‹ La physiologie généraleChapitre 47 sur 218 · A. Gautier, op. cit., p · texte numérisé non relu

A. Gautier, op. cit., p

comme produit du dédoublement hydrolytique de la molécule albuminoïde, urée, glycocoUe, taurine, etc., sont en quelque sorte des résultats extrêmes avant lesquels s'intercalent des produits de dédoublement moins avancés, corps amidés, Icticomaïnes et uréides divers, etc. Rappelons d'abord que les ferments solubles, diastases et toxines sont, comme oh l'a vu, le premier terme de la dislocation des albuminoïdes, terme peut-être voisin, peut-être analogue aux peptones et syntonines qui sont un simple dédoublement, sans altération des propriétés fondamentales, de la molécule primitive.

La première dislocation, qui se produit déjà dans l'estomac et l'intestin sous l'influence des sucs gastrique et pancréatique, fait apparaître de la tyrosine, qui s'oxyde ultérieurement, des leucines et des leucéines complexes. La formule suivante, empruntée à A. Gautier, donne le mode de formation des leucines, par pure action hydrolytique. Les lettres P. Q. R. S. indiquent les radicaux de la molécule qu'il n'est pas nécessaire de développer ici :

I " ^CO-C3H6-CH2 ~AzH-Q +4H«0 =

Hj / OH.CO-C4H8.GH2-AzH2 + P-OH

jj r I 1 Leucine.

^i 1 OH.CO-C3H6.CH2>AzH2 + Q-OH

CO-Az<

S Albumine

CO - Az < ,

I JJ l L ) Leucine

CO-Az< ^ , ,

o j * Butalanine.

Dans l'économie, ces leucines se transforment, en présence de

l'ammoniaque libre et de l'acide carbonique, en acide gras et

urée :

C02H.CSH'»AzH* + C02 + AzH3 = C6H'203 + COAzSH*. Leucine. Ac. oxycaproïque. Urée.

Ces acides gras sont ultérieurement oxydés et transformés en eau et acide carbonique.

La leucine subit encore d'autres transformations fermentalives. D'après Hufner et Nencki, sous l'influence des ferments

de la putréfaction anaérobies, elle se dédouble par hydratation de la manière suivante :

C6H'3AzO2 + 2H2O=»CSH'0O2+AzH3 + CO2-f-H. Leucine. Ac. valérianique.

La tyrosine peut également, dans les mêmes conditions, donner, d'après Nencki, de Vindol, des produits d'oxydation interne et de l'hydrogène :

C9H>iAz03 = C7H8Az + 2C02 + H^O + H.

Tyrosine. Indol.

La gélatine, dans les mêmes conditions, fournit également, d'après Nencki, de la leucine et de l'ammoniaque, des acides carbonique, acétique, butyrique, valérianique et du glycocoUe. D'autre part, les leucines se transforment, en perdant de l'acide carbonique, en aminés ou bases fortes :

C6HiaAz02 = CSH»>AzH2 + C02.

Leucine. Amyl aminé. ^

lien est de même, d'après Schutzenberger, des glucoprotéines qui se dédoublent par hydratation en bases oxygénées, avec perte d'acide carbonique :

G'2H-*Az20* + H20 == C10H24 Az20 + 2 CO^. Glucoprotéine p en G". Base oxygénée.

Telle serait l'origine des leucomaines et ptomaines ou bases animales, que rien ne différencie sensiblement, que l'origine sans doute, des alcaloïdes végétaux. Du reste, un certain nombre de leucomaïnes se retrouvent chez les plantes, et il est probable que les alcaloïdes de ces dernières ont une origine semblable.

La choline, G^H'^AzO^ se rencontre dans la bile, le sang, les muscles, certaines glandes, le jaune d'œuf, et aussi dans quelques champignons vénéneux, l'ipécacuanha, le chanvre indien, les graines des légumineuses. Dans le cerveau, les nerfs, le foie, les leucocytes, elle paraît résulter de lalécithine, graisse phosphorée qui se dédouble par simple hydratation, en acides glycérophosphorique, stéarique, margarique, etc., et

choline. La névrine a la même origine que la choline ; elle n'en diffère que par H^ 0 en moins. La muscariney qu'on retrouve dans la fausse oronge, est de Foxydioline.

