnement de parties adultes (p. 355) du système nerveux, c'est-à-dire de parties dont les rapports sont immuables, tandis que l'acte volontaire ou intelligent dépend du fonctionnement de parties non adultes de ce système, c'est-à-dire de parties dont les rapports varient sous l'influence de l'assimilation fonctionnelle*. Et, en effet, les nerfs périphériques et la plus grande partie des éléments de la moelle — siège des réflexes — sont adultes de très bonne heure, mais les cellules corlicales