Dictionnaire de physiologie de Richut, p. 186, t. l
à -h 100 degrés centigrades, de l'ammoniaque, de l'acide carbonique, de Tacide acétique, de l'acide oxalique et enfin des corps en G°H-°Az-0* qu'il a appelés glucoprotéines, non parce c[u'ils se rattachent aux sucres, mais parce qu'ils ont un goût sucré. Or, quand on traite une amide par Teau et la baryte, ou obtient aussi de l'ammoniaque et des acides. Par conséquent., dans l'albumine, existe un groupement d'amide; l'amide correspondant à CO^ est l'urée ou carbamide : il y a d'ailleurs des amides correspondant à l'acide acétique (acétamide), à l'acide oxalique (oxamide"', etc. D'autre part, en se décomposant à + 200 degrés centigrades, les albuminoïdes donnent encore de l'ammoniaque et des acides, mais plus de glucoprotéines.. A la place de ces derniers corps apparaissent deux groupes de matières, les leucines et les leucéines, dont A'oici les formules générales :
Lencines = CoH^d + iAzO^.
Leucéines = C II^o- 1 AzO^
Les leucines et les leucéines sont donc les produits de dédoublement des glucoprotéines. Or, les leucines, par exemple les leucines en C^, ont une formule de constitution qui les rapprochent de l'asparagine et de l'acide aspartique, ce dernier acide dérivant de l'acide malique par substitution de AzTP à OH.
CD (OH) — CH(AzH2) - CH^ - CO(OH) = acide aspartique. CO (OH) — CH (AzH2j — 3 (CH^) — Cfia = lancine.
Quant aux leucéines, moins bien connues, elles peuvent se dédoubler en acide protéique et glucoprotéine, qui se rattachent aux ammoniaques composées.
4C^H"Az02 =C8Hi*Az203 + C»Hi6Az20* — H20.
Leucéiae. Acide protéique, Glucoprotéine.
Poiu? établir, d'après cette théorie, la synthèse des albuminoïdes, Schutzenberger a d'abordfait la synthèse des leucéines,, puis, mélangeant des leucines et des leucéines avec 10 pour 100 d'urée et déshydratant par l'anhydride phosphorique à + 123 de-
grés centigrades, i] a obtenu un produit amorpiie, solide, offrant presque toutes les réactions des peptones.
Grimaux a visé à obtenir la même synthèse en partant de produits purement minéraux. Il a pris de l'acide aspartique et de l'ammoniaque qu'il a chauffés, et il a obtenu ainsi une matière incristallisable et non dialysable, comme les albuminoïdes, qu'il a appelée colloïde aspaiHiqiie, en raison des propriétés des corps que Graham désignait sous le nom de colloïdes. En traitant de l'acide amido-benzoïque par l'urée, il a encore obtenu une autre matière colloïdale, le colloïde amidobenzoïque qui présente tous les caractères du précédent et jouit, en outre, de la propriété de se coaguler à -|- 70 degrés centigrades, comme le blanc d'œuf. Tout récemment, en 1895, Pickering a fait de curieuses recherches sur la digestibilité de ces colloïdes artificiels. Il a montré qu'ils se transforment, in vitro, par la pepsine, en présence de l'acide chlorhydrique, en peptones solubles et incoagulables. Il resterait à savoir si l'animal peut arriver à les digérer réellement.
Malgré ces essais, on est bien obligé de reconnaître que la synthèse complète des albuminoïdes est encore à réaliser. Il y a là, du reste, une difficulté toute spéciale qui résulte des propriétés physiologiques des albuminoïdes. Pfliiger soutient, en effet, qu'il y a une différence essentielle entre l'albumine morte que le chimiste peut seule étudier, et l'albumine vivante, siège des réactions organiques. L'albumine morte, à la température ordinaire du corps humain, par exemple, soit H- 37°, 5 G., est à peu près indifférente aux réactifs et à l'oxygène, et donne, par sa destruction, de l'ammoniaque et des amides. Tout au contraire, l'albumine vivante est en pleine activité à + 37°,5 G. et donne, par sa désassimilation ou son dédoublement, de l'urée, de facide urique, etc. Toutefois, cette manière de voir n'est plus rigoureusement conforme à ce qu'on sait aujourd'hui, surtout depuis les belles recherches de A. Gautier. L'urée semble se former dans l'organisme principalement aux dépens des composés ammoniacaux, qui résultent eux-mêmes de la désintégration de la molécule albuminoïde. L'urée serait ainsi
une formation secondaire, et, par conséquent, Talbumine vivante et Falbumine morte donneraient, par leur destruction, des produits identiques. C'est le foie qui interviendrait ensuite pour faire de Furée ; aussi est-il considéré comme Torgane principal de l'uropoïèse.
Quoi qu'il en soit, Pflûger cherche à expliquer la transformation de l'albumine vivante en albumine morte. Pour lui, le groupement GAzH est fondamental et caractéristique de la matière vivante. La mort consiste dans le passage de cet état à l'état ammoniacal, comme l'indique la formule suivante :
CAzH = CAz H )
CAzH = CAz H [ =AzH3
CAzH = C AzH )
Nous avons vu, d'ailleurs, que, pour A. Gautier lui-même, ce groupement CAzH est essentiel et constitue pour ainsi dire le squelette de toutes les substances albuminoïdes. Ce savant chimiste a, de plus, montré ^ que les amides se forment dans l'économie par dislocation hydrolytique de ces groupes fondamentaux de l'albumine.
Pour Low, qui admet comme Pflûger une différence capitale entre l'albumine vivante et l'albumine morte, c'est le groupement aldéhydique de l'albumine vivante qui est essentiel. Au groupement aldéhydique s'ajoute un groupement amidé. La mort est le passage de l'état amidé à l'état imidé comme l'indiquent les formules suivantes :
CH— AzFP CH — AzH