La créatine, que l'on rencontre dans les muscles, le cerveau, le sang, etc., donne, en se déshydratant, la créatinine, base faible :

C*H9Az3 02= C*H7Az30 + H«0.

En s'hydratant au contraire, elle donne de l'urée et de la sarcosine :

CiH9Az3 02 + H^O = G0Az2H* + C3H' AzO'.

Créatine. Urée. Sarcosine.

C'est siu'tout sous la forme créatinique que les albuminoïdes du muscle perdent leur azote, mais la transformation en urée a lieu dans d'autres organes, comme le foie.

D'après Kossel, les bases xanthiques paraissent provenir du dédoublement des nucléines, qu'elles accompagnent d'ailleurs presque toujours. Vadénine, G^H-^ Az^, et la sarcine ou hypoxanthine, G^H*Az*0, se rencontrent dans tous les jeunes tissus animaux et végétaiLX, dans les glandes, quelquefois dans le cœur et le rein. La xcmthine, C^H^Az^O-, se transforme en sarcine sous l'influence de l'hydrogène naissant ; la diméthylxanthine est la théobromine du cacao, et la triméthy Ixanthine, la caféine du café et du thé. Enfin la guanine, G^H^Az^O, que l'on rencontre dans les muscles, les glandes, le poumon, donne, en s'oxydant, de l'urée ; c'est ainsi que la guanine et les corps analogues disparaissent de nos tissus.

Il faut encore mentionner la protamine de la laitance des poissons, et la spermine du sperme des mammifères, qui se montrent constamment associées aux nucléines. Quant aux ptomaïnes, ce sont des produits de putréfaction; ils se forment cependant en fonctionnement anaérobie, pour être ensuite oxydés par un mécanisme sans doute analogue à celui de la guanine.

Les urées composées ou uréides (acide urique, allantoïne, etc.) sont les derniers termes qui séparent l'urée des al-

buminoïdes. La plupart, comme l'acide urlque, nécessitent à la fois une hydratation et une oxydation ; nous n'avons donc pas à en parler bien longuement pour le moment. Notons cependant que l'acide urique se change en xanthine sous l'influence de l'hydrogène naissant :

CSH4Az*03 + H2 = CSH*Az*02 + H«0.

Acide urique. Xanthine.

Réciproquement, la xanthine peut, par oxydation, se transformer en acide urique dans les tissus. C'est ce qui explique que les bases xanthiques de l'alimentation (nucléo-albumine, nucléine, théobromine, caféine) élèvent la teneur de l'acide urique dans les excrétions.

Notons, comme le fait A. Gautier*, que la formation de l'acide urique paraît liée à l'état des fonctions de la peau et du foie. Chez les oiseaux, où la peau fonctionne peu ou mal, recouverte qu'elle est par les plumes, l'acide urique est presque l'unique produit de désassimilation de l'azote des albuminoïdes. Bien mieux, si l'on vient à donner de l'urée à ces animaux, cette substance reparaît dans leurs excréments et leurs urines sous forme d'acide urique. Il faut donc qu'il y ait, chez les oiseaux au moins, un processus synthétique qui transforme l'urée en uréides. Horbaczewski a montré qu'en effet l'organisme peut réaliser cette synthèse en partant de l'urée et de l'acide lactique ou tartronique, comme l'indique cette équation :

2COAz2H* + C3H4 0^> = CSH4Az*03 + 4H2 0.

Urée. Ac. tartronique. Ac. urique.

D'autre part, les relations qui existent entre la production de l'acide urique et les fonctions du foie ont été établies par Schrœder et Minkowski. C'est ce qui explique que, dans les affections du foie, comme l'ictère, les congestions hépatiques, on voit l'acide urique se produire en abondance et paraître dans les tissus et les urines. Quant aux autres uréides de l'économie, ils n'ont presque

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