‹ La physiologie généraleChapitre 87 sur 218 · NUIT · texte numérisé non relu

NUIT

Il ressort de ces observations que l'atmosphère de l'hémisphère nord est un peu plus riche en acide carbonique que celle de rhémisphère sud. La moyenne du premier est, en effet, de 2,82 pour 10 000 ; celle du second, de 2,71. Cette différence est sans doute attribuable, non seulement à la plus grande étendue des mers dans l'hémisphère austral, mais encore à sa température moyenne un peu plus faible, qui permet à l'eau des mers de dissoudre davantage de CO^.

C'est à l'aide de cette faible proportion d'acide carbonique que les plantes vivent et se développent. Or, si l'on songe que la plante verte contient, en moyenne, près de 50 pour 100 de son poids de carbone et qu'une récolte annuelle renferme en conséquence de 4000 à 5 000 kilogrammes de carbone à l'hectare, on voit quel renouvellement d'air énorme il faut à la plante et quel rôle jouent, dans la végétation, les vents et les mouvements aériens. En effet, la masse d'air qui renferme ces 5 000 kilogrammes de carbone, sous forme de 18 300 kilogrammes de GO^, équivaut à une colonne d'air de 1 hectare de base et d'une hauteur de 2 300 mètres environ.

Mais les proportions d'acide carbonique dans le milieu aérien n'ont pas toujours été aussi faibles. C'est au moins ce que tendent à prouver les conditions atmosphériques anciennes du globe, que nous révèlent les flores de l'époque carbonifère. La

proportion d'acide carbonique devait être alors beaucoup plus considérable, et l'on est porté à en déduire que la chlorophylle est le résultat d'une adaptation de la plante à une tension de plus en plus faible d'acide carbonique.

On a fait différentes expériences pour déterminer la proportion de GO'2 la plus favorable à la végétation. Gorrenwinder a montré que les pois prospèrent singulièrement dans des atmosphères artificielles, riches en acide carbonique. Dehérain et Maquenne ont repris ces expériences avec plus de soin et de méthode ^ Ils ont constaté de la sorte des résultats singuliers. C'est ainsi que, dans une atmosphère contenant 2 à 3 pour 100 de GO^ (au heu de 3 à 4 pour 10 000), des pieds de tabac pâlissent et se gorgent d'amidon. Maquenne attribue justement ce fait à un défaut d'adaptation, la plante n'étant pas adaptée à des tensions aussi fortes d'acide carbonique, tensions qui ont existé, et supérieures encore sans doute, à l'époque houillère où cependant la végétation prospérait. Kreusler a confirmé ces résultats en expérimentant dans une atmosphère artificielle contenant des quantités croissantes d'acide carbonique et éclairée à la lumière électrique, fort riche, comme on sait, en radiations chimiques. Voici les résultats qu'il a obtenus :

4 pour 10 000 de CO^.

100 de C02 assimilé.

ioO — —

260 — — (Douteux.

Kreusler conclut de ces expériences que la proportion d'acide carbonique dans le milieu aérien ne doit pas dépasser 5 pour 100. Au delà, l'acide carbonique devient nuisible. Pur, l'assimilation ne se fait plus ou d'une manière tout à fait insensible, même au soleil. Évidemment, ce n'est pas le défaut d'oxygène qui agit dans ce cas, puisque, si l'on ajoute à l'acide carbonique

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