REPOS
TRAVAIL
Urine
1212 gr.
1133 gr.
Fécès
Peau et poumons
C'est de ces données qu'est déduite la valeur de^la ration d'eau quotidienne. Mais il ne faut pas oublier qu'il s'en forme une certaine quantité dans l'organisme par la combustion de l'hydrogène. Cette quantité ainsi formée de toutes pièces est, d'après Voit, la suivante, en vingt-quatre heures :
Inanition 288 grammes.
Alimentation ordinaire 360 —
Suralimentation 468 —
Ce sont là des quantités qu'il faut défalquer de la ration quotidienne. Cette ration peut, en général, se décomposer de la façon suivante :
Eau fournie par les boissons. . . . i 250 grammes.
— par les aliments. ... 700 —
Eau formée dans l'organisme . . . 360 —
Telle est la ration normale ; dans la ration de travail, cette quantité est beaucoup plus variable ; elle dépend, en dehors de l'eau formée dans l'organisme ou fournie par les ahments, de la sudation, de la perspiration cutanée et de l'évaporation pulmonaire. Pour des conditions ambiantes moyennes, la ration liquide empruntée uniquement aux boissons peut atteindre
et même dépasser 2000 grammes. Mais il faut remarquer qu'à cet égardrorganisme semble des plus réceptibles, car l'homme peut ingérer presque impunément des quantités énormes d'eau.
Gomment se fait maintenant l'élimination de Teau?
Nous avons yu précédemment que Feau est éliminée par la voie pulmonaire sous forme de vapeur ; nous ne reviendrons donc pas sur ce mode d'élimination. Nous ne nous étendrons pas non plus sur l'eau des fécès, qui provient de l'eau alimentaire ou accidentellement (purgatifs, par exemple) d'une exosmose du sang vers l'intestin, mais nous allons dire quelques mots de l'élimination de l'eau par les reins et par la peau.
Ce sont les capsules de Bowmann qui seules sécrètent l'eau, la partie aqueuse de l'urine, qu'elles empruntent au sang circulant. Mais la quantité d'eau sécrétée dépend de la pression du sang dans l'artère rénale et ses ramifications. Elle est, par conséquent, soumise, comme l'a montré Ludwig, aux lois de la filtration. Ce qui prouve ici le rôle de la filtration et des glomérules dans cette sécrétion aqueuse, c'est qu'il règne, dans ces glomérules, une pression supérieure à celle qui existe dans les autres capillaires, que la surface vasculaire est, d'ailleurs, considérable, tandis que les membranes à traverser sont fort minces. D'autre part, quand la pression augmente dans l'artère rénale, la quantité de liquide sécrété augmente et inversement. Or, les glomérules sont les seules parties du rein à subir les variations de' pression artérielle.
Mais, comme l'ont indiqué Bowmann et Heidenhain, la filtration n'est pas seule enjeu. Les cellules épithéliales qui tapissent le glomérule prennent une part active à la sécrétion, et l'élimination d'eau est une de leurs fonctions. Le mécanisme intime de cette fonction semble encore assez obscur, et nous y reviendrons en parlant des sécrétions et des excrétions; mais il est évident que le rôle principal est ici joué par la membrane de la cellule \ivante, comme semble l'indiquer ce fait que, chez la plupart des animaux, à l'état normal, l'urine est acide, alors que le sang, d'où elle provient, donne une réaction alcaline.
En outre de l'eau, le glomérule sécrète le chlorure de so-
dium et une certaine quantité de sels. Par conséquent, en tenant compte de l'activité fonctionnelle de l'épithélium des capsules de Bowmann, la quantité d'eau éliminée dépend aussi de la rapidité de l'afflux sanguin qui apporte aux glomérules les matériaux de la sécrétion et de la proportion d'eau et de sels urinaires que renferme le sang (Heidenhain).
L'élimination de l'eau par la peau se fait, chez certains animaux, par les glandes sudoripares; elles sont fort nombreuses chez l'homme (2 ou 3 millions) et donnent naissance à la sueur, liquide très aqueux, à réaction acide, qui a une composition voisine de celle de l'urine. Cette sueur est sécrétée par les cellules du cul-de-sac des glandes sudoripares et par un mécanisme analogue à celui que nous avons signalé pour les cellules du glomérule du rein, car l'excitation nerveuse (émotion) peut provoquer une sueur abondante et, d'autre part, les sueurs froides montrent que la sécrétion peut se produire même quand le sang n'afflue pas.
La quantité d'eau éhminée chez l'homme et certains mammifères sous forme de sueur est considérable à l'état normal. Cette quantité augmente encore par les exercices violents, l'élévation de la température, etc. Une grande partie se perd par évaporation et est absorbée par les couches sèches de l'épithélium.
Cette humidité constante et légère rafraîchit le corps, empêche l'excès de chaleur et, par conséquent, contribue efficacement à la régulation de la température. L'évaporation pulmonaire agit dans le même sens. Cette évaporation est même seule active pour assurer cette régulation chez les animaux qui, comme le chien, n'ont que peu ou pas de glandes sudoripares et, par conséquent, ne transpirent pas. On conçoit, en effet, qu'une grande quantité de chaleur soit absorbée pour porter à 36 ou 37° C. l'eau expirée par le poumon; il en est de même de celle qui est sécrétée par la peau et qui absorbe également, pour se transformer en vapeur, une quantité de chaleur considérable. C'est là ce qui exphque pourquoi l'on résiste plus facilement à la chaleur sèche qu'à la chaleur humide, qui entrave l'évaporation